C´est un bilan de sud-ouest sur la 1ere moitié de saison des Girondins:
LES PLUS
L´état d´esprit :
Michel Pavon a toujours défendu l´idée de travailler avec des joueurs aux qualités morales irréprochables. Quitte à manquer de leaders charismatiques sur le terrain. Il n´apprécie guère les garçons au fort caractère capables à ses yeux de semer la zizanie dans le groupe. Ainsi, celui qu´il a choisi est très vertueux, très bosseur, l´ambiance dans le vestiaire est louée par tous et tout le monde tire dans le même sens. Dans le don de soi, l´abnégation et la solidarité en match, c´est incontestable.
Les jeunes :
Dans un groupe où les cadres ont accueilli les jeunes à bras ouverts, l´adaptation des Faubert et Cohade s´est déroulée sans anicroche. Arrivés comme simples joueurs de complément, ils ont su saisir leurs chances quand l´opportunité d´être titulaire s´est présentée. Même si l´un et l´autre n´en sont qu´au stade de l´apprentissage, les deux gaillards apprennent vite.
Les confirmations :
En sport, le plus difficile consiste à confirmer. Après six derniers mois énormes accomplis, la saison dernière, par Mavuba, Chamakh et Francia, deux des trois anciens pensionnaires du centre de formation ont su négocier le virage sans souci. Mavuba est d´ailleurs devenu international tricolore et Chamakh, de son côté, est désormais indispensable à la sélection marocaine.
La révélation Faubert :
La vitesse et l´explosivité, voici ce qui manque le plus aux Girondins depuis de nombreuses saisons dans la construction du jeu. Quels meilleurs atouts pourtant pour déstabiliser n´importe quel adversaire. L´ancien Cannois par sa fulgurance est venu apporter à cette équipe la percussion qui lui manque tant dans les attaques placées et les contres. Décisif à Bastia, contre Paris et samedi à Monaco.
Le bloc défensif :
Ce onze bordelais a été bâti davantage pour préserver l´inaccessibilité de son but que pour se donner tous les moyens de percer les coffres-forts adverses. C´est une philosophie. Cela fonctionne à merveille car, hormis à Monaco ce week-end, jamais le bloc bordelais n´a été bousculé et malmenés. C´est une référence et tous les entraîneurs de L1 le reconnaissent. Ce n´est pas un hasard si Bordeaux n´a encaissé que dix buts à mi-parcours.
La maîtrise des opérations :
Que ce soit à domicile dans son 4-4-2 ou à l´extérieur dans son 4-2-3-1, Bordeaux n´a pas son pareil pour maîtriser tactiquement et techniquement les opérations. Il n´y a pas d´équivalent pour priver l´adversaire de ballons grâce à un travail de harcèlement permanent. Quant à la relance, elle se fait par du jeu court avec des relations à deux ou trois. C´est très esthétique.
LES MOINS
Trop de nuls :
Bien sûr, tous les matches nuls ne sont pas à ranger dans la même catégorie. Il n´empêche, hormis l´excellent 0-0 obtenu face au leader lyonnais et le non moins excellent 1-1 arraché à des Monégasques bien supérieurs, les autres partages de points n´ont pas la même saveur. Si l´équipe a démontré son inaptitude ponctuelle à pouvoir l´emporter, elle s´est trop souvent contentée du « c´est toujours un point de pris ».
Gâchis à domicile :
Trop de points ont été perdus à Chaban-Delmas. Douze en tout. Bordeaux n´a gagné que trois fois sur son sol et concédé six nuls en neuf rencontres. Même si l´équipe est invaincue à domicile comme Lyon, Lille et Auxerre, cela fait beaucoup. Certains déplorent les points égarés contre Rennes, Istres, Lens et Ajaccio mais si les Girondins méritaient de s´imposer, c´était seulement face à Toulouse et Lyon.
Chamakh défend trop :
En kilomètres parcourus sur un terrain, le Franco-Marocain doit être proche de son pote marathonien, Mavuba. Mais au lieu de s´épuiser dans des courses offensives, il a passé plus de temps à défendre. Sa générosité est irréprochable. Néanmoins, n´a-t-il pas trop souvent manqué de lucidité et donc de fraîcheur au moment de conclure même s´il n´a pas plus de deux ou trois occasions par match ?
Pas de profondeur :
Bien sûr, Darcheville a repris la compétition depuis peu. Et pour exprimer ses qualités, il a besoin de négocier des ballons dans la profondeur. Chamakh lui est un attaquant atypique, capable de s´exprimer aussi bien dos au but que dans la profondeur. Depuis le début de saison, l´un et l´autre attendent en vain ces ballons. Si Meriem excelle dans le jeu court, il n´est guère à l´aise dans le jeu long, plus direct. Ce manque d´alternance n´est pas sans effet sur le rendement offensif bordelais.