Dans l’autre moitié de terrain, les Girondins, bien décidés à faire « un coup » en Bretagne, évoluaient dans un « 4-1-3-1-1 », proposant une défense à plat composée de Marc Planus-Mihalis Kapsis, en charnière centrale, puis de Franck Jurietti et David Jemmali, sur les ailes. Rio Mavuba, officiait en récupérateur, situé en dessous d’un milieu de terrain, qui voyait Renaud Cohade, Cyril Rool et Pablo Francia disposés en soutien de Camel Meriem, promu « 9 et ½ » ; Marouane Chamakh, étant seul devant. Dès les premiers instants de cette rencontre, le collectif aquitain pousse, presse et s’infiltre dans l’arrière-garde locale. Le rythme est soutenu. Les locaux constatent que leurs invités commencent à prendre le jeu à leur compte, s’installant dans un confort encore tout relatif. Pourtant, c’est Pujol qui fait le premier passer le frisson dans la ligne arrière bordelaise ( 19ème). Sa tête est inquiétante, mais sans danger. Cette occasion a le mérite d’aiguiser le scapulaire et de relancer la machine marine, qui peu de temps après, ouvrira donc le score.
Aux avants-postes, il est difficile pour Chamakh, de se frayer un chemin. Dès que le franco-marocain esquisse un mouvement, il a deux ou trois cerbères sur le dos ! Cependant, pas abattu, il ne renonce pas à aller au combat, et s’ouvre quelques brèches, souvent consécutives à de belles actions à base de jeu court. Le onze bordelais développe un football plaisant, se trouve dans les intervalles, joue en triangle, parfois en profondeur en alternant aussi quelques changements d’ailes judicieux. Il s’est facilité le travail, en empêchant habilement le collectif adverse de produire son jeu, grâce à des garçons tels que Mavuba ou Rool, toujours omniprésents dans les duels. Cohade aussi, tient son rang. L’ancien nîmois n’hésite pas à tenter sa chance en frappant au but ( 25ème). Le tir est repoussé par un Landreau mué en gardien de handball. C’est bien, il y a de l’envie, de bonnes intentions et des solutions pour le porteur de balle. La circulation est propre et fluide, et les actions bien construites. Sans se précipiter, les hommes de Pavon savent profiter du déchet technique – et inhabituel- de leurs homologues pour asseoir une main mise incontestable sur un derby de l’Atlantique, qui ne déchaîne plus les foules.
Solides défensivement grâce à ses besogneux et solidaires latéraux, les Girondins dominent leur sujet. Jouant le contre à merveille et le hors jeu à la perfection, ils parviennent à garder la tête froide au retour des vestiaires, malgré le sursaut d’un collectif nantais, probablement sermonné à la pause. Camel Meriem toujours à la baguette, donne l’impression que sa forme internationale et son aisance technique mettent à l’abri les siens ! Le successeur de Zizou ( ?) protège ses ouailles. Tant mieux ! Il est en confiance et permet à ses collègues de gagner le concours de « la passe à dix », improvisé à l’entame de la seconde période. Bordeaux mène au score, mais aussi aux poings. Néanmoins, le spectre du résultat nul n’est pas éloigné pour autant. On en a vu d’autres…
Sans se griser, Chamakh et ses camarades attaquent ( il aurait même pu bénéficier d’un penalty, sur une curieuse sortie de Landreau), défendent, conscients de leur force. Et de leur avance, aussi ! Le marquage reste efficace, les « un contre un » tournent souvent à leur avantage. Seul Toulalan oppose une résistance consistante dans ce domaine. Malgré plusieurs changements tactiques de part et d’autres ( et le retour attendu de Jean-Claude Darcheville), la donne ne changera pas, et le succès – mérité – sera au rendez-vous.
Cette nouvelle victoire s’inscrit dans une période favorable aux Girondins, qui, s’ils n’ont pas surclassé leurs adversaires de la même manière que lors du match face au P.S.G, ont tenu bon et montré de bien belles promesses pour la suite de la compétition. En dépit d’une fin de rencontre incertaine, due aux velléités répétées de Bagayoko et consorts, ils ont réussi à mettre fin à l’invincibilité du F.C.N.A. sur ses terres ( depuis un an), et ont renoué avec le haut du tableau, en récupérant la 5ème place d’un classement toujours indécis.
Ce Bordeaux costaud est séduisant. Nous, on l’aime ! Et puis, avis aux détracteurs, le scapulaire est encore tranchant…