NE PAS DIJON-TER !
09/11/2004 .
Ce mardi, les Girondins de Bordeaux se rendent en Bourgogne, afin d’y affronter le Dijon Football Côte d’Or, pour leur entrée en lice en 16èmes de finale de la Coupe de la Ligue. Faux-pas interdit...
Les hommes de Michel Pavon, à peine revenus d’Alsace, partent de nouveau disputer une rencontre hors de leurs bases. Cette fois-ci, le déplacement est moins lointain, mais tout aussi piègeux. Après avoir ferraillé face au 19ème de Ligue1, l’occasion leur est offerte de croiser sur leur route, une formation visant le maintien en Ligue2. Occupant actuellement le 12ème rang du second niveau hexagonal ( 20 points), la formation entraînée par Rudi Garcia ( ex-Saint-Étienne) compte 9 points de retard sur le leader Nancy, et 5 d’avance sur le premier relégable, le Havre. Promu à l’échelon supérieur en compagnie de Brest et Reims au crépuscule de la saison passée, l’autre club de la région semble bien s’adapter aux exigences de la L2. Après un départ plus que satisfaisant dans les trois premiers, le D.F.C.O. paraît quelque peu marquer le pas, en se retrouvant dans le ventre mou du championnat, malgré une victoire acquise le week-end dernier sur « son » terrain, le Parc des Sports Municipal ( 8000 places), face à Grenoble ( 2-1).
Ce succès, le 5ème de la saison pour un groupe qui a connu 5 revers et concédés 5 matches nuls ( BP: 16/ BC: 15), met fin à une série de 7 rencontres sans victoire. Le milieu de tableau, si le présent exercice s’arrêtait là, conviendrait parfaitement à un club aux objectifs mesurés, ainsi qu’aux moyens financiers et infrastructurels limités. Mais, budget restreint ne signifie toutefois pas obligatoirement manque d’ambition. La Coupe de la Ligue, au même titre que sa grande sœur, est une occasion rêvée pour les équipes modestes, de se faire remarquer et d’attirer les médias – et donc aussi des finances -, si elles parviennent néanmoins à en épingler des plus grosses. Cette épreuve représente un tremplin idéal pour la gloire, à condition de jouer le jeu totalement, ce dont sont capables les garçons du technicien dijonnais, qui l’ont déjà démontré dans un passé récent. C’était en Coupe de France, lors de la précédente édition. Á l’image du parcours de Libourne-Saint-Seurin, Dijon a éliminé successivement Saint-Étienne ( L2) en 32èmes, Lens ( L1) en 16èmes, Reims en 8èmes, Amiens ( L2) en ¼, pour enfin chuter face à Châteauroux ( L2) en ½ finale ! D’où, la nécessité d’observer un maximum de prudence...
Pour tenter de se maintenir parmi l’élite, voire une nouvelle fois créer la sensation dans les deux coupes nationales, le staff dirigeant à misé sur la conservation d’une majorité de joueurs ayant obtenu l’accession, en y incorporant quelques recrues expérimentées, telles que Stéphane Grégoire ( 36 ans/Ajaccio) ou Ludovic Asuard ( 28 ans/Sedan), vieux tauliers de L1. Le collectif bourguignon peut également s’appuyer sur des « revanchards » qui n’ont pas forcément connu la carrière qu’ils auraient mérité où dont ils auraient pu rêver. Pascal Braud ( 36 ans), défenseur « bourlingueur » de L2, Stéphane Jobard ( 33ans), milieu de terrain ou Sébastien Heitzmann ( 25ans), attaquant ayant terminé dans le clan fermé des meilleurs buteurs de National - non retenu en son temps par Guy Roux au centre de formation d’Auxerre-, en sont l’illustration. Helder Esteves ( Portugal/Troyes), lui aussi passé par l’A.J.A, et Sébastien Mangionne ( Nîmes), sont également des attaquants qu’il faudra surveiller de près, si l’on veut éviter de bien mauvaises surprises… La densité physique, l’abnégation et la quête de l’exploit, seront des arguments qu’il faudra savoir combattre, le moment venu.
Pour contrer un groupe comprenant Caponne, Mouko ( gardiens), Tacalfred, Braud, Grégoire, A. Ba, Kajima, Larcier, Livramento, Jobard, Masson, Asuard, Heitzmann, Laurent, Mangionne et Esteves, Michel Pavon devra encore composer avec un effectif en proie à des blessures récurrentes. Albert Riera ( genou), Gérald Cid ( visage) et Kodjo Afanou ( cheville) sont venus s’inscrire sur la lite des absents, rejoignant ainsi Lilian Laslandes, Mihalis Kapsis, Jean-Claude Darcheville et Alexei Kossonogov. Hormis la titularisation prévue de Frédéric Roux ( gardien préposé aux coupes), le coach bordelais a fait appel à un « petit nouveau », Janot Sagna, défenseur polyvalent pensionnaire de l’équipe évoluant en C.F.A. Encore un jeune issu du sérail, qui effectuera – peut-être - son baptême du feu sous l’ère Pavon. La jeunesse bordelaise se porte bien, merci !
Vu les circonstances, et les derniers résultats, il est probable que le schéma de jeu soit modifié et que certains éléments occupent des postes inhabituels. Cela risque d’être le cas en défense centrale, si Julien Faubert est repositionné dans l’axe, aux côtés de Marc Planus, de David Jemmali et de Franck Jurietti. L’homme s’acquitterait de sa tâche, nul n’en doute, mais ferait défaut aux avants postes, si tel était le cas. Á moins que Sagna ne soit aligné d’entrée… Dans l’entre jeu, les Marine et Blanc auront eux-aussi de sérieux arguments à faire valoir, avec la présence de Cyril Rool, Renaud Cohade, Juan Pablo Francia, Rio Mavuba, Camel Meriem, et Kalu Uche. Enfin, en attaque, Marouane Chamakh pourrait être épaulé par Hervé Bugnet et le Brésilien Adonis. Tout dépendra de la configuration tactique adoptée ; le « 4-2-2-1-1 » proposé à Strasbourg sera-t-il reconduit ou laissera-t-il place à un « 4-4-2 » plus habituel ? Ou autre, pourquoi pas ? Réponse mardi soir à 21h00...
Quelle que soit la stratégie de combat ( puisqu’il s’agira assurément d’un combat), il faudra rester concentré jusqu’à la dernière minute du temps additionnel, et ramener en Gironde une qualification, qui ferait du bien au moral. Bon, là, il est certain que le résultat ne sera pas nul, dans la mesure où il faut un vainqueur au coup de sifflet final… Mais qu’à cela ne tienne, Bordeaux ne doit ni déchanter, ni déjanter, ni disjoncter, en Bourgogne… Mais tout simplement gagner !