Rool nostalgique mais ambitieux
Au delà de son plaisir de retrouver Lens où il a passé cinq belles saisons, Cyril Rool, samedi à Chaban-Delmas, aura surtout à cœur de redonner le goût de la victoire à ses nouvelles couleurs. Car Bordeaux, féru de matchs nuls, n’a plus gagné depuis le 22 septembre.
Cinq saisons passées dans un club, ça ne s’oublie pas comme ça. Samedi soir, aux alentours de dix-huit heures trente, lorsque la délégation lensoise viendra reconnaître la pelouse de Chaban-Delmas, Cyril Rool ressentira un pincement au cœur en retrouvant une équipe qu’il connaît si bien. Après avoir notamment claqué la bise à Dagui Bakari ou Patrick Barul, devenus de vrais amis du natif de Perthuis – « Je vais sûrement avoir l’un des deux voire les deux au téléphone avant le match » ( site officiel des Girondins) – l’ancien petit chouchou de Bollaert repensera forcément à ses deux passages à Lens. Du premier ( de 98 à 2001), comme du second ( de 2002 à 2004), celui qui défend aujourd’hui les couleurs de Bordeaux garde « beaucoup de bons souvenirs ».
Le seul vrai hic de ces cinq années pour Rool restera le conflit ouvert avec son entraîneur Joël Muller ( « J’ai vécu une dernière année difficile avec le coach ») à l’occasion de sa dernière saison avant de partir à Bordeaux. Entre deux hommes au caractère trempé dans l’acier, ce contentieux n’avait rien de vraiment étonnant mais il a été en grande partie responsable du départ de l’ancien joueur de Bastia ( seul club avec Lens où Rool sera resté cinq saisons au total). Pas forcément rancunier, cela ne devrait pas empêcher le Bordelais de serrer la main de son ancien coach samedi. En pleine concentration, Cyril n’aurait en effet aucun intérêt à se rajouter encore un peu plus de pression avant un match où les Girondins se doivent de renouer avec la victoire devant leurs supporters.
Depuis le voyage à Bastia, où les hommes de Michel Pavon semblaient avoir trouvé la bonne carburation, Bordeaux n’a plus gagné. Comme lors des deux sorties bordelaises qui avaient précédé cette large victoire en terre corse ( 4-1), les Girondins développent un beau football mais accumulent les matchs nuls. Quatre partages des points ( face à Toulouse, Caen, Istres et Saint-Etienne), synonymes de regrets pour une équipe de Bordeaux, sixième, qui pourrait flirter aujourd’hui avec les trois places de tête, si elle avait connu un minimum de réussite en plus. A l’image de Chamakh, qui n’a plus fait trembler les filets depuis un mois. Pour Pavon et ses hommes, l’essentiel reste toutefois que ces ( trop) nombreux nuls ne soient pas venus empiéter sur l’atmosphère qui règne dans le groupe. « La confiance est là car on sait de quoi on est capable, reconnaît Rool. Mais c’est sûr qu’une victoire à domicile ça nous ferait du bien. » L’ancien Lensois, repositionné en milieu de terrain depuis quelques matchs, sait comment faire d’une pierre deux coups.