Depuis une vingtaine d´années, le sport affronte un défi majeur. D´activité initialement destinée à procurer à l´individu plaisir et santé, il est devenu aujourd´hui, en raison de sa médiatisation croissante, un enjeu économique de première importance : il représente 3% du commerce mondial ; le sponsoring sportif génère quinze milliards de dollars, la vente des droits de télévision, quarante-deux milliards et celle des tickets d´entrée, près de cinquante milliards. Les " transferts du siècle" comme les salaires des stars atteignent des montants astronomiques, les clubs de football sont cotés en Bourse et se transforment, au plan juridique, en entreprises commerciales. Enfin, près de cent millions d´Européens, affiliés à 700 000 clubs sportifs, pratiquent une activité sportive.
L´Union européenne ne pouvait ignorer cet important secteur économique et social. Son intervention ne porte pas sur le " sport pour le sport" mais bien sur la gestion commerciale du " spectacle sportif". L´arrêt rendu dans le cadre de l´affaire Bosman ( 1995), entre autres, le rappellera avec force : dès lors qu´il constitue une activité économique au sens de l´article 2 du traité de Rome, le sport est, en vertu de la jurisprudence de la Cour de justice, soumis au droit communautaire et donc au respect des règles de libre circulation et de saine concurrence. Qu´il s´agisse de la vente des tickets d´entrée, de la négociation des droits de retransmission télévisuelle, des contrats de parrainage ou des transferts de joueurs.