PSG / ALAIN CAYZAC :
« On aurait préféré une aide des instances fédérales »
22 juillet 2004 - à Evry - David AIELLO
Alain Cayzac, l’un des dirigeants historiques du PSG, est revenu longuement sur la possible suspension du Parc des Princes et sur les problèmes liés à une branche de supporters. Convaincu que le club fait tous les efforts pour éradiquer ce fléau, il réclame de l’aide plutôt que des sanctions.
Alain Cayzac, le Paris Saint-Germain a décidé de faire appel auprès du CNOSF ( Comité National Olympique et Sportif Français) pour contester la suspension d’un match du Parc des Princes. Etes-vous confiant ?
Sur le fond, nous avons un bon dossier. On espère donc que le recours auprès du CNOSF sera couronné de succès. Il existe de toute façon des faits objectifs qui prouvent que nous ne méritions pas une telle sanction. Nous ne sommes pas responsables de ces incidents à Strasbourg ( Ndlr : bagarre entre supporters parisiens dans la tribune visiteurs du stade de la Meinau). Maintenant, notre appel étant suspensif, il y a de fortes chances que le premier match de la saison, face à Caen, ait lieu au Parc des Princes.
Peut-on dire aujourd’hui que le PSG a tout fait pour régler ces problèmes avec certains supporters ?
On ne fait jamais tout. Mais je suis là depuis suffisamment longtemps pour bien mesurer les efforts qui ont été fournis depuis plusieurs années. Récemment, on a signé un contrat de sécurité et c’est quelque chose d’extrêmement important, qui a été travaillé pendant longtemps et qui devrait aboutir à des résultats efficaces. Dans ce contexte, la sanction qui nous menace tombe au plus mauvais moment. On a besoin d’être aidé dans cette lutte et au lieu de cela, on décide de nous sanctionner. On aurait préféré une aide de la part des instances fédérales, même si on est honteux de ces incidents. Il y a une distorsion entre la gravité des faits et la gravité de la sanction. On veut donc que justice soit rendue.
Le contrat local de sécurité auquel vous faites allusion va-t-il vous donner toutes les armes pour éradiquer ce fléau ?
Toutes les armes, je ne sais pas. Mais quand, sur un projet comme celui-là, sont mobilisés le ministre de l’Intérieur, le préfet de Paris, le maire de Paris ou encore le procureur de la République, on se dit qu’il y a vraiment une mobilisation générale. Tout le monde a envie de travailler ensemble pour que cela s’arrange. Je ne dis pas que tout va se faire d’un coup de baguette magique mais on a l’impression d’avoir fait ce qu’il fallait. C’est pour ça que cette sanction d’un match de suspension arrive vraiment au mauvais moment, quand on a le sentiment de trouver de bonnes solutions.
« Il n’y a plus d’ironie quand on parle de nous »
Pensez-vous que l’image du PSG soit ternie par ces problèmes ?
L’image du club s’est nettement améliorée depuis l’année dernière. Par le passé, on avait souffert à cause des querelles et des conflits entre certaines personnes. Tout cela avait fait beaucoup de mal au club et on avait perdu le respect. Aujourd’hui, cela a changé et il n’y a plus d’ironie quand on parle de nous. La critique, elle est normale et parfois utile. Mais il était insupportable qu’on se moque du PSG. Les incidents avec certains de nos supporters sont d’autant plus dommageables. Mais maintenant, tout le monde comprend que ces gens, ce n’est pas le club. On fait ce qu’il faut et il reste des éléments incontrôlés. Mais je ne crois pas que cela soit mis à notre débit. Quant on se rend régulièrement au Parc des Princes, on se rend compte que les incidents sont très rares. C’est une vraie fête et le public se comporte bien.
En tant qu’actionnaire historique du PSG, quel sera votre avenir personnel à l’heure où on parle de beaucoup de changements dans l’actionnariat du club ?
C’est vrai que cela va sans doute bouger. C’est d’ailleurs plutôt positif car on a vécu des moments où on avait peur de ne pas trouver d’actionnaires stables. Ce n’est plus du tout le cas désormais. Vivendi et Canal+ ont montré leur attachement au PSG et leur départ n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, la question est de savoir qui va rentrer dans le club. Et comment cela va se faire, sans prendre le risque de perdre Vivendi, notre actionnaire référence. Il y a des discussions en ce moment avec Francis Graille, Vivendi et les actionnaires historiques. Mais nous sommes sereins car il n’y a pas d’urgence. Après, chacun fera son choix, en fonction de ses envies et de son mode de vie. Une personne comme Bernard Brochand, qui vit dans le Sud de la France, peut décider de se retirer. Personnellement, je suis très attaché au PSG et je souhaite bâtir une nouvelle équipe d’actionnaires.
Il n’y a donc aucune volonté d’écarter les dirigeants historiques ?
Non, bien sûr que non. La seule volonté, c’est de tout remettre à plat et de permettre à ceux qui le souhaitent de s’en aller. Chacun va prendre sa décision sereinement. Et comme il n’y a pas d’urgence, il n’y a pas non plus de nervosité autour de ça. C’est la même chose avec les finances du club : elles se sont redressées mais il faut faire attention. Pas question de dépenser plus que ce qui a été décidé. Et pas la peine d’espérer une folie de notre part sur le marché des transferts.