caniggia Posté le 22 juillet 2004 à 11:40:53
ouais je trouve pas non plus ! !
question :
je connais une phrase en hollandis ( que je sais pas ecrire bien sur ) mais phonetiquement c´est ça :
vat epie neue euren !
ça veut dire quoi ?
----> meme phonetiquement ça ressemble a rien t´as causer à un belge flammand ou quoi on aurit du un patois de chez eux
" t´as de beau yeux "
tu le dis comment ?
Je me permet de reprendre des posts de Mijatovic(qui sont très bien), ne m´en voudra pas quand meme?!?.
C´est très interressant :
mijatovic Posté le 05 juillet 2004 à 17:02:50
Saddam Hussein piégé au Koweit
Voici la retranscription de l´émission " Rendez-vous avec X" du 13 octobre 2001 sur France Inter.
L´émission se présente comme une conversation entre Patrick Pesnot et monsieur X.
- En normal : lorsque monsieur X parle.
- En italique : lorsque Patrick Pesnot parle.
- Les * : les pauses musicales.
Note : je ne suis pas sûr de l´orthographe de certains noms.
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Tout a peut-être commencé cette année-là, en 1990, l´année de la crise du Golfe. Une crise qui allait dégénérer en guerre dès le mois de janvier 1991. Oui, tout a peut-être commencé à cause de la guerre du Golfe, parce que, selon Ben Laden, chef de la nébuleuse terroriste islamique, à cette occasion, des soldats américains ont foulé le sol sacré de l´Arabie, la terre du Prophète, et ce sacrilège s´est prolongé puisque aujourd´hui encore, des troupes des Etats-Unis stationnent en Arabie Saoudite, pas très loin des lieux les plus saints de l´Islam. Ce serait en effet à cause de cette présence américaine que Ben Laden aurait déclaré une véritable guerre à ses anciens allié, ceux qui l´avaient soutenu et armé lors de son combat contre l´occupant soviétique, en Afghanistan. Vrai ou faux, je ne sais pas. On peut en effet penser que guerre du Golfe ou pas, le terrorisme islamique aurait un jour pris pour cible " le grand satan", comme s´appelait l´Ayatollah Khomeini, ne serait-ce qu´en raison du soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël. Quoi qu´il en soit, j´ai voulu, avec Monsieur X, revenir sur les origines de cette guerre du Golfe, qui a cristallisé l´hostilité d´une partie du monde musulman à l´égard de l´occident. Quels en étaient les enjeux réels, quels étaient les objectifs secrets poursuivis par les Etats-Unis, en déplaçant un demi-million de soldats dans le Golfe, et pourquoi la diplomatie a-t-elle été impuissante à empêcher le déclenchement de cette guerre " propre", comme on l´a appelée abusivement ou cyniquement. Car, rappelons-le : si seulement 150 hommes de la coalition anti-Saddam Hussein y ont trouvé la mort, plus de 100 000 iraqiens militaires et civils ont péri au cours de cette guerre de 42 jours. Et depuis la fin du conflit, l´embargo a causé la mort de milliers d´enfants iraqiens sous-alimentés, sans compter les victimes des munitions à l´uranium appauvri. Onze ans après la fin de cette " salle guerre propre", ainsi nommée par la journaliste Abdel Crim Delane, les Etats-Unis vivaient l´horreur des attentats du 11 septembre 2001.
*
Pour bien comprendre, il faut remonter à la source, c´est-à-dire à l´histoire coloniale de la région. Rassurez-vous, je vais faire court...
Je vous en prie !
Ce sont les Britanniques, qui se sont toujours considérés comme étant chez eux au Moyen-Orient, juste après l´effondrement de l´empire Ottoman, qui ont créé l´Iraq, un conglomérat assez hétéroclite puisqu´il rassemblait les chiites, les sunites, les kurdes, et les arabes.
Avec tous les risques de conflit que cela entraînerait.
Naturellement. On le voit encore aujourd´hui avec la question kurde. Puisque d´une façon absurde, ce peuple est dispersé dans 3 pays : l´Iran, l´Iraq et la Turquie. Donc la Grande-Bretagne, au lendemain de la première guerre mondiale, crée l´Iraq et lui donne un roi. Et elle décide en même temps de faire du petit Koweit un protectorat britannique.
Oui, mais le Koweit deviendra indépendant ?
Très tardivement, au début des années 1960. Et le Koweit sera remis entre les mains d´un émir de la famille Sabah. Mais ce n´est pas ça le plus important. Ce protectorat, puis la naissance d´un Koweit indépendant, plonge les iraqiens dans une violente colère. Pourquoi ? Mais parce que ça les prive d´un débouché maritime commode.
Un débouché sur le Golfe ?
Oui. Et Bagdad met en avant le fait qu´autrefois, le Koweit, sous la domination ottomane, dépendait de la province de Bassora.
Les iraqiens estiment par conséquent que le Koweit doit faire partie intégrante de l´Iraq ?
Exactement, et à tout le moins ils réclament d´avoir à leur disposition deux îles, qui bordent le chemin d´accès au golfe arabo-persique. Mais le Koweit ne veut rien savoir.
Il y a donc un conflit latent entre les deux pays ?
Voilà, un conflit de frontière, oui. Ça ne s´arrangera pas plus tard lorsqu´à la fin des années 1980, les iraqiens accuseront les koweitiens de puiser trop abondamment dans une nappe pétrolifère qu´ils partagent de part et d´autre de la frontière.
Je crois me souvenir que lors de l´invasion iraqienne en 1990, Saddam Hussein annexera purement et simplement le Koweit.
Et il en fera provisoirement la 19e province iraqienne. Enfin, n´allons pas trop vite. Avant la 2e guerre du golfe, il y a la première : elle commence en 1980, et c´est l´Iraq qui attaque son voisin iranien, son éternel rival.
Là encore, ce sont des problèmes de frontières.
Oui, mais il s´agit toujours du débouché maritime de l´Iraq.
Le " chat el erab".
Oui, cette large voie d´eau qui sépare l´Iraq et l´Iran. Elle est essentiellement formée par la réunion du Tigre et de Euphrate. De chaque côté, les rives sont très fertiles, et Iran et Iraq comptent un vieux conflit au sujet du tracé de la frontière. Enfin au-delà, il y a la question de la suprématie militaire dans la région. Face à un Iran désorganisé, après la révolution des Ayatollahs, Saddam Hussein veut s´imposer.
Oui ; il y a aussi la question religieuse ?
C´est exact. Le dictateur iraqien peut craindre que la révolution iranienne donne des idées à sa population chiite, qui réside justement dans cette région du chat el erab, autour de Bassora, la 2e ville du pays.
C´est donc l´Iraq qui est l´agresseur ?
Incontestablement, oui. Ça n´empêche pas les principales puissances occidentales de prendre le parti de l´Iraq.
Contre l´Iran de Khomeini ?
Oui, les ennemis ce sont les Ayatollahs. N´oubliez pas que lorsque cette 1ère guerre du Golfe éclate, les iraniens détiennent toujours les otages de l´ambassade américaine de Téhéran. Et le fanatisme islamique des Ayatollahs fait peur.
Mais pourtant, de l´autre côté, le régime de Saddam Hussein n´est guère plus recommandable !
Sans doute. L´Iraq est même classé par les Etats-Unis dans la liste des états terroristes. Il y restera jusqu´en 1982. On sait aussi que le dictateur iraqien est particulièrement féroce, et qu´il use de tous les moyens, à commencer par la torture, pour réduire ceux qui lui résistent. En outre, vous le savez, au cours de cette terrible guerre, il n´hésitera pas à utiliser l´arme chimique.
Il l´utilisera même contre sa propre population !
Oui, c´est juste. Et puis il y a le nucléaire. Saddam Hussein veut absolument doter son pays de l´arme atomique. Et malgré la destruction par les Israéliens du centre de recherche que nous, français, avions aidé à reconstruire ou à construire, le dictateur n´a pas renoncé.
Donc, de multiples raisons de prendre ses distances avec Saddam Hussein.
Oui ; les ennemis de nos ennemis sont nos amis. Or, à tord ou à raison, tout au long des années 1980, l´Occident considère que l´état le plus dangereux demeure l´Iran de Khomeini. Chez nous, il existe même des gens souvent classés à gauche qui estiment que Saddam Hussein, malgré tous ses défauts, est un laïque, un moderniste.
Et qu´il convient donc de le soutenir ?
Oui, nous en avons parlé il y a peu. Le gouvernement socialiste, comme ses prédécesseurs, ne cessera de fournir des armes et des avions à L´Iraq.
Des avions parfois prélevés sur nos propres stocks !
Oui, enfin nous ne sommes pas les seuls. De grandes entreprises allemandes, par exemple, travaillent régulièrement avec les iraqiens et les aident à se doter d´un redoutable arsenal chimique.
Et les américains ?
Eh bien, ils participent massivement à cette aide. Enfin... directement ou indirectement.
C´est-à-dire ?
Washington a accepté de livrer des centaines de millions de dollars d´équipement à Bagdad. Mais de nombreuses firmes privées collaborent aussi avec l´Iraq. En outre, au cours de cette interminable guerre, enfin une guerre qui fera, je vous le rappelle, entre 500 000 et un million de morts...
Oui, quand même...
. . . les Etats-Unis apporteront une aide décisive à Saddam Hussein, en lui fournissant des renseignements recueillis grâce à leurs satellites d´observation.
Alors si je comprends bien, c´est donc l´Occident qui arme Saddam Hussein, et contribue à construire sa puissance militaire ?
En grande partie, oui. Mais ce n´est pas innocent. Il s´agit aussi, pour les américains, de contrer les soviétiques. Jusqu´en 1981, en effet, c´est Moscou qui est l´allié privilégié de Bagdad. C´est Moscou qui a formé, armé et construit l´armée iraqienne. Par conséquent, il est tentant il est tentant de contrarier cette influence soviétique.
Oui ; de la même façon qu´en Afghanistan, les Etats-Unis ont armé et financé les moudjahidin en lutte contre l´Armée Rouge.
Oui, avec les conséquences qu´on constate aujourd´hui. Mais dans les années 1980, la guerre froide n´est pas terminée. Et elle a même été, si je puis dire, réactivée par Ronald Reagan.
Quand se termine le conflit iraqo-iranien ? En 1988, c´est ça ?
C´est ça, oui. L´Iran, en difficulté militairement, finit par accepter le cessez-le-feu proposé par l´ONU. Et les deux belligérants se retirent sur leurs anciennes frontières.
Une guerre pour rien, quoi !
Des centaines de milliers de morts pour rien, oui. Sauf qu´à l´issue de cette effroyable guerre, la donne dans la région a complètement changé. L´Iran est provisoirement affaibli, tandis que l´Iraq termine la guerre avec une armée en ordre et un arsenal considérable.
La 4e armée du monde, comme on a dit !
Non, ça c´était de la propagande. Qui a jamais pu sérieusement comparer l´armée de Saddam Hussein aux principales armées modernes, à l´ouest comme à l´est. Non m´enfin c´est vrai que sur le papier, l´armée iraqienne était impressionnante.
Sur le papier... vous voulez parler des chiffres, c´est ça ?
Oui ; enfin je ne les ai plus tous en tête, mais sachez quand même que presqu´un million d´iraqiens de trouvaient sous les drapeaux. D´autre part, Saddam Hussein disposait de 5000 chars, et je ne vous parle pas des milliers de pièces d´artillerie.
Il y avait aussi les missiles.
Les fameux Scud, oui, les fusées de fabrication soviétique, mais améliorées grâce à l´intervention d´ingénieurs occidentaux, qui avaient eux-mêmes formé des ingénieurs autochtones.
Et ces Scud, et c´est ce qui faisait peur ! , pouvaient être chargés avec des armes bactériologiques ou chimiques !
Et Saddam Hussein n´utilisera pas ces armes. Sans doute n´a-t-il pas osé. Je dois dire aussi que l´Iraq disposait d´autres fusées conçues dans un centre secret installé au nord du pays, et construit encore une fois avec l´aide occidentale. Mais beaucoup de ces missiles n´étaient pas encore opérationnels. En tout cas, c´est vrai, sur le papier, l´armée iraqienne était une armée redoutable. Mais sur le terrain, c´était tout autre chose.
Pourquoi ?
Je ne vous donne qu´un exemple : ces milliers de blindés, les experts savaient que beaucoup d´entre eux étaient vieux et avaient une capacité offensive réduite. D´autre part, l´aviation iraqienne, même si elle était nombreuse, n´était pas capable de résister très longtemps à une force aérienne puissante et très moderne.
Alors vous pensez que l´armée de Saddam Hussein ne pouvait que mener un assaut terrestre ?
C´était la vérité. Et encore, pas très loin de ses frontières. Mais évidemment, il était politiquement plus habile de faire savoir que le dictateur iraqien disposait d´une force militaire considérable, ne serait-ce que pour constituer une vaste coalition contre lui.
*
Que valait exactement l´armée iraqienne à la veille de la 2e guerre du Golfe ? Pierre Salinger, l´ancien porte-parole du président Kennedy, et le journaliste Eric Laurent, ont publié avant même l´intervention armée des alliés contre l´Iraq, un livre intitulé " Guerre du Golfe : le dossier secret". Voici ce qu´ils écrivent : « Les forces et les faiblesses de l´armée iraqienne ont été longtemps évaluées. Pour les experts américains, il s´agit presque d´une armée du pacte de Varsovie, équipée pour une large part de matériel soviétique, et formée selon les techniques de l´Armée Rouge. Les attaques sont lancées par des chars soviétiques T72 et T62, et précédées de tirs de barrage effectués par des canons de 122 et 152 mm. La défense aérienne est assurée par des batteries de missiles mobiles SAM, et des radars antiaériens ZSU-23. La marine iraqienne est quasi inexistante. Un certain nombre des 5500 chars alignés sont des modèles anciens, et les forces aériennes ne sont pas, pour une large part, équipées de la technologie qui permet de mener efficacement des combats aériens. » Telle elle était donc, selon la formule lancée par le général Schwarzkopf, le maître d´oeuvre de l´opération Tempête du désert, " la 4e armée du monde".
*
Il faut ajouter que si l´armée iraqienne était, malgré ces handicaps, une des forces les plus importantes de la région, sinon la plus importante, la situation économique du pays était préoccupante, sinon désastreuse, et l´inflation galopante.
Ça devait être le coût de la 1ère guerre du Golfe !
Naturellement. Les iraqiens avaient dû acheter pour des milliards de dollars d´armement, et ils s´étaient durablement endettés. Cette question va jouer un grand rôle dans ce qui va suivre.
Qui avait prêté à l´Iraq ?
D´abord, bien sûr, les banquiers arabes, saoudiens ou koweitiens, ou encore les établissements des Emirats Arabes Unis. Tous ces gens-là pouvaient difficilement refuser, car Saddam Hussein mettait en avant qu´en luttant contre les iraniens, il protégeait aussi tous les états arabes du Golfe, contre un éventuel expansionnisme iranien.
Ce qui n´était pas faux !
Absolument. Enfin il était aussi fortement endetté auprès de ses fournisseurs d´armes occidentaux.
mijatovic Posté le 05 juillet 2004 à 17:09:01
( suite 1)
Et alors on lui avait prêté sans barguigner ?
Oui, les iraqiens avaient la réputation d´être de bons payeurs. Et puis il ne faut pas oublier qu´il y avait le pétrole. L´Iraq possède les secondes réserves pétrolières du monde.
Donc on avait confiance.
Tout à fait. Et tant que la guerre dure, à l´ouest on ne mesure pas son soutien à un pays qui a le courage de tenir à ces tyrans des Ayatollahs, qui inquiètent tant.
Au fond, on fait la guerre à l´Iran par procuration ?
Oui, ce n´est pas faux. Et puis cela explique qu´on ferme pudiquement les yeux sur les exactions iraqiennes, et en particulier l´utilisation sur le front de l´arme chimique.
Oui ; l´arme chimique, il faut le rappeler, qui sera ensuite utilisée contre le peuple kurde.
Oui. Dès la fin de la guerre avec l´Iran, il s´agit pour Saddam Hussein de terroriser les kurdes, et de les pousser à l´exil. Mais les occidentaux, qui ont massivement soutenu le dictateur iraqien, et qui l´ont même aidé à fabriquer ses armes chimiques, hésitent encore à rompre.
Pourtant, cette attaque au gaz dans les villages du Kurdistan, provoque une énorme émotion !
Oui, c´est juste. Une commission du congrès américain, après enquête, demande même qu´un embargo soit décrété contre l´Iraq. Mais l´administration de Washington traîne des pieds, et accorde sa garantie à de nouveaux prêts en faveur de Bagdad, des prêts destinés à l´importation de produits agricoles.
Les américains ne veulent donc pas rompre avec Saddam Hussein ?
Ben, apparemment, non.
Pourquoi, apparemment ?
Parce que les iraqiens ont tenu leur rôle, mais qu´on n´a plus besoin d´eux.
Ils ont contenu les iraniens, et les ont même affaiblis durablement.
Et les occidentaux ont réduit l´influence soviétique dans la région. Mais on se rend soudain compte qu´on a fabriqué un monstre.
Un monstre... à cause des armes chimiques ?
Pas seulement. Les stratèges américains réalisent que l´Iraq risque de devenir une superpuissance dans la région. Une puissance qui ne va pas cesser de se moderniser, et qui à terme disposera de l´arme nucléaire.
En bref, on a joué avec le feu, quoi !
C´est à peu près ça, oui. Les plus inquiets sont aussi les plus fidèles alliés des Etats-Unis.
C´est-à-dire les israéliens ?
Naturellement. Saddam Hussein a toujours été la bête noire de l´état hébreu. C´est pourquoi, pendant cette première guerre du golfe, ils ont poussé Washington à aider clandestinement Téhéran.
C´est l´Iran-gate ?
Oui. Tant que la guerre iraqo-iranienne se poursuivait, ils étaient à l´abri. Parce que c´était deux de leurs ennemis qui se battaient. Mais maintenant que le conflit est terminé, ils craignent qu´un jour Saddam Hussein ne les menace. Déjà, avec les fusées perfectionnées dont il dispose, il peut atteindre Israël.
Oui, alors s´il acquiert la bombe atomique...
. . . voilà ! Soyons juste, l´inquiétude israélienne est légitime. En avril 1990, Saddam Hussein menacera solennellement de frapper Israël avec ses armes chimiques.
Donc, enfin d´après vous, les israéliens, inquiets, mettent en garde Washington ?
Oui. Il faut désormais que les américains cessent de considérer l´Iraq comme un allié potentiel, d´autant que l´affaiblissement progressif du camp soviétique change la donne. La guerre froide s´éloigne, et au Pentagone, peu à peu, on cesse de donner la priorité à la menace soviétique.
Alors quelle est la nouvelle priorité pour le Pentagone ?
Eh bien, la défense des intérêts américains, et en particulier la protection des ressources naturelles indispensables aux Etats-Unis.
Le pétrole ?
Le pétrole, bien sûr. Ce pétrole dont les plus riches gisements se trouvent justement au Moyen-Orient. C´est ainsi qu´à Washington naît l´idée que les Etats-Unis, pour assurer la sûreté de cet approvisionnement en pétrole, devraient être beaucoup plus présents dans la région.
Et " présents", qu´est-ce que ça veut dire, au juste ? Les américains ont déjà de solides alliés, dans la région ! Enfin, je pense surtout à l´Arabie Saoudite.
C´est vrai que l´Arabie Saoudite du roi Fahd n´a pas grand chose à leur refuser, mais ça ne leur suffit pas. Washington voudrait pouvoir disposer de bases permanentes dans la région, au cas où.
Au cas où... il y aurait une menace sur la ressource pétrolière ?
Oui.
Donc si je résume, il y a d´une part l´inquiétude israélienne, face à la montée en puissance de l´Iraq, et d´autre part la volonté américaine de prendre pied militairement dans la région. C´est bien ça ?
Oui. J´ajoute que si toutes les monarchies pétrolières du Golfe se sont réjouies de voir Saddam Hussein mettre au pas d´Iran, elles regardent maintenant avec inquiétude cet Iraq qui devient désormais l´état le plus puissant de la région.
Il y a donc une conjonction d´intérêts, conjonction dirigée contre l´Iraq ?
Vous avez compris. Alors, je reviens sur ce que je vous disais précédemment, à propos de la situation économique iraqienne.
Oui : l´Iraq puissant militairement, mais fortement endetté.
Oui. Je ne vais pas vous donner de chiffres, ce serait trop fastidieux, mais sachez que les considérables revenus pétroliers de Bagdad suffisaient à peine à payer les importations tant civiles que militaires.
Parce que les iraqiens continuaient à s´équiper en matériel militaire ?
Bien évidemment, même si certains contrats avaient été revus à la baisse. Mais l´armée, c´était la pierre angulaire du régime. Et puis avec l´Iran, c´est un cessez-le-feu qui avait été signé, pas un traité de paix. Donc l´Iraq restait sur le pied de guerre.
Par conséquent, si les revenus du pétrole ne parviennent même pas à payer les importations, qu´en est-il de la dette, alors !
C´est la question. Le budget du pays est écrasé par le service de la dette. D´autant que les iraqiens doivent en même temps reconstruire leur pays.
Oui, les dégâts causés par la guerre.
Oui. Donc, les iraqiens s´endettent encore un peu plus.
Ils sont pris à la gorge ?
C´est évident. Or, la situation financière de l´Iraq va encore s´aggraver.
Pourquoi ?
Parce que le Koweit et les Emirats Arabes Unis dépassent les quotas d´extraction pétrolière qui leur ont été attribués par l´OPEP.
L´OPEP, c´est-à-dire l´Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole.
La conséquence immédiate, c´est que le prix du baril de pétrole baisse de façon significative.
Et le revenu pétrolier de l´Iraq baisse lui aussi !
Evidemment ! Et vous l´imaginez bien, Saddam Hussein est furieux, parce qu´il a le sentiment qu´on essaie d´étrangler son pays.
Mais, que fait-il alors ?
A plusieurs reprises, il demande que le Koweit et les Emirats respectent les quotas pétroliers. Mais il n´est pas entendu. Le piège va se refermer autour de lui.
*
Deux livres racontent par le menu les mois et les semaines qui ont précédé l´invasion du Koweit, puis la guerre du Golfe. " Chef de guerre", du journaliste américain Bob Woodward, l´homme du Water Gate, et le livre de Salinger et Laurent que j´ai déjà cité. Je reviens sur cet ouvrage. Les deux auteurs racontent une réunion des chefs d´état, qui s´est tenue en mai 1990 à Bagdad. C´est Saddam Hussein qui parle : « Les quotas, assignés par l´OPEP jusqu´en mars, prévoyaient que le Koweit ne devait pas dépasser une production quotidienne d´un million et demi de barils. En fait, il n´a cessé d´extraire, chaque jour, 2,1 millions de barils, à notre détriment. L´Iraq veut retrouver sa situation économique de 1980, avant le début de la guerre avec l´Iran. Dans l´immédiat, nous avons un besoin urgent de 10 milliards de dollars, en plus de l´annulation des 30 milliards de dollars de prêts qui nous furent accordés par le Koweit, les Emirats Arabes, et l´Arabie Saoudite durant la guerre. En fait, frères arabes, il faut que tout ceci soit dit avec netteté : nous vivons aujourd´hui un autre conflit. » Et il poursuit avec violence : « Une agression ne se mène pas uniquement en utilisant des chars, de l´artillerie, des navires. Elle peut prendre des formes plus insidieuses et plus subtiles, telles la surproduction de pétrole, les préjudices économiques, ou les pressions pour rendre un peuple esclave. » Et un peu plus tard, lorsque le Koweit refusera à la fois ce prêt de 10 millions de dollars, et la réduction de sa production de pétrole, Saddam Hussein déclarera : « On veut mettre l´Iraq à genoux. » Quelques semaines plus tard, il annexera le Koweit.
*
Vous avez parlé de piège ; ce n´est pas un mot un peu trop fort ?
Pas du tout ; je vais vous expliquer. Saddam Hussein réclame donc à corps et à cri que les Emirats, et surtout son voisin, le Koweit, respectent les quotas pétroliers afin que le prix du baril remonte. Mais l´émir Jaber ne cède pas. Il oppose même un refus cinglant à son puissant voisin. C´est curieux, non ?
Parce qu´il pourrait craindre une attaque iraqienne ?
Absolument. Et en cas d´agression, le petit Koweit ne faisait pas le poids, si vous me permettez cette expression. Or l´émir Jaber n´a pas du tout l´air inquiet. Jusqu´au bout, c´est-à-dire le 2 août 1990, il ne croit pas à l´agression iraqienne et refuse donc de céder à Saddam Hussein.
Peut-être a-t-il reçu des assurances ?
Ça me parait évident. Il n´y a que deux possibilités : ou bien on lui a garanti que jamais l´Iraq ne l´attaquerait, ou alors on lui a promis qu´on le défendrait.
Donc selon vous, on l´a encouragé à rester ferme face aux exigences iraqiennes ?
Je le pense. Parce qu´on voulait pousser Saddam Hussein à la faute, c´est-à-dire à attaquer le Koweit.
Ce piège dont vous parliez ?
Oui, c´est ça.
Alors, qui ?
Je pense que Washington, en usant sans doute d´intermédiaires arabes, saoudiens et égyptiens a dû jouer un rôle. Je crois qu´assez tôt, c´est-à-dire peu de temps après la fin de la 1ère guerre du Golfe, les américains avaient décidé qu´il leur faudrait un jour mettre à bas la puissance iraqienne.
C´est-à-dire abattre ce " monstre" - c´est vous qui avez utilisé l´expression -, qu´ils avaient contribué à engendrer ?
En quelque sorte. Et après tout, ne s´est-il pas passé à peu près la même chose avec Ben Laden ? D´abord allié, puis ennemi.
Mais quand vous dites que les américains avaient décidé de briser Saddam Hussein, vous avez des preuves, ou il s´agit d´une hypothèse ?
Non, c´est beaucoup plus qu´une hypothèse. Dès la fin de l´année 1989, le Pentagone avait étudié un plan d´intervention contre l´Iraq.
Avec l´aval du pouvoir politique ?
Ben, le secrétaire de la Défense ne pouvait l´ignorer. Cela signifie que les Etats-Unis prenaient déjà en compte le danger que représentait Saddam Hussein dans une région aussi sensible.
Oui, à cause d´Israël, et puis du pétrole.
Et les américains avaient fait leurs calculs : si Saddam Hussein s´emparait du Koweit, il disposerait à lui seul de 20% des réserves mondiales de pétrole. Et si en plus, il s´attaquait un jour à l´Arabie Saoudite, c´est 40% des réserves mondiales qu´il contrôlerait. Les Etats-Unis ne pouvaient pas accepter ça.
Ça voulait dire qu´à Washington, on penserait que tôt ou tard, Saddam Hussein attaquerait ?
Certainement. On n´entretient pas une armée de centaines de milliers d´hommes, complètement disproportionnée, dans un pays d´une vingtaine de millions d´habitants, pour la garder dans les casernes.
Donc finalement, vous trouvez que les américains avaient de bonnes raisons d´agir comme ils l´ont fait ?
Ecoutez, ce n´est certainement pas moi qui vais tresser des couronnes à Saddam Hussein, qui est un dictateur de la pire espèce et qui a longtemps soutenu le terrorisme international. Mais j´essaie simplement de vous montrer comment les Etats-Unis ont agi pour le pousser à la faute. Et puis si vous voulez bien mon avis, je ne suis pas persuadé que la guerre, avec son cortège de morts et de ruines, était le meilleur moyen d´affaiblir Saddam Hussein.
Oui... Que fallait-il faire, alors ?
L´embargo commençait à produire des résultats ; on aurait pu le poursuivre et même le durcir. Je ne suis pas le seul à penser ça ; c´était aussi l´opinion du chef d´Etat Major américain, Colin Powell.
D´accord, mais je vous fais remarquer que l´embargo existe toujours, et c´est la population civile iraqienne qui souffre, et Saddam Hussein, lui, est toujours à la tête de l´Iraq.
Oui, m´enfin il a perdu tout pouvoir de nuisance dans sa région. Alors inutile de polémiquer, revenons au plan américain.
Bon, alors je vous écoute.
Saddam Hussein, le 2 août 1990, envoie donc ses chars au Koweit. Ce n´est nullement une surprise. Les photographies prises par les satellites et les renseignements recueillis pas les services secrets ou par les diplomates ont anticipé cette attaque.
Donc, d´une certaine façon, on a laissé faire ?
Je le pense, oui. Rien n´a été fait pour améliorer la défense du Koweit, ou dissuader même sérieusement Saddam Hussein.
En le menaçant ?
Bien sûr, ou en faisant pression sur les états du Golfe pour qu´ils satisfassent au moins en partie les revendications de Saddam Hussein. Non, ça n´a pas été fait, et pire, on lui a même envoyé une sorte de feu vert.
Qui, les américains ?
Oui ! Le 30 juillet, donc 3 jours avant l´agression iraqienne, le sous-secrétaire d´état chargé du Moyen-Orient, John Kelly, témoigne devant une commission du congrès. On lui pose la question : et si l´Iraq attaquait le Koweit, est-ce que l´armée américaine interviendrait ?
Et la réponse, alors ?
Le sous-secrétaire répond qu´il ne veut même pas envisager une telle hypothèse, mais tout en affirmant que les américains se sentiraient concernés. Il souligne que nul traité, nul engagement ne lie les Etats-Unis au Koweit. Ces propos, qui pouvaient être considérés comme une garantie de non-intervention des Etats-Unis, ont été relayés par les radios internationales.
Ils ont donc été entendus à Bagdad ?
Forcément, et tout de suite transmis à Saddam Hussein.
Et ça l´a conforté, d´après vous, dans son intention d´attaquer le Koweit ?
Naturellement.
Et cet apparente bévue de Kelly faisait partie du plan qui consistait à pousser Saddam Hussein à la faute ?
Franchement, je n´en sais rien. Mais la suite est tout aussi intéressante. En fait, la réaction américaine à l´invasion du Koweit a été extrêmement rapide. Si rapide qu´on a même eu l´impression que des mesures avaient été préparées à l´avance.
Des mesures ? Lesquelles ?
L´arsenal des mesures juridiques, par exemple, permettant de geler immédiatement tous les biens iraqiens et koweitiens à l´étranger. Mais ce qui est plus important, c´est que tous ceux qui ont fréquenté la Maison Blanche à l´époque, ont eu la conviction que Georges Bush avait dès le début pris la décision de chasser l´envahisseur iraqien du Koweit.
mijatovic Posté le 05 juillet 2004 à 17:18:51
( suite et fin )
Selon vous, il aurait donc opté très vite pour la solution militaire ?
Je vous rappelle que les plans étaient prêts. Mais il fallait aussi parallèlement, préparer l´opinion publique et faire une tournée des capitales, pour rassembler la plus grande coalition possible et jouer une partie très fine auprès du roi Fahd d´Arabie Saoudite.
Vous m´avez parlé de l´opinion publique...
Il faut fait apparaître Saddam Hussein comme l´incarnation du mal absolu. Ce n´est pas très difficile, si je puis dire : Saddam y met du sien. Souvenez-vous de l´affaire des otages occidentaux, dont les iraqiens se proposent de faire des boucliers humains, en cas de bombardement. Puis on assiste aussi à une manipulation médiatique : en exagérant par exemple les exactions commises au Koweit par la soldatesque iraqienne, ou en prétendant aussi que Saddam va posséder la bombe dans les tous prochains mois.
Il faut persuader l´opinion que la guerre est juste et inévitable.
C´est ça. Le deuxième point, c´est l´action diplomatique. Non sans talent, les Etats-Unis s´assurent de la collaboration de leurs alliés occidentaux, mais aussi de la plupart des pays arabes. Mais surtout, ils s´assurent du soutien mesuré de l´URSS et de la Chine, membres du conseil de sécurité de l´ONU.
Un conseil de sécurité qui va condamner l´Iraq.
. . . Et décider l´embargo avant d´autoriser l´emploi de la force, si Saddam Hussein n´obtempère pas. C´est donc incontestablement un grand succès diplomatique pour les américains.
Reste le 3e point : la collaboration du roi Fahd.
Et là encore, Washington fait fort. Le roi Fahd n´a guère envie d´accepter que des troupes américaines débarquent chez lui.
Et pourquoi ?
Les saoudiens, protecteurs des lieux saints, de La Mecque et Médine, considèrent que leur sol tout entier est sacré. Alors les américains, photos aériennes à l´appui, persuadent le roi Fahd que les troupes iraqiennes, stationnées au Koweit, et massées à sa frontière, vont passer à l´attaque. Les Etats-Unis se proposent donc de collaborer à sa défense.
Oui, ce sera la fameuse opération " Bouclier du désert".
Oui. Fahd est convaincu et autorise enfin les militaires américains à débarquer chez lui. Il y aura jusqu´à 500 000 hommes de la coalition en Arabie Saoudite, et parmi eux, 80% seront américains. M´enfin, il y a eu une supercherie.
Que voulez-vous dire ?
Saddam Hussein n´avait nullement l´intention d´attaquer l´Arabie Saoudite.
Il y a les photos, tout de même !
Des tanks enterrés dans le sable, donc nullement prêts à attaquer. Il fallait persuader le roi Fahd que tôt ou tard, l´Iraq allait l´attaquer. Parce que les américains voulaient absolument stationner leurs troupes en Arabie.
Géographiquement, ça se comprend. Ils étaient au plus près du Koweit !
C´est vrai. Mais ils avaient aussi l´intention d´y rester, après la guerre. Et c´est ce qu´ils ont réussi à obtenir. Aujourd´hui encore, il y a des bases américaines en Arabie ; 6000 hommes y stationnent toujours. Sans compter les conseillers militaires placés auprès de l´armée saoudienne. Et puis rappelez-vous ce que je vous ai dit : Washington voulait des bases dans la région.
Et la 2e guerre du Golfe lui a donc permis d´atteindre cet objectif ?
Oui. Mais les fondamentalistes islamistes ne l´ont jamais accepté. Et puis parmi eux, il y a un certain Ben Laden, citoyen saoudien, déchu de sa nationalité.
*
Le propos de Monsieur X recoupe souvent l´analyse très pertinente du chercheur Alain Joxe, " L´Amérique mercenaire", paru chez Stock en 1992. Et je ne peux pas m´empêcher de vous lire ces quelques lignes prophétiques de Julien Drey, député socialiste mais suspendu alors par son parti à cause de son hostilité à l´engagement français dans la guerre du Golfe. Voici donc ce qu´il écrit, en mai 1991, après la guerre, donc, dans un ouvrage intitulé " La guerre qu´il ne fallait pas faire" : « Le nouvel ordre international commence bien mal. L´émir Jaber, personnage assez peu recommandable au regard des principes démocratiques, est restauré sans plus de façons. Il ne perd du reste pas de temps pour rétablir la loi martiale. Personne ne s´est soucié d´évoquer la question de la démocratie pour l´Iraq dans l´après-guerre. Devant l´insurrection de l´opposition chiite, on a commencé à entendre ça et là des voix affirmer que, tout bien pesé, Saddam Hussein désarmé ne ferait pas un mauvais rempart. A ce jeu-là, les fondamentalistes musulmans ont de beaux jours devant eux. Il ne faudra pas s´étonner si de jeunes capitaines ou des mollahs barbus se mettent à dénigrer cet Occident sans foi ni loi, et sa démocratie au nom de laquelle on engage le combat, et qui oublie toute volonté de la mettre en oeuvre une fois la victoire engrangée. » Et je vous recommande aussi la lecture du livre de Christine Abdel Crim Delane, " La sale guerre propre", parue aux éditions du Cherche Midi. Cette journaliste y étudie, documents scientifiques à l´appui, ce qu´on appelle " le syndrome de la guerre du Golfe".
-----> j´éspère que vous aurez lu, en tout cas merci Mijatovic!!!!
Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la Maison-Blanche s’est retrouvée face à une vérité stupéfiante : une partie du monde déteste les Etats-Unis. Pendant des décennies, l’Amérique a laissé s’émietter son capital de sympathie, se transformant progressivement du statut de modèle démocratique à celui de super-puissance arrogante. Afin de corriger ce phénomène, le Département d’Etat a largement investi dans la communication de masse. Mais la mission, confiée à Charlotte Beers, gourou de la publicité new-yorkaise, n’a pas obtenu le succès désiré. Et la Seguela américaine a été remerciée. Résultat ? Alors que les Etats-Unis se battent en Irak, son image globale n’a jamais été aussi mauvaise. L’échec de la stratégie de reconquête entreprise par le Département d’Etat n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde à Washington. Au sein de la Maison-Blanche, un groupe d’hommes auto-baptisé “The Band” s’est fait une spécialité de la communication de crise. Là, il ne s’agit pas de reconstruire patiemment l’image écornée de la nation mais de marteler une image unique : l’Amérique a raison contre le reste du monde qui se trompe.
Avec le conflit irakien, The Band n’est pas à sa première mission. Le groupe s’est chargé de la mise en place de l’opération américaine en Afghanistan. L’accent mis sur les talibans afin d’oublier les bombardements civils ? The band. Le recours à la peur de l’attentat dès que Bush est en difficulté ? Encore eux. Le prétendu rapprochement entre Ben Laden et Saddam Hussein ? Toujours eux.
Évidemment la préparation au conflit irakien puis désormais la guerre et le filtrage de l’information est la chasse réservée de cette machine à générer de la propagande. Un groupe informel qui organise quotidiennement une conférence téléphonique afin de fixer les objectifs du jour. Même s’il n’en détient pas officiellement le titre, Dan Bartlett, tout juste 31 ans, est le patron du groupe. Directeur de la communication de la Maison-Blanche, Bartlett est le représentant de Bush. Au près du président, il a pris la place de Karen Hughes, responsable de la campagne présidentielle de 2000 mais aussi architecte du bureau de l’information de la Maison Blanche monté en urgence après le 11 septembre dont le but à peine caché était de surfer sur la vague d’émotions post-attentats.
Tucker Eskew est un maillon essentiel du groupe. Désormais directeur du Office of Global Communications( OGC) il assure la liaison avec Londres. L’OGC est l’organisme principal de l’appareil de propagande américain. Longtemps informel, il a été crée sur ordre direct de Bush. C’est ce bureau qui a été en charge de l’ensemble de la communication y compris des fuites à la presse autour de la lutte engagée par les USA au sein du Conseil de Sécurité. Les rapports présentés tour à tour par George W. Bush et Collin Powell ont été préparés par l’OGC. De même, de nombreux arguments fournis par Tony Blair ont transité du Band via l’OGC jusque sur le bureau d’Alastair Campbell. Campbell est considéré aux Etats-Unis comme le roi du spin, cette technique utilisé dans la politique moderne pour distordre les faits au profit de son candidat. Depuis le début de l’année 2002, Campbell discute quotidiennement avec Eskew de la situation irakienne. Les termes “forces de la coalition” et “ opération de libération” seraient nés lors d’un de ces entretiens.
Afin d’assurer que sa pensée soit correctement transmiseà tous les niveaux de la hiérarchie américaine, The band a installé des relais fidèles auprès des personnages clés de l’effort de guerre US. En nommant Richard Boucher, responsable de la communication de Colin Powell, la Maison-Blanche s’est ainsi assurée que le seul représentant de la solution diplomatique au sein de l’Administration rentre dans le rang. La nomination de Tori Clarke au côté de Donald Rumsfeld a été faite dans le but contraire. Il s’agissait de modérer l’enthousiasme va-t-en guerre d’un ministre de la Défense militant depuis 1997 pour une invasion de l’Irak.
Mais la nomination la plus révélatrice de la prise en main de la guerre par l’entourage de Bush est sans aucun doute l’arrivée de Jim Wilkinson à la tête de la communication du Commandement Général. Wilkinson, un Texan proche du Président depuis la campagne de 2000 est un des créateurs du Band. Il y a deux mois encore, il travaillait à la Maison Blanche au côté de Dan Bartlett. Une de ses tâches consistait à relayer aux élus du parti Républicain des informations calibrées dans le cadre de la guerre au terrorisme. Des arguments que les politiques utilisaient ensuite pour renforcer l’image de George Bush. Sa place - discrète et loin des caméras - au côté du Général Franks est une première. Elle illustre l’étrange lien entre le pouvoir exécutif et militaire, la prise du pouvoir politique dans le cadre de la communication de l’armée.
A la périphérie de ce groupe de spécialistes de l’information, reste John Rendon. A la tête du Rendon Group, il a, durant la première guerre du Golfe, propagé une image positive de l’Amérique dans les médias du monde entier. Son fait d’arme reste la libération de Koweit City. C’est lui qui dans la nuit, avant l’arrivée des équipes de télévision, avait fourni la population de la ville en drapeaux américains. En septembre dernier, le Pentagone signait un nouveau contrat avec le Rendon Group sans en préciser publiquement la mission. Mais le secret ne devrait plus tenir longtemps. Il devrait même être bientôt sur nos écrans de télé.
William Reymond
Un petit récapitulatif des docs mentionnés ici :
-Les coulisses de la CIA
- Le monde selon Bush
- Bush en de factor Jezus
- les 2 filkms de moore; Bowling for Comumbine et Fahrenheit 9/11
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bye
Un super doc se profile à l´horizon c´est " Fog Of War" d´Errol Morris(un doc dans la lignée des Moore)
http://www.sonyclassics.cs.com/fogofwar/indexFlash.html
up
kerry, bush cé pareil je vous le dis mes amis
les présidents changent, les hommes d´influence restent...croyez moi sur parole.
Salut mija, comment va l´ami?
Dis Mija tu l´as enfin vu Fahrenheit 9/11?
ça va bill et toi
non malheureusement, j´ai rien vu du tout, mais je le verrai de toute façon t´inquiete
il est bon ce michael moore...
j´etais sensé le voir mais g pas vu, je me choperai le dvd bientot
Envolé?
tu l´as vu toi bill?
et l´autre le monde selon Bush?
pour ma part Fahrenheit 9/11 je l´ai vu
Fog of War pas encore j´ai pris connaissance de ce doc dans le journal(papier please) il y a 1 semaine
et alors fahrenheit ? ?
ça vaut le detour ?
mijatovic Posté le 24 août 2004 à 14:35:33
kerry, bush cé pareil je vous le dis mes amis
les présidents changent, les hommes d´influence restent...croyez moi sur parole.
t´as surement un peu raison ! !
tous le systeme americain est a revoir de toute façon !