Les adieux émouvants de Heinze et Sorin
PSG
Et je t´embrasse. Et je te ré-embrasse. Une poignée de main à l´un.
L´accolade à l´autre. Le camp des Loges a vécu hier de grands moments d´émotion et quelques larmes retenues pour les adieux de Juan Pablo Sorin et Gabriel Heinze au PSG. Les deux Argentins s´envolent ce soir pour un somptueux Argentine - Brésil, prévu le 2 juin prochain et comptant pour les éliminatoires du Mondial 2006. Paris disputera donc samedi contre Châteauroux la finale de la Coupe de France sans eux. Surtout, les dirigeants parisiens préparent déjà la saison prochaine sans ces deux joueurs magnifiques, Heinze étant annoncé à Manchester United, au FC Barcelone ou à Valence. L´Olympique de Marseille rêve, lui, de Sorin. Sur les coups de 11 heures, dernier entraînement commun. Dans les préfabriqués de Saint-Germain-en-Laye, Vahid Halilhodzic et ses joueurs sont enfermés pour la traditionnelle causerie de lendemain de match. « Il nous a dit qu´il était content de nous, de notre deuxième place en championnat. Il nous a demandé de rester concentrés pour la finale. Il y avait parmi nous des joueurs qu´on voyait pour la dernière fois », confie Lionel Letizi. Puis les Parisiens sortent pour le décrassage. Tous sauf deux. Sorin et Heinze restent en tête à tête avec Halilhodzic. Durant trente minutes, ils parlent entre hommes.
Mendy se met à genoux sur leur passage Les deux Argentins rejoignent ensuite leurs coéquipiers. Tous forment un cercle, assis sur le terrain. Tour à tour, Sorin et Heinze prennent la parole. « Ils nous ont dit qu´ils avaient fait le maximum auprès de la fédération argentine pour rester disputer la finale de la Coupe de France avec nous. Mais ils n´ont pas réussi à convaincre leurs dirigeants. Ils nous ont demandé de tout faire pour gagner la coupe. En pensée, ils seront derrière nous lors du match », souligne le gardien international du PSG. « C´est sûr, ils avaient envie de rester avec nous », poursuit Bernard Mendy. D´un geste, Heinze commande à Sorin de le rejoindre et tous deux entament un footing. Les apercevant, Bernard Mendy se met à genoux sur leur passage et les salue bras tendus face contre terre comme on le fait devant des seigneurs. « Eh, attendez ! clame soudain Fabrice Fiorèse, j´ai envie de courir une dernière fois avec vous. » Et les trois hommes alignent les longueurs en riant aux éclats. La réussite du PSG cette saison doit beaucoup à cette amitié complice. « Ça fait bizarre de se dire qu´on a vécu quelques mois, quelques années avec des joueurs et que tout d´un coup on se sépare en quelques minutes. Pour, peut-être, ne plus jamais se revoir. Ensemble, on a vécu de bons moments. Mais ces adieux font partie de notre boulot », philosophe Letizi. De l´autre côté des barrières, quelques supporters espèrent de précieux autographes. Au volant de sa voiture, vitres baissées, Sorin s´arrête une dernière fois pour leur parler. « S´il te plaît, ne va pas à Marseille », le supplient quelques-uns. L´Argentin redémarre en murmurant : « Ça ne dépend pas de moi. » Il y a comme ça des sujets qui peuvent ternir des adieux...
