Pour débuter ce huitième retour contre le Werder avec son avance de trois buts, Paul Le Guen avait choisi un dispositif un peu plus prudent qu´à l´aller, au moins sur le papier, en alignant trois joueurs à vocation offensive ( Wiltord, Govou et Malouda) au lieu de quatre ( Frau a retrouvé le banc). Mais il ne l´a pas fait en offrant à Jérémy Clément la deuxième titularisation en Ligue des champions de sa carrière dans l´entrejeu. L´entraîneur lyonnais a préféré impulser un jeu de chaises musicales en faisant rentrer Berthod au poste d´arrière gauche. Ce choix permettait à Abidal d´évoluer en défense centrale et à Essien de retrouver son poste naturel de milieu de terrain, aux côtés de Juninho et Diarra. Lyon troquait donc son 4-4-2 pour un 4-3-3 ( ou 4-3-2-1) familier et offensif qui allait vite faire ses preuves. A Brême, Thomas Schaaf avait lui aussi opté pour un dispositif très offensif en trois attaquants purs ( Klose, Valdez et Klasnic) soutenus par Micoud. En vain, la moitié défensive de son équipe, fébrile, ayant été manifestement traumatisée par le match aller.
COUPET : Livré à lui-même sur le but de Micoud puis le penalty d´Ismaël, qu´il a frôlé, l´international a fait son travail avec assurance le reste du temps. N´ayant rien eu à faire à 0-0, il fut impeccable sur un coup franc vicieux et tendu ( 40e). Comme les grands gardiens, sauvé par la réussite sur une tête d´Ismaël sur la transversale ( 28e).
DIATTA : Sans geste superflu, il a réalisé une entame encourageante face à Klasnic, avant de tomber dans l´inconstance qui le caractérise trop souvent. Souvent sollicité, puisque l´essentiel des attaques allemandes s´est déroulée de son côté.
CRIS : Son match souffre de son manque d´autorité aérienne, et surtout de ce contrôle manqué qui a offert le premier but du Werder à Micoud ( 31e). Une partie très frustrante, puisqu´il n´y avait absolument pas faute sur Ernst quand M. Ivanov siffla penalty contre lui. Sorti à l´heure de jeu pour lui éviter un jaune qui l´aurait suspendu, il fut remplacé par CLEMENT sous les ovations. Le temps, pour le jeune homme, de sauver la baraque sur un corner qui sentait le roussi ( 70e).
ABIDAL : La perte de son premier ballon, amenant le premier corner du Werder, a déteint sur son assurance en première période. Il a eu du mal à se situer entre Klose et Valdez, ce qui a eu le don de permettre aux Allemands de tirer au but autant de fois que Lyon ( douze).
BERTHOD : Averti après le but allemand pour avoir conservé le ballon dans ses bras, il l´avait peu vu en première période. Il a alors réalisé son geste le plus important du match en sauvant un deuxième but allemand alors que la réduction du score était toute fraîche. Il court encore après la confiance. Ça va déjà mieux depuis qu´il a transformé le penalty du 7-2 ( 79e).
DIARRA : Même s´il a connu ses temps forts et ses temps faibles, sa lecture du jeu, exceptionnelle, et la justesse de ses interventions sont un atout extraodinairement précieux. Moins décisif qu´à aller, il n´en fut pas moins dissuasif pour les milieux du Werder, notamment Micoud, transparent comme l´eau claire.
ESSIEN : Revenu à son poste préféré, celui de milieu de terrain, légèrement décalé côté droit, il a mis beaucoup de coeur à l´ouvrage et dépassé sa fonction en inscrivant deux buts : le deuxième d´une frappe à l´entrée de la surface, du gauche ( 17e), puis le troisième sur une interception pleine de vivacité qu´il a conclue presque dans le but ( 30e). Il a aussi pris beaucoup de coups, sûrement car il n´était pas le moins dangereux. A joué la dernière demi-heure en défense centrale.
JUNINHO : Après une semaine difficile, il a retrouvé le volume de jeu du vrai Juninho, toujours là pour récupérer les ballons, les conserver, les donner dans le tempo le plus juste. Pas de but sur coup franc mais un cadré, quand même.
GOVOU : Quatre passes décisives ! De retour côté droit, comme prévu, il a mis un quart d´heure pour trouver le bon rythme, avant de gagner tout seul le ballon du deuxième but, qu´il a offert à Essien suite à une belle chevauchée. Deuxième passe décisive, dans un tempo irréprochable, pour servir Wiltord lors du 4-1 ( 55e). Il a ensuite servi Essien ( échec), Malouda et Wiltord avec la même justesse. Son culot est intact. Et sa faculté à aller au charbon pour bloquer son couloir aussi. Remplacé par FRAU ( 74e), qui a repris son poste sur l´aile avec application.
MALOUDA : Quelques gestes magnifiques lors de la première demi-heure ont récompensé sa grosse débauche d´énergie, puisqu´il fut passeur décisif sur le premier but de Wiltord. Il a laissé briller les autres entre ce geste et l´heure de jeu, où il a inscrit un petit bijou de sixième but sur un crochet et une frappe enchaînée. Averti ( 66e) après un accrochage avec Valdez. Il se passe toujours quelque chose avec lui.
WILTORD : Après avoir inscrit le premier but dès la 8e minute, avec beaucoup de lucidité, il a pris un plaisir fou à participer à ce vrai match pour attaquants. Même s´il s´est éteint petit à petit après à l´approche de la mi-temps, il eut une nouvelle fois le geste juste pour marquer les quatrième et cinquièmes buts. Un match presque discret dans le jeu mais un triplé : Wiltord est redevenu un vrai attaquant de pointe. Sorti à la 66e minute pour laisser sa place à NILMAR. Le Brésilien provoqua le penalty du 7-2 ( 79e).