Bouchet règle ses comptes
Dans un entretien à paraître vendredi dans France-Football, Christophe Bouchet, l´ancien président de l´Olympique de Marseille, est revenu sur sa période à la tête du club phocéen. Comme l´a titré l´hebdomadaire, les «blessures sont profondes» pour l´ancien dirigeant. Morceaux choisis.
Robert Louis-Dreyfus :
«Voilà un homme qui a dépense 170 millions d´euros dans le club et qui, depuis novembre 2002, n´a plus mis un euro, tandis que l´équipe finissait troisième. ( ...) Il décide de tout personnellement, je pense que c´est une erreur, mais je ne lui en veux pas. Il a toujours été d´une correction exemplaire.»
Louis Acariès
«Louis Acariès arrive et ne prend même pas rendez-vous avec moi. Il veut débouchétiser ( sic) le club en quelques jours, voire en quelques mois. Acariès me dit : Si j´étais toi, je me tirerais. Et attention, les gens ne t´aiment pas à Marseille, tes enfants à l´école...»
Les dirigeants de l´OM
«90% des salariés m´ont été d´une fidélité et d´une loyauté impeccables, ils ont même fait une pétition que Robert ( Louis-Dreyfus) a reçue. Mais il y en a deux ou trois qui se sont comportés de façon odieuse et détestable, au premier rang desquelles Vivian Corzani ( directeur général).»
Le bilan de l´ère Bouchet
«Sur le plan sportif, on a eu de très bons résultats, pas parfaits, mais je souhaite à tous les présidents de l´OM d´en faire autant dans les trois ans à venir. ( ...) Pour le reste, le club perdait en moyenne depuis six ans 33 millions d´euros par an, ce n´est pas rien. On a réussi la première année à avoir un déficit de " seulement" 9 millions d´euros et on était bénéficiaire l´année suivante.»
José Anigo
«José est un type pour qui j´ai une immense tendresse, mais j´avais vu les dégâts qu´avaient produits chez lui les six premiers mois. J´aurais dû lui conseiller d´aller entraîner un an ou deux une équipe à droite ou à gauche et de revenir entraîner l´OM fort de lui-même. ( ...) Il a aussi géré l´après Alain Perrin, " à la copain, à l´amical". C´est un tableau qui fonctionne quelques mois, mais pas forcément tous le temps. ( ...) On n´a pas fait l´effort avec José d´avoir une discussion de fond. José n´était pas bien entouré.»
Le recrutement
«On l´a fait à trois : José, Pape et moi, qui ai signé tous les contrats jusqu´à celui de Philippe Troussier. La seule différence, mais de taille, c´est que Pape et moi, nous n´avons jamais commenté le recrutement et dit : " Oui, là peut-être qu´on a fait une erreur." J´ai assumé à 100% et José s´est désolidarisé de nous. Il avait le beau rôle car il était le Marseillais de l´étape, donc celui qui a raison.»
Le départ de Didier Drogba
«On s´est dit que l´on était dans un piège dont on ne sortirait jamais. Soit on le gardait et c´était une erreur potentielle, soit on le faisait partir et c´était pareil. ( ...) Entre prendre une claque et beaucoup d´argent et une claque et en perdre beaucoup, on a choisi la première solution. ( ...) Il y avait un homme qui pouvait arrêter cela, RLD. C´est purement une décision d´actionnaire de dire : " je prends le risque". ( ...) Là, il ne l´a pas pris, mais, à sa place, en tant qu´actionnaire majoritaire, j´aurais fait la même chose que lui.»
L´arrivée de Bixente Lizarazu
«Pour Lizarazu, il était manifeste que, dès son arrivée à Marseille, ça ne collerait pas. Cela a commencé par une rencontre avec les supporters qui ne s´est pas bien passée, il n´était pas à son aise dans le schéma de jeu et il n´était pas au point physiquement. ( ...) Si j´avais été propriétaire du club, je n´aurais pris ni Lizarazu ni Fiorèse.»