Le topic officiel de Didier Drogba revient à la rescousse pour accomplir ce devoir de mémoire envers ce joueur hors norme :
Hymne à Didier
Du haut de ton allure digne et de ton gabarit majestueux,
Et tout de noir vêtu,
Tu fais naître et renaître en moi cette flamme tant refroidie
Par les promesses controversées et les balivernes de tous ces imposteurs
Ne rêvant en secret que de succès diaboliques
Et complotant en cachette pour écraser les ressentiments
D´un peuple tout de bleu et de blanc décoré
Qui ne demande qu’à fêter, honorer et surtout rendre grâce
A cette icône qui façonne en nous une personnalité
Qui ne s´est révélée que lors de ton arrivée solennelle.
Tu as su faire revenir à la vie
Ces braises consumées depuis une éternité
A cause de ces sordides pigistes venus triompher
A l´ombre d´une communauté aux liens on ne peut plus soudés.
Tu as réussi sans le moindre effort, ni acharnement
A diviser, décourager et mettre hors-jeu ces traîtres de charlatans
N´ayant pour amour propre que leurs précieux deniers
Et leurs rêves inavoués.
Même si tu as dû quitter nos cieux
Si ombragés et si peux détenteurs d´espoir
Avant ta visite providentielle et salutaire,
Et malgré le fait que tu n´aies pu honorer l´intégralité de ton contrat
Parachevé dans un quasi anonymat au grand désarroi lyonnais,
Nous tous, fervents supporters et défenseurs du drapeau olympien,
Te devons une reconnaissance infinie
Pour avoir éclairci nos humeurs
Et rendu plus supportable un climat aux allures délétères.
Sois certain que dans nos mémoires
Ton spectre occupera la place assignée aux grandes vedettes de ta classe
Et se tiendra aux avant-postes
Comme fut ta position sur une pelouse verdoyante
Qui restera à jamais ton jardin secret
Et notre autel où nous nous recueillerons
Pour nous raviver ces si bons instants
Aux parfums enchanteurs et gorgés de senteurs européennes.
Nous n’admirons pas chez toi que tes capacités à faire lever un stade
Mais l’ensemble de ton œuvre qui ne trouve ses contours qu’en dehors
De ce rectangle vert que tu as su apprivoiser avec la plus grande docilité.
Outre ta présence athlétique, tes sortilèges techniques, tes coups de bambou
Que tu sors chaque week-end de ta botte magique
Au grand dépit de tes gardes du corps,
C’est ton côté « homme au grand cœur » qui nous a le plus laissé sans voix
Car s’efforcer de raviver une communion passionnelle
Entre vous, joueurs, et nous, public
N’était plus arrivé depuis l’époque d’une bande à un certain JPP.
Là où ton compatriote Baka avait plus ou moins échoué,
Par ton engagement de tout les instants et par ton mouillage de maillot,
Tu a grimpé les échelons dans notre estime à une vitesse Grand V
Quand tu nous témoignais de ton amour pour la tunique olympienne
En courant célébrer tes buts vers les virages en extase
Ou en escaladant ces dédaigneux grillages
Qui empêchaient cet échange fusionnel,
Lequel était depuis toujours prédestiné,
Ce qui te valut tout de même une suspension bête et méchante.
Tu sais Didier, il y a des gestes qui ne trompent pas :
Ces élans naturels à fondre sur nous
Comme tu sais aussi le faire sur tes adversaires,
Sont le bouillonnant témoignage d’une foi
Qui, se laissant guider par ses pulsions instinctives,
A peu de chance de s’estomper un jour.
Grâce à ton court détour à Marseille,
Tu auras rendu une âme à ce vaisseau, souvent fantôme,
Qui continueras à voguer encore et toujours
Et tu lui auras rappelé les mille et un bienfaits
De tutoyer les sommets européens
Même si la coupe, tu ne l’auras pas soulevée
La faute à un italien dégarni rongeant son frein et pré-retraité
Jaloux de la carrure de ce nouvel OM
Qui a fait ses premiers pas sous ta houlette.
Pour être arrivé sur la pointe des pieds
Et avoir quitté la maison olympienne par la grande porte,
Et pour avoir rendu 200% de l’amour donné
Pour rendre hommage à l’ami Beye,
Tu seras toujours le bienvenu
Même si notre cœur préfèrerait te voir
Fouler notre pelouse guérie et revigorée
Avec sur ton dos les couleurs locales que tu as si âprement défendu
Et les lettres OM que tu as crié si fort le soir d’un cinglant PSG-Chelsea
Inutile de retarder la sentence et de nous rendre plus nostalgiques encore :
Au nom de l´ensemble de la communauté phocéenne,
Je t´adresse nos remerciements les plus sincères.
Merci et longue vie à toi Didier, roi du Vélodrome et dieu d´Europe.