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eudi 10 février 2005, 17h27
Des milliers de lycéens dans la rue, Fillon veut rassurer
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PARIS ( Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de lycéens ont manifesté jeudi à travers la France pour dénoncer le projet Fillon sur l´école, confirmant la poussée de fièvre lycéenne, notamment contre la réforme du baccalauréat.
Face à un mouvement qui suscite l´inquiétude dans les rangs de la majorité, le ministre de l´Education, François Fillon, a cherché à calmer les esprits.
Lors des questions d´actualité au Sénat, il s´est dit " extrêmement attentif et préoccupé" et a souhaité que ne s´installe pas " une incompréhension entre la jeunesse et les pouvoirs publics". Il a confirmé qu´il prolongeait de deux mois, jusqu´au 31 mai, le délai donné au groupe de travail sur la réforme du baccalauréat.
Toutefois, les organisations à l´origine de la mobilisation ont souligné la détermination des lycéens, dont les manifestations ont pris de l´ampleur au fil des semaines.
" On veut le retrait pur et simple du projet Fillon", a déclaré à Reuters Coralie Caron, secrétaire générale de la FIDL.
A Paris, plusieurs milliers de lycéens - 9.000, selon la police - ont quitté la place de la République peu après 14h30 aux cris de " Fillon, si tu savais, ta réforme où on se la met" et " Fillon, t´es foutu, la jeunesse est dans la rue".
Les manifestants défilaient derrière des banderoles proclamant " Non à la réforme Fillon", " Oui à l´Education", " Education en danger, lycéens mobilisés".
Peu avant 17h00, les manifestants ont été bloqués par les forces de l´ordre à l´angle du boulevard du Montparnasse et du boulevard Raspail.
A Toulouse, près de 6.000 lycéens, selon la police, plus de 10.000, selon les organisateurs, ont défilé de la place du Capitole au rectorat. En tête de manifestation une banderole proclamait " Lycéens mobilisés jusqu´au retrait de la loi Fillon" et " Pour une éducation attitude".
A Lyon, où les forces de l´ordre ont dénombré 12.000 manifestants et les syndicats 16.000, les organisateurs ont dit être surpris par l´ampleur de la mobilisation. " Des slogans " Fillon, démission ! ", ont retenti dans le cortège.
" EDUCATION ATTITUDE"
D´autres manifestations ont rassemblé près de 2.000 lycéens à Carcassonne ( Aude), un millier à Narbonne ( Aude), tout comme à Montpellier ( Hérault).
A Bordeaux, 5.000 manifestants ont défilé dans le centre-ville aux cris de " Fillon démission", " Touche pas à mon bac" et " Ne joue pas avec mon avenir". Dans la matinée, plusieurs centaines de lycéens avaient manifesté à Mont-de-Marsan et à Dax, dans les Landes.
Dans l´est, plus de 2.000 lycéens ont manifesté à Nancy ( Meurthe-et-Moselle). Dans la matinée, des manifestations avaient réuni 800 lycéens à Longwy, 200 à Lunéville, 300 à Briey. A Metz, 1.500 à 2.000 lycéens ont défilé en début d´après-midi, selon la police.
En raison des vacances de la zone B, les lycéens de Haute-Normandie ( Eure et Seine-Maritime) n´ont pas organisé de manifestations mais les rassemblements ont été nombreux en Basse-Normandie. Un millier de manifestants ont défilé à Caen ( Calvados) pour dire " non au bac industriel".
Dans la Manche, les manifestations ont au total rassemblé plus de 3.000 jeunes.
En Bretagne, plusieurs milliers de lycéens - 5.000, selon la police, entre 6.000 et 10.000, selon les organisateurs - ont défilé dans les rues de Rennes.
François Fillon a défendu devant les sénateurs son projet de loi. " Non, rien dans le projet de loi ne remet en cause en quoi que ce soit, ni les options, ni l´enseignement de l´éducation physique et sportive, ni l´enseignement artistique, ni l´enseignement des sciences économiques et sociales", a-t-il dit.
" Le baccalauréat restera un examen national anonyme qui permet automatiquement l´entrée dans l´enseignement supérieur", a poursuivi François Fillon, soulignant que la réforme du bac n´était " pas centrale" dans la réforme qu´il propose et qui vise surtout, selon lui, à juguler l´échec scolaire.
Des propos qui n´ont pas apaisé l´inquiétude des syndicats lycéens, lesquels voient derrière cette réforme la volonté de " soumettre l´école au marché" et de " créer une élite avec un bac à deux vitesses".
Les lycéens ont reçu le soutien de nombreux syndicats enseignants et de la CGT, qui dénonce " les effets dévastateurs de la politique éducative du gouvernement".