Prochaine escale, Fenerbahçe, quatre ans et demi d’arrêt, sauf imprévu. A 25 ans, la carrière de Nicolas Anelka connaît un nouveau virage, pas forcément le plus glorieux. Après le Paris Saint-Germain, Arsenal, le Real Madrid, Liverpool et Manchester City, l’attaquant français va connaître les joies du championnat de Turquie. En froid depuis plusieurs semaines avec son entraîneur Kevin Keegan, Anelka n’avait plus joué depuis le 1er janvier dernier. Comme souvent dans ce genre de situations, l’histoire se termine par un transfert houleux. Cela aura au moins permis de mesurer la cote de popularité d’un des attaquants français les plus décriés de ces dernières années. Et il faut bien avouer, malgré son talent intrinsèque indéniable, qu’il n’y a pas eu foule pour s’octroyer les services du natif de Versailles. Enfin, pour s’aligner sur ses prétentions salariales.
Un potentiel énorme
Pour un joueur présenté comme un énorme espoir du football français il y a quelques années, Nicolas Anelka a connu un parcours assez chaotique. Après quelques matches en tant que remplaçant au PSG, son club formateur, il ne tarde pas à rejoindre Arsène Wenger à Arsenal. L’entraîneur des Gunners gère parfaitement le potentiel de son nouveau poulain avant de le faire exploser lors de la saison 1998-1999. Il n’en faut pas plus pour que le Real Madrid ne lorgne sur l’attaquant français. Le transfert vers le club espagnol ne se fait pas sans une séparation tendue entre le joueur et Wenger. Une marque de fabrique qu’Anelka mettra en application à chacun de ses changements de club, même en quittant le Real après une seule saison passée en Espagne. Une saison en dents de scie si on excepte les quelques matches à l’approche de l’Euro 2000. La «tactique» de mettre Anelka en avant peu avant le mois de juin s’avèrera finalement payante pour la maison blanche puisque le Real Madrid parvient à rentrer dans ses frais en revendant Anelka au Paris Saint-Germain pour la même somme qu’il l’avait acheté. Un vrai petit miracle.
Un parcours chaotique
La suite de la carrière de «Nico» est tout aussi chaotique. Sous les ordres d’une autre forte tête au PSG, Luis Fernandez, le clash est inévitable et Anelka quitte la capitale après un an et demi plus que moyen. Prêté à Liverpool, il ne convainc pas plus les dirigeants des Reds et est finalement transféré à Manchester City pour 20 millions d’euros. Sa valeur marchande a déjà pris un énorme coup. Par la suite, tout se passe plutôt bien sur le plan personnel même si les Citizens luttent pour le maintien. Jusqu’à un nouveau clash, avec Kevin Keegan cette fois. Anelka clame haut et fort qu’il souhaite jouer dans un grand club. Il va même jusqu’à simuler une blessure pour ne pas jouer avec City. Le divorce est de nouveau inévitable.
Manchester met donc en vente son joueur, sans pour autant avoir envie de perdre trop d’argent. Mais les offres sont loin d‘affluer. Liverpool, Barcelone et Marseille se renseignent timidement. La seule offre concrète vient finalement de Fenerbahçe. Une offre que le deuxième club de Manchester se voit obligé d’accepter à quelques heures de la fin du mercato. Moyennant une indemnité de transfert de 11 millions d’euros, Anelka jouera donc le reste de la saison et quatre supplémentaires en Turquie. Fenerbahçe un grand club ? Chacun sa vision des choses.
«Un énorme gâchis»
Willy Sagnol ne s’est d’ailleurs pas privé pour donner son avis au micro de Téléfoot : «C’est du gâchis», lance le défenseur du Bayern Munich. Il est vrai qu’en rejoignant Fenerbahçe, Anelka a sans doute fermé définitivement les portes, déjà bien cadenassées, d’un éventuel retour en équipe de France. On imagine mal Raymond Domenech se déplacer ou envoyer un émissaire régulièrement en Turquie pour observer les performances du Français. Et quand on connaît la médiatisation de ce championnat, on peut avoir peur quant à l’avenir de l’ancien Parisien. Peu importe, il a fait un choix, il doit désormais l’assumer. Mais au rythme où vont les transferts dans le football moderne, il ne serait pas étonnant de revoir très vite Anelka en Europe de l’ouest. En attendant, pourquoi ne pas se faire un nom en Turquie ?