L´ARRIVÉE du Russe Sergueï Semak à Paris reste incertaine. Hier, le feuilleton - qui dure déjà depuis plusieurs semaines - a pris un vilain tour ( voir ci-dessous) . Sans présager des prochaines décisions des dirigeants parisiens, ce transfert, toujours hypothétique, soulève quelques questions.
L´attaquant du CSKA Moscou a-t-il le profil idéal ? Sur quels critères a-t-il été choisi ? Correspond-il vraiment aux besoins du PSG, déjà bien pourvu en attaquants ( Pauleta, Ljuboja, Pancrate, Reinaldo, Ogbeche) ? Polyvalent mais pas toujours décisif. Vahid Halilhodzic souhaitait recruter un attaquant puissant et bon de la tête afin de servir de pivot à Pauleta. C´est finalement un joueur de 1,78 m et de 73 kg qui vient renforcer la ligne offensive parisienne. L´entraîneur parisien a donc surtout été séduit par la polyvalence du Russe, capable d´évoluer attaquant, milieu droit et gauche, voire milieu relanceur. Sa qualité technique et sa vivacité sont ses armes maîtresses. Mais il n´est indiscutable à aucun poste. Son arrivée pourrait cependant compenser le départ de Fiorèse pour Marseille et ainsi permettre à Halilhodzic d´aligner deux vrais joueurs de couloirs dans un schéma en 4-4-2 avec Rothen à gauche et Semak à droite. Un poste que Fabrice Pancrate a déjà tenu à plusieurs reprises... D´autant que le Russe se dit lui-même « hors de forme », et qu´il ne serait pas opérationnel avant la fin du mois. La cellule recrutement n´était pas d´accord. Sergueï Semak était-il une des priorités d´Halilhodzic ? Il semble que ce soient ses prestations cette saison en Ligue des champions face au PSG ( quatre buts) qui ont plu aux dirigeants parisiens. La piste menant à l´international russe n´a été activée que courant novembre. D´ailleurs, cette option a longtemps divisé la cellule recrutement du PSG. Francis Graille lui-même s´est posé la question de la pertinence de ce recrutement. En effet, à bientôt 29 ans ( le 27 février prochain), Semak n´a connu aucune expérience à l´étranger et n´est pas un international indiscutable. « Si c´était un top, il jouerait déjà dans un grand championnat, confie un agent français. Et qu´en sera-t-il de son adaptation ? » Peu de Russes ont réussi en France. Excepté Alexei Smertine à Bordeaux ( 2000-2004), les joueurs russes ont rarement brillé en L 1. Le défenseur Vegaz Khidiatouline a évolué deux saisons à Toulouse ( 1988-1990) sans grande réussite. Sacha Zavarov, convaincant sous les couleurs de la Juventus, a dû se contenter d´un bilan mitigé à Nancy ( 1990-1995). « Ses prestations étaient plutôt correctes mais il n´a jamais retrouvé son vrai niveau », reconnaît Gérard Parentin, le manager général du club lorrain. Au PSG, le milieu défensif Igor Yanovski ( 1998-2001) a effectué un passage encore plus terne. A Marseille, Igor Dobrovolski ( 1992-1993) n´a pas laissé un souvenir impérissable, loin s´en faut. Son compatriote Dimitri Sytchev ( 2003-2004) a brillé six mois à l´OM avant de décliner. « Les Russes, un peu comme les Nantais, ont un style de jeu basé sur des dynamiques collectives, explique Alain Perrin, l´ex-coach marseillais. Et, contrairement aux Polonais ou aux Yougoslaves, ils ont peut-être une personnalité plus en proie au spleen. »