Source de l´article : http://www.asmfoot.org
La page 2003/2004 s’est donc définitivement tournée pour l’ASMonaco. Des 4 joueurs qui ont illuminé la saison européenne, plus aucun ne retournera donc au bercail rouge et blanc, à court terme en tout cas.
Le dernier susceptible de revenir, Fernando Morientes, a signé à Liverpool dans une affaire qui n’a eut de suspens que dans les colonnes des journalistes, grâce en partie au comportement de seigneur d’El Moro, un affaire qui, à la lumière de certains évènements, ne pouvait pas être remportée par l’ASM.
La finale Porto - ASM aura donc été le dernier match en Rouge et Blanc de Morientes. Car malgré toutes les tentatives de l’ASM pour le faire revenir, celle-ci resterons vaines, il ne reviendra pas.
Le feuilleton Morientes durera tout l’été. La légende veut que l’ASM ai avancé les négociations tellement loin qu’un accord avait été trouvé avec le Real, autour des 12 millions d’Euros. Cependant, c’est Morientes qui décida de ne pas donner suite, car sa priorité, c’est le Real, et pendant un cours instant, le Real lui faisait à nouveaux les yeux doux.
En fait, c’est Camacho, le nouveau coach madrilène, grand fan de Fernando, qui incitera Morientes à rester dans la capitale espagnole, lui prouvant par A + B qu’une rotation à trois galactiques en attaque était fort probable, et joignant les gestes à la parole, lui donnera un temps de jeu conséquent durant le mois d’août, faisant même de Fernando l’attaquant ayant le plus de temps de jeu.
Enfin, autre paramètre qui va décider Nando à reviendre à Madrid, c’est sa famille, désireuse de rester en Espagne, question de langue, d’éducation, de cadre de vie… Et on sait Fernando très très attaché aux questions familiales.
Malheureusement, en mauvais génie madrilène, le président Perez, qui n’a pour l’instant rien dit rien fait, va d’un coup de baguette galactique mercantile briser les espoirs de Nando.
Il s’offre tout d’abord un nouveau ballon d’or, à savoir Michael Owen, contre l’avis de son coach, qui n’en avait franchement pas besoin. Mais surtout, il impose à son entraîneur de ne faire jouer Morientes « qu’en dernier recours », à savoir bien après Raul, Ronaldo et donc Owen. Ceci s’explique par la « vengeance » qu’il rumine depuis que Morientes a inscrit 2 des 5 buts qui ont bouté le Real en dehors de la ligue des champions. Ceci explique pourquoi il n’a pas insisté pour vendre Fernando à Monaco, on sait le bonhomme rancunier, surtout que c’est Monaco qui a précipité la chute du Real l’an dernier.
Camacho, grand fan de Morientes, refusera Owen et les injonctions de son président. Il sera démissionné dans l’heure.
Pour Morientes, tout deviendra franchement compliqué. Ayant été « blousé » par le duo Owen-Perez pile à la clôture du mercato, il sera obligé de prendre son mal en patience. Durant un mois et demi, il ne dira rien, espérant beaucoup, jouant très peu. Confiné à un temps de jeu réduit à la portion congrue, il fera des bouts de fin de match, rentrant à la 88ème minute, ou, jour de bonne volonté de l’entraîneur, à la 85ème.
Mi-octobre, exaspéré par sa situation, il fera quelques déclarations dans la presse, façon appel au secours, en direction de l’ASMonaco notamment, parlant de l’ASM comme sa priorité en cas d’offre, décrivant le Rocher comme « endroit idéal » en cas de départ de Madrid.
Seulement, il n’y a pas que Monaco qui entend ces appels. Liverpool, qui a déjà un œil sur Morientes depuis qu’Owen est parti au Real, est en passe de poser le second car leur attaquant vedette, Djibril Cissé, est out jusqu’à mathusalem. Dès la mi-novembre, ils vont se positionner favorablement auprès de Fernando, Rafa Benitez, l’entraîneur des Reds, ayant l’avantage conséquent de connaître le bonhomme depuis qu’il était entraîneur des jeunes au Real.
La presse va dès lors faire de l’affaire Morientes son cheval de bataille principal, arguant et développant le peu d’info filtrant de cette affaire afin de bouger les trous de leurs lignes éditoriales.
Morientes sera annoncé signant à Liverpool très tôt, alors qu’il est toujours en train de réfléchir, puis c’est à Monaco qu’il semble être prêté, alors que l’ASM déclare depuis un moment ne pas avoir l’argent suffisant pour ce transfert ( en plus du manque de place en attaque), ensuite c’est à Newcastle qu’on l’envoi, enfin, juste le temps de se rendre compte que les Mag Pies sont en train d’acheter Boumsong. Puis viendra le mistral de Marseille, vite éliminé une fois que tout le monde aura rigoler.
Voilà donc ce qui a réchauffé la presse au début de l’hiver. Mais passé les fêtes de Noël, l’histoire prendra enfin une tournure sérieuse.
Liverpool augmente petit à petit son offre initiale, alors que Monaco est définitivement hors course du fait que le président Pastor ne souhaite pas prendre de risques évitables en extrapolant sur un futur hypothétique.
Liverpool est donc seul en lice ? Non, parce que l’Olympique Lyonnais se met en course pour faire signer Morientes.
On croit tout d’abord à une nouvelle flatulence du président Aulas, très doué pour faire des offres bidon afin de faire monter les prix. Cela donne même des espoirs aux supporters monégasques, espérant que si Aulas fait monter les prix, c’est pour gêner Monaco en lice secrètement. Surtout, ce qui nous fait douter de l’offre Lyonnaise, c’est que leur masse salariale est déjà bien conséquente, et que surtout, ils ont fait des pieds et des mains pour garder Elber alors que Morientes serai là pour remplacer… Elber.
Les faits montreront que l’offre Lyonnaise était bel et bien existante, mais là encore, elle n’avait aucune chance d’aboutir.
Tout d’abord parce qu’elle arrive bien tard, Nando ayant déjà donné son accord avec Liverpool, et les Reds étant sur le point d’accoucher d’un accord à 9 millions d’Euros avec le Real.
Mais surtout, et c’est là toute la grandeur du personnage, parce que Lyon, c’est le rival number one de l’ASMonaco, et que Fernando est très conscient de cela. D’ailleurs, il mettra les choses au point lors de sa première interview post signature à Liverpool : « J´ai signé à Liverpool aussi parce que je ne voulais pas signer à Lyon. J´ai passé une année à Monaco, je ne voulais pas jouer pour un rival »
Fernando Morientes ne viendra donc pas à Monaco, à cause d’une politique monégasque ne prenant pas de risque pour construire dans la durée, à cause aussi de la rancune d’un président orgueilleux. Mais même dans sa non-venue sur le Rocher, Nando n’en a pas oublier Monaco et a fait en sorte de ne pas nuire au club.
Par ce geste, il rentre définitivement dans le hall-of-fame rouge et blanc des grands seigneur, grand à la fois sur le terrain qu’en dehors, à coté de joueurs tel Onis, Hoddle, Ettori …