l´interview exclusife de mr eto´o
SAMUEL ETO´O, la victoire du Barça face au Real ( 3-0) reste-t-elle un grand moment de ton année 2004 ?
S.E. : Même les grands-mères de 90 ans ne parlaient que de ça ! Après la victoire, tout était beau. Poue eux, la mission était déjà accomplie. Il fallait battre le Real Madrid. Ensuite, même si vous ne gagnez pas le titre avec Barcelone, l´essentiel est fait. Mais dans le football, quand vous jouez au Barça, il faut quand même essayer de gagner des titres.
C´était d´autant plus spécial pour toi que tu as été le plus jeune professionnel du Real à 16 ans et 10 mois...
S.E. : Oui, c´est vrai. Mais mon rêve était un peu frustré parce que je suis arrivé à Madrid et je me suis retrouvé avec des idoles, je m´entraîne, je suis toujours dans le groupe... mais je ne joue pas. A un moment donné, il faut bien jouer parce qu´on se retrouve à 25 ans et on n´est pas vraiment en première division. C´est là qu´il faut regarder un peu ailleurs et on m´a prêté un peu partout. Aujourd´hui, je me retrouve à Barcelone donc vous imaginez !
Tu n´as pas de rancune vis-à-vis du Real ?
S.E. : Non parce que le Real m´a quand même donné la possibilité de devenir le joueur que je suis aujourd´hui. Si Madrid n´avait pas pris le risque de me faire venir en Europe, je serai peut-être encore en train de jouer dans les rues de Douala. Après, ils ne m´ont peut-être pas donné la confiance qu´il fallait pour jouer parce que j´étais sûrement très jeune mais je trouve que l´opportunité qu´ils m´ont donnée est unique. Et Il faut savoir dire " merci".
On parle beaucoup du racisme dans le football. Tu as toi-même été pris à partie à Getafe. Comment l´as-tu vécu ?
S.E. : Tranquille ! Vous savez, le plus important, c´est de savoir ce qu´on veut dans la vie. Moi, j´ai eu la possibilité de découvrir plusieurs cultures. Je pense que ces gens là ne savent pas ce qu´ils font. Et en plus, je suis fier d´être " black". Car, si j´étais né Français, je n´aurai peut-être pas les opportunités que j´ai aujourd´hui. Et quand vous êtes dans un club comme Barcelone où il faut seulement trois étrangers, vous vous dîtes : " Franchement, quelle chance j´ai eu ! ".
Et tu vas demander la nationalité espagnole...
S.E. : Oui, pour l´année prochaine. J´ai un fils qui est espagnol. Et on verra bien s´ils vont me tuer pour être Espagnol ! ( Il rit)