L’autre « Cheva »
09 décembre 2004 - Jean-Moise DUBOURG
On connaissait l’Ukrainien Andreï Shevchenko, souvent décisif avec le Milan AC. Mais c’est un autre « Cheva » qui a brillé mercredi en Ligue des Champions : l’Uruguayen Javier Ernesto Chevanton, enfin brillant avec Monaco et impliqué dans les cinq buts de la victoire princière à La Corogne.
Arrivé l’été dernier sur les bords de la Méditerranée précédé d’une réputation plus que flatteuse en provenance de Lecce ( Italie), Javier Ernesto Chevanton a connu des débuts agités en Principauté. Mercredi, il s’est rappelé aux bons souvenirs du Campionato et des recruteurs monégasques en étant l’homme du match face à La Corogne ( 0-5). Sous pression avant cette rencontre, contrainte de vaincre pour obtenir à coup sûr la qualification, l’ASM a atomisé de faibles Galiciens pour remplir sa mission et retrouver un allant offensif qu’on ne lui connaissait plus. Les défenseurs espagnols, qui font déjà des cauchemars à l’évocation de Monaco un an après le carton historique de Louis II ( 8-3), auront désormais bien du mal à s’endormir quand on leur parlera de Chevanton.
Autrefois citadelle imprenable, le stade du Riazor n’a vu que l’attaquant monégasque, auteur du premier but d’un tir puissant du droit à l’entrée de la surface, à l’origine du deuxième et passeur décisif sur les trois suivants ( pour Saviola, Maicon et Adebayor). En 83 minutes, le Sud-Américain a éclaboussé de sa classe le jeu des vice-champions d’Europe. Et remis les pendules à l’heure après quatre premiers mois en dents de scie alors qu’on évoque le retour de Morientes sur le Rocher. Certes, le Madrilène apporterait une grosse plus-value au jeu monégasque. Mais avec Chevanton, Didier Deschamps compte bien une autre perle dans son effectif.
Enquiquiné par une blessure contractée fin août face à Lens, Chevanton a mis plus d’un mois à s’en remettre ( Monaco – Nice du 2 octobre). Depuis, les Rouge et Blanc végètent, « Cheva » aussi. Au niveau de l’efficacité pourtant, un léger mieux s’est fait sentir depuis la mi-novembre et deux buts inscrits contre Lille ( 1-1) et Rennes ( 2-0). Certes, les compteurs n’atteignent pas encore les sommets de Lecce ( 46 buts en trois saisons en Serie A) mais avec trois buts et trois passes décisives en L1 ainsi que quatre autres en Ligue des Champions pour six passes décisives, ça commence à ressembler à quelque chose. Tout comme le jeu de Givet et consorts qui restent en course dans toutes les compétitions. Pas si mal après la période de vaches maigres traversée depuis deux mois. Quant à « Cheva », il se doit d’aligner encore quelques buts pour devenir l’égal de « Sheva », le vrai.