« Je vis une grande humiliation »
08 décembre 2004 - Rédaction Football365
Le président du PSG, Francis Graille, s’est dit « humilié » mardi soir. S’il est extrêmement déçu, il n’entend toutefois pas démissionner. C’est tout le club ( joueurs, entraîneurs et dirigeants), qui doit assumer et se relancer pour remonter en championnat et aller loin dans les deux coupes nationales.
Francis Graille, ce match contre Moscou est un vrai cauchemar pour vous…
Un vrai cauchemar, c’est humiliant. Je vis une grande humiliation. Je peux comprendre que les 40.000 spectateurs du Parc soient humiliés…. Voir les supporters qui sifflent son équipe et applaudissent l’autre… à juste titre car les Moscovites ont donné une leçon aux Parisiens. Je suis humilié, déçu. Je n’ai pas de mots assez forts pour exprimer ma peine.
Vous êtes en colère…
En colère à cause du manque de réaction des joueurs. J’ai de l’orgueil. Vahid aussi. J’ai trouvé qu’il n’y en avait pas beaucoup mardi. Sans volonté on n’arrive à rien. On n’est arrivé à rien. Un match essentiel comme ça on passe à travers, je n’arrive pas à comprendre comment on n’a pas pu saisir cette possibilité. Il faut reconstruire, rebâtir. J’ai une pensée pour Modeste ( M’Bami)… On va être sans lui pendant plusieurs mois. Il va être opéré d’une fracture du péroné à la Pitié-Salpêtrière. C’est un cauchemar.
Cette attitude qui terni l’image du PSG vous a-t-elle surpris ?
On en reparlera. Il faut que tout le monde assume. Je veux voir si les joueurs sont capables d’assumer. Là on verra si on a encore un club digne de ce nom à Paris.
« Je crois que je suis encore un peu utile »
Economiquement, c’est une très mauvaise affaire…
Ecoutez, on ne va pas regarder l’économie. Perdre avec les honneurs c’est moins grave que de perdre comme on a perdu mardi soir. Ce n’est pas les un million ou un million et demi d’euros qui vont nous faire retrouver notre honneur perdu.
Cela vous aurait permis d’améliorer le recrutement au mercato ?
Oui, mais de toute façon, nous devrons faire des choses et travailler. Mais ce n’est pas maintenant que je vais vous dire ce qu’on va faire dans les jours qui viennent. Mais nous ne serons pas inactifs. On en reparlera.
En tout cas cela doit être dur d’être le président du PSG en ce moment ?
Oui, c’est très difficile, très délicat. Je le savais avant. Mais on ne m’a pas forcé à venir. J’assume moi aussi les choix que j’ai faits. Quand j’entends des « Graille démission », ça ne me fait pas plaisir, mais je peux aussi comprendre que le public en a marre. Deux rencontres comme celles qui se sont passées … C’est vraiment terrible. Si j’étais certain que ma démission améliorerait les choses, que le PSG allait gagner à Sochaux dimanche, ma démission je vous la remets. Mais honnêtement, je n’en suis pas certain. Sans forfanterie de ma part, je crois que je suis encore un peu utile pour que les choses s’arrangent.
Pour Vahid Halilhodzic, ça devient très compliqué aussi…
Tout le monde doit assumer. Vahid aussi. Il va falloir avoir la volonté de remotiver ce groupe.
Quels objectifs restent-ils au PSG cette saison ?
Le championnat. La Coupe de la Ligue. On va se battre. Il y a une Coupe de France à garder et des choses à gagner. On repart de très loin. Pour le reste ( La Ligue des Champions), si on joue comme les deux derniers matchs, c’est quasiment impossible. Mais je ne peux pas croire qu’on va en rester au Paris qu’on a vu mardi.
Propos recueillis par Sport FM