José Anigo a démissionné
José Anigo a présenté, mardi, sa démission de son poste d´entraîneur de l´Olympique de Marseille. Elle a été acceptée par les dirigeants du club phocéen, contrairement à ce qui s´était passé le 10 novembre dernier, il y a moins de deux semaines, lorsque Anigo avait déjà proposé de laisser son poste à l´issue de deux défaites de rang contre le Paris-SG, en L1 ( 1-2) et en Coupe de la Ligue ( 2-3). L´affection de ses joueurs avait contribué à sauver sa tête. Mais la défaite de samedi dernier contre Ajaccio ( 0-2), qualifiée de « défaite absolue » par le manager Pape Diouf, a précipité son départ.
Albert Emon, qui était son adjoint, «assurera l´interim au moins jusqu´au match contre Nantes», samedi prochain, d´après le communiqué du club. C´est le troisième intérim assuré par Emon dans ce genre de circonstances, après 2000-2001 et 2001-2002. Jean-Philippe Durand conserve lui aussi ses fonctions d´adjoint auprès de l´équipe professionnelle. José Anigo, ancien patron de la formation marseillaise, expérience dont il garde un formidable souvenir, «continuera de travailler au sein de la direction sportive», indique le club.
Anigo, 43 ans, était en poste depuis le 14 janvier dernier, date à laquelle il avait succédé à Alain Perrin, limogé lui-même après une série de mauvais résultats. Il avait conduit l´OM à la finale de la Coupe de de l´UEFA en mai dernier, mais n´avait pas amélioré l´oridnaire de l´équipe en Championnat. Présenté par Chritophe Bouchet comme le meilleur effectif marseillais « depuis dix ans », le groupe actuel n´a réussi aucune performance significative sous sa direction depuis le début de la saison. Miné par le doute, lâché par les supporters, il occupe encore la 7e place du classement de L1 à 11 points de Lyon.
Le départ précoce de José Anigo est une relative surprise, quatre jours après que le directeur sportif olympien, Pape Diouf, eut assuré qu´il n´était «pas menacé». Natif des quartiers nord de Marseille, issu d´une famille de républicains espagnols en fuite devant Franco, l´entraîneur phocéen n´avait plus à prouver «l´amour» qui portait à son club. En ce mois de novembre, la fureur des supporters s´était plutôt cristallisée sur le président, Christophe Bouchet, et sur les joueurs, eux-mêmes tancés par leur hirérachie lors d´une conférence de presse mémorable le 8 novembre. Par ailleurs le directeur sportif Pape Diouf n´a jamais nié, ces derniers, sa propre part de responsabilité, notamment dans l´échec quasiment total du recrutement opéré dans le sillage de la vente de Drogba ( Lizarazu, Luyindula, Eduardo Costa, Pedretti, Bamogo).
Sa démission traduit l´impuissance voire l´incrédulité qui l´animait devant le comportement de son équipe ces dernières semaines. Celui qui déclarait «Je suis le premier responsable» au début du mois, avant l´orage, a reconnu dans " France football", qu´il avait pensé «ne plus se reconnaître du tout dans cette équipe» au cours du match face au PSG ( 1-2). «Tout ce que j´essaie de leur transmettre - la hargne, le combat, la solidarité, le dépassement -, il n´y avait plus rien. Alors, oui, c´est vrai, je me suis senti un peu abandonné de tous et surtout habité par un énorme ras-le-bol.» La rechute, samedi dernier, ne fut que plus brutale.