Professeur d´ethnologie, Christian Bromberger est un spécialiste de " la passion partisane" dans le football. Selon lui, supporter l´OM quand on vit à Paris est " une manière de faire un pied de nez". " On ne supporte pas l´OM par hasard, surtout si on habite la Capitale. La période où on choisit de supporter telle ou telle équipe est généralement l´adolescence. Car c´est un moment important d´identification. Quand on se prend de passion pour ce club c´est généralement qu´on est séduit par l´image frondeuse et rebelle de Marseille. La popularité olympienne est ainsi très forte dans les banlieues de Paris. Certaines personnes se retrouvent dans cette facétie permanente, dans ce romanesque. Ce côté excessif, voire canaille, est plaisant. »
Revers de la médaille, le rejet de cette engouement pour l’OM est logiquement le point-clé de l´hostilité des supporters parisiens à l´encontre de l´OM.
Pour Bromberger, le passé glorieux du club est également un facteur fort. " Le supporter s´approprie ainsi le riche passé de l´OM". Au contraire du Paris Saint-Germain, né en 1973, et qui souffre du poids léger de son histoire.
Enfin, l´ethnologue réfute l´idée reçue qui veut que les Parisiens se passionnent peu pour leur équipe car ils ont déjà suffisamment de pôles d´intérêt : " Je ne crois pas que les Londoniens ou les Milanais par exemple soient dépourvus d´activités et de richesses culturelles. Pourtant, la ferveur pour le football est bien là contrairement à Paris ! Simplement, à Paris il n´y a pas de localisme. C´est tout le contraire de Marseille. Paris n’est pas une ville de foot, c’est une capitale culturelle et politique qui n’aurait aucun intérêt à être reconnue pour son club de football et qui n’en a surtout pas envie ! »