article de football 365
Lorsque Fabrice Fiorèse a signé à l’OM, beaucoup avançaient que l’ancien Parisien se ferait porter absent pour son retour au Parc. C’était sans compter sur le courage de l’ancien Parisien, bien décidé à affronter en face ses nouveaux « ennemis ». « Fio » n’a pas été déçu du voyage.
« Tu feras aux infidèles une guerre sans trêve ni merci. » Pourtant déployée sur toute la largeur du Kop Boulogne, l’immense banderole en lettres gothiques aux couleurs du PSG faisait presque tache au moment du coup d’envoi de ce 25eme PSG-OM de l’histoire. Il faut dire que l’inspiration des supporters parisiens durant la semaine écoulée n’a eu pour source que le retour au Parc de Frédéric Déhu et Fabrice Fiorèse, considérés tous deux comme des « traîtres » pour avoir osé quitter Paris pour l’ennemi juré : Marseille. Dès leur entrée sur la pelouse pour l’échauffement, les deux joueurs ont donc pris très cher de la part de leurs anciens fans. « On est « bête » et on t’enc... », « Si le PSG est une prison, rends la savonnette. » ou encore « Fiorèse-Déhu, c’est pas OM TV, c’est Pink TV » pouvait-on lire sur les nombreux messages de bienvenue adressés aux deux ex-Parisiens. La grande classe.
Mais cette hymne à la poésie entonné pendant toute la soirée par un Parc des Princes, qui n’a toujours pas digéré le départ pour l’OM de ses deux enfants chéris, n’était rien à côté de ce qu’avaient vécu Fiorèse, Déhu et toute la délégation marseillaise quelques heures avant le coup d’envoi. Si Fabrice Fiorèse, après des déclarations plutôt provocatrices dans les médias s’ajoutant à un transfert au goût amer, savait à quoi s’attendre en faisant son retour à Paris, il ne pouvait en revanche pas prévoir de vivre l’agression du bus de son équipe par un commando de hooligans cagoulés sortis de la nuit parisienne. Contraints de se jeter face contre terre pour éviter les bris de vitre et les projectiles de tout ordre ( tables, canettes, barrières...), « Fio et Fred » étaient surtout soulagés d’arriver indemne au Parc des Princes, après avoir probablement ressenti la peur de leur vie en voyant le chauffeur du car hésiter à redémarrer étant donné l’état de son véhicule.
L’attitude attendue des supporters parisiens à l’égard de Fabrice Fiorèse n’a donc pas bouleversé outre-mesure le Marseillais, tout juste remis de ses frayeurs de la Rue de la Reine. Comme beaucoup de joueurs de ce haut-niveau, l’ancien Guingampais, tout spécialement visé par les foudres de la foule ( Déhu avait eu son compte lors de la dernière finale de la Coupe de France), en a vu d’autres. A l’instar de Figo, lorsqu’il avait fait son retour au Camp Nou sous le maillot ennemi du Real Madrid, Fiorèse ne s’est donc pas attardé sur les broncas répétées du public lorsqu’il touchait le ballon. Pas plus qu’il ne s’est laissé perturber par les insultes constantes dont il a été la victime ou par le déploiement de trois hommes-boucliers pour le protéger des projectiles à chaque fois qu’il partait tirer un corner. Non, Fabrice Fiorèse a fait fi de tout ça. « Fio » a fait son match, avec tout l’engagement qu’on lui connaît. Avant cela, l’ancien n°11 du PSG avait tapé la bise à Mendy et reçu l’accolade de M’Bami. De quoi enterrer la hache de guerre. Entre joueurs au moins. C’est toujours ça de pris.