PSG - OM J - 1. Affaire Fiorèse : ce qui s´est vraiment passé
Le 31 août, quelques minutes avant la clôture du marché des transferts, Fabrice Fiorèse quittait Paris pour rejoindre Marseille. Retour sur cette drôle d´affaire, à la veille du choc entre les deux clubs, demain au Parc.
Au coup d´envoi de PSG - OM, demain au Parc, cela fera soixante-huit jours que Fabrice Fiorèse a quitté la capitale pour aller jouer dans le club de la cité phocéenne. Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur ce transfert sulfureux. Mais il fallait reprendre l´enquête de zéro pour approcher au plus près de la vérité.
Voici ce qui s´est vraiment passé.
24 août : Fiorèse décide d´aller au clash. Le 24 août, l´attaquant parisien rencontre Vahid Halilhodzic avant la séance d´entraînement et lui annonce : « Je veux quitter Paris. » Il reproche à son entraîneur d´être trop exigeant. En un mot, il ne supporte plus son entraîneur. « Vahid avait changé, déclare-t-il en arrivant à Marseille. Je lui ai expliqué que je n´appréciais pas ses méthodes. Certaines de ses paroles n´étaient plus respectueuses. » Nous sommes alors à une semaine de la fermeture du mercato, Fiorèse a déjà décidé de rejoindre son « grand frère », Frédéric Déhu, qui lui vante quotidiennement les charmes de Marseille.
Après la séance d´entraînement, une réunion se tient dans le bureau du technicien parisien. Plusieurs membres du staff, dont Bruno Baronchelli ( entraîneur adjoint), Pauleta, Pierre-Fanfan, y participent. L´ancien Guingampais a l´impression d´être un accusé devant un tribunal. Le ton monte. Il s´en prend violemment à Baronchelli qu´il accuse de tout rapporter à Halilhodzic. Depuis quelques jours, Fiorèse fait circuler une pétition contre l´entraîneur adjoint. Dans la foulée, le meilleur passeur du club de la saison dernière est mis à pied cinq jours et est sanctionné financièrement. Au club, on pense que Fiorèse, qui traverse une passe difficile dans sa vie privée, a craqué et qu´il a besoin d´un peu de repos. On s´étonne de ce comportement de la part d´un joueur qui a vu son contrat revalorisé et prolongé d´un an. Le 25 août, il ne pose pas sur la photo officielle et, le 29 août, il ne participe pas à la réception de Saint-Etienne ( 2-2).
A-t-il sciemment préparé son coup ? C´est l´avis des dirigeants parisiens et de certains joueurs comme M´Bami. Trois jours avant le match contre les Verts, un bruit selon lequel l´OM veut recruter Fiorèse revient aux oreilles des dirigeants de la capitale. Le soir du match, la rumeur prend de l´ampleur, mais Marseille ne se manifeste toujours pas. Le lendemain, l´effectif parisien se voit remettre les nouveaux véhicules Volvo au Parc. Préalablement à cette petite fête, Fiorèse, accompagné du capitaine Pierre-Fanfan, est convoqué dans le bureau de Francis Graille. Le joueur ne formule aucune excuse. Est-ce l´attitude à adopter quand on veut vraiment être réintégré ? Malgré tout, le président parisien lui signifie que sa mise à pied est ramenée de cinq à trois jours. Sur la pelouse, l´ex-banni, large sourire aux lèvres, retrouve ses partenaires et tombe dans leurs bras, comme si l´incident était clos. Il jure à M´Bami de n´avoir aucune proposition et être « 100 % parisien ».
Son départ est-il dû à l´intransigeance d´Halilhodzic ? L´entraîneur parisien a-t-il été vexé de l´accueil réservé à Fiorèse par ses partenaires ? S´est-il demandé si la conservation du frondeur dans l´effectif pouvait le mettre en difficulté dans un vestiaire risquant de se scinder entre les pro et les anti-Fiorèse ? Pas impossible. Mais, malgré ses doutes, Halilhodzic n´est pas encore résolu à se passer de son attaquant. D´autant que Pierre-Fanfan et Pauleta s´activent pour sauver leur partenaire. Ce lundi 30 août, dans la soirée, Christophe Bouchet appelle son homologue Francis Graille et lui annonce officiellement que Marseille souhaite l´engager. Sous forme de prêt dans un premier temps. Graille refuse. Parallèlement, les responsables parisiens cherchent à joindre le conseiller du joueur pour avoir une explication. En vain. Sochaux, au courant du coup de sang de Fiorèse, se positionne et propose un prêt payant. Mais Guy Lacombe, l´ancien entraîneur de Fiorèse à Guingamp, qui l´a eu au téléphone, abandonne devant son refus de le rejoindre dans le Doubs.
31 août, 23 h 45 : les deux clubs tombent d´accord. Fiorèse dit avoir eu son premier contact avec José Anigo, le lundi 30 août, à 21 h 15. Les premières discussions remontent, en fait, à presque une semaine. « Marseille et Fiorèse étaient en pourparlers depuis plusieurs jours », confirme un agent de joueurs, qui travaille régulièrement avec le club marseillais. Déhu a servi d´intermédiaire. Le tout a été managé à distance par Ranko Stojic et Richard Bettoni, les agents des deux anciens compères parisiens.
Dans le courant de l´après-midi du mardi 31, les négociations s´accélèrent. Halilhodzic s´est résolu à le vendre, persuadé qu´il allait « pourrir » son groupe. Les discussions sont délicates. A 23 h 45, les deux clubs tombent d´accord pour environ 3,4 millions d´euros. D´un point de vue financier, les dirigeants parisiens n´ont voulu prendre aucun risque. Car si le divorce s´était confirmé, la valeur du joueur aurait dégringolé en quelques mois.
A Marseille, Fiorèse s´engage pour quatre ans et déclare : « L´OM, j´en rêvais. » Dès sa première entrevue avec Christophe Bouchet, il majore volontairement son salaire parisien pour obtenir une augmentation. Manque de chance, Bouchet est ami avec Graille et l´appelle immédiatement pour vérifier l´information. Il aura finalement le même salaire qu´à Paris : 90 000 € brut par mois.
Fiorèse met de l´huile sur le feu. Malgré la réussite de son coup monté, Fiorèse n´a pas su faire profil bas par la suite. Ses déclarations ont profondément choqué. Surtout lorsqu´il a déclaré, sur une radio, que le PSG était « une secte et qu´il avait trouvé une famille à Marseille ». Des propos difficiles à entendre pour la femme de Francis Graille, qui avait proposé son aide au joueur parisien, après la naissance prématurée de sa petite fille en début d´année.
Un dirigeant parisien conclut : « Cette affaire a laissé des traces. Tous les deux jours, on en reparle. »