Penser à la différence de buts
Si les Bleus lèvent rapidement cette inconnue, alors même un nul, et plus encore une défaite, deviendrait aussi improbable qu´impardonnable. Bien sûr, les exemples de contre-performances ne manquent pas. Pas plus tard que samedi, le Liechtenstein tenait en échec le Portugal ( 2-2), un mois après la défaite de la Grèce championne d´Europe en Albanie ( 2-1). Inimaginable il y a 24 ans, quand la France allait gagner... 7-0 à Chypre. Depuis le curieux Australie-France de 2001 ( 2-1 avec une équipe-bis au coup d´envoi), la sélection française a été épargnée par ce genre de « blague » - titre d´un journal portugais, lundi - et doit perpétuer cette bonne habitude. En plus, Chypre a failli perdre samedi face aux Iles Féroé ( 2-2), ce qui en dit long sur son niveau actuel et la crainte qu´elle peut inspirer. « Chaque match a sa vérité, tempère Domenech, interrogé sur son indice de tolérance face à l´hypothèse d´un nul. Il faut gagner, on y va pour ça, mais on fera les constats à la fin. Je ne sais pas ce qui se passera pendant le match ! En revanche, j´imagine ce qui peut se passer après », glisse-t-il avec le sourire.
Avec Zidane et Thuram, la France de Santini avait souffert le martyre, au même endroit, il y a deux ans, pour lancer sa campagne vers l´Euro 2004 ( 2-1). Les rescapés - Silvestre, Vieira, Wiltord et Cissé étaient titulaires - se souviennent que le match avait basculé sur des exploits individuels, venus compenser une effroyable fébrilité collective. Ce souvenir inciterait presque à ne pas mettre l´accent sur ce qui pourrait être la grande idée du soir : soigner la différence de buts. Pour avoir petitement battu les Féroé, la France, troisième, se trouve du mauvais côté de la ligne au classement. Dans un groupe où tous les favoris se sont neutralisés jusqu´ici, ce facteur pourrait avoir son importance au moment du décompte final. Il n´y a plus de petites équipes, soit, mais certaines, dont Chypre, sont plus vulnérables que d´autres. L´enjeu vaut une totale application : une victoire, surtout si elle est confortable, offrirait cinq mois et demi de tranquillité à tout le monde, avec deux matches amicaux pour retrouver du coffre avant de recevoir la Suisse, le 26 mars. Sinon, il n´est pas que dit que tous les Bleus d´aujourd´hui partent avec un a priori favorable quand il s´agira de revenir au Stade de France.