Foot - ESP : Aragones et le « nègre » d´Arsenal
Le nouveau sélectionneur espagnol Luis Aragones a commis une faute qui risque de lui coûter cher, mercredi au cours d´un entraînement de son équipe. Ignorant ou oubliant qu´il était filmé, il a cru bon d´encourager Antonio Reyes, son jeune attaquant évoluant à Arsenal, par des mots teintés d´un racisme sans nuance à l´égard, apparemment, de Thierry Henry : « Reyes ! Vous voyez clair ! Dites de ma part à la merde de nègre qui joue à vos côtés à Arsenal que vous êtes meilleur que lui ! ».
Cette déclaration grotesque a valu au successeur de Saez une réaction outrée de Robert Pires, jeudi. L´équipier de Henry estime qu´il faut le poursuivre en justice. « Il faut attaquer ce Monsieur pour propos racistes. Il ne doit pas s´en sortir comme ça. Ce qu´il a dit n´est pas drôle du tout ». Aragones, 66 ans, avait cru s´en sortir en parlant d´une « plaisanterie ». Sur Radio Marca, il a nié avoir visé Thierry Henry, mercredi soir.
L´affaire fait déjà grand bruit en Angleterre, où l´ancien entraîneur Ron Atkinson a dû quitter son poste de consultant sur une grande chaîne, en avril dernier, après avoir tenu des mots comparables à l´égard de Marcel Desailly après un match de Chelsea, pensant que ses micros étaient débranchés. En Espagne en revanche, seul le quotidien " As" s´est désolidarisé du sélectionneur, les autres se rangeant à la version officielle avec une complaisance déconcertante.
Un éditorial signé Alfredo Relano dans " As" disait seulement ceci : « Je sais que Luis ( Aragones) n´est pas raciste. Mais personne ne devrait jamais employer ces mots. Il ne les a pas employés pour blesser, mais ce langage obscène et daté ( sic) lui pose, nous pose, un problème. Parler de cette façon n´est pas approprié, en privé comme en public, que les caméras soient branchées ou pas. »