L´OM entre dans la légende
Six coupes d’Europe dont quatre des clubs champions, et un tour final de Champion’s League, sans défaite. Le Milan AC arrivait à Munich avec une réputation en or massif. En face, l’OM portait en lui, les espoirs de tout un pays qui n’avait jamais pu accoucher d’un vainqueur européen, malgré les exploits de Reims dans les années 50, des « Verts » et de Bastia. Trente sept ans d’attente ! Annoncée comme inférieure sur le plan tactique et technique, l’équipe marseillaise avait dans ses bagages les armes d’un véritable esprit commando, soudé d’une tactique habile basée sur la solidarité collective, à toute épreuve.
Dès le coup d’envoi d’ailleurs, le ton est donné ! le défi sera physique, impitoyable. Ne pas se laisser impressionner, tacler vite et fort, rendre coup pour coup, refouler toute les idées reçues sur les doutes et toutes sensations de peur.
Conquérants, les Italiens sont fidèles à leur réputation et se créent pas moins de cinq occasions en une trentaine de minutes. Des banderilles qui dont mal, premiers jalons d’une mort annoncée. Sans nul doute, c’est au cours des vingt premières minutes que Milan aurait pu faire basculer la rencontre. Van Basten centre au second poteau pour la tête de Massaro dont la tête effleure le poteau de Barthez ( 6e). Dans la même minute, Völler se retrouve seul devant Rossi, qui renvoie dans les pieds de Boksic. Maldini ensuite, de la tête inquiète le jeune gardien marseillais ( 13e), qui sauve son camp quatre minutes plus tard à deux reprises sur un tir en pivot de Van Basten et sur une reprise de Massaro ( 17e). Pour l’OM, il s’agit de tenir jusqu’à la pause et de se contenter de quelques incursions dans le camp « Rossoneri » et de ballons arrêtés providentiels, comme ce coup de tête de la 44e minute. Abedi Pelé réussit un débordement, la défense milanaise concède le corner. C’est là que Basile Boli s’envole, devance Rijkaard et Baresi, et qu’il marque un but historique pour le football français.
Peu habitué à être mené au tableau d’affichage, blessé par cet assassinat de lèse-majesté, le Milan AC ne peut se ressaisir en seconde période, et laisse le doute s’installer. L’arrivée de Jean-Pierre Papin n’y fera rien. La mécanique fragile des artistes transalpins est grippée, manque d’huile. Et dans la tribune officielle, Silvio Berlusconi, comme son équipe de milliardaires, tremble sur son siège. Il ne brandira pas son troisième trophée après celui de 1989 et 1990. Pour l’OM de Bernard Tapie, le cauchemar de Bari en 1991, est terminé, oublié !
Fiche du Match:
Finale de la Champions League
Munich, Stade Olympique
OM bat Milan AC 1-0 ( 1-0)
67 000 spectateurs
Arbitrage de M. Röthlisberger ( Sui)
But : Boli ( 44e) pour l’OM
OM : Barthez - Eydelie, Desailly, Boli, Angloma ( puis Durand, 62e), Di Meco - Deschamps, Sauzée - Pelé, Boksic, Völler ( puis Thomas, 79e). Ent. : R. GOETHALS
Milan AC : Rossi - Tassotti, Costacurta, Baresi, Maldini - Donadoni ( puis Papin, 58e), Rijkaard, Albertini, Lentini - Van Basten ( puis Eranio, 86e), Massaro. Ent. : F. CAPELLO
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