En lisant la presse sportive de mardi matin, on a bien cru qu’une révolution anti-Domenech couvait à Clairefontaine. Pour une sombre histoire de règlement intérieur mal accepté, certains Bleus « conspireraient » contre le sélectionneur. A entendre les acteurs, il n’y a pourtant pas le feu aux poudres.
A en croire certaines lignes généralement bien informées, il y a déjà le feu dans la maison bleue. Pour une sombre histoire de règlement intérieur imposant par exemple le port des protège-tibias à l’entraînement ( fichtre), en passant par l’établissement d’un horaire de réveil ( ouhlala ! ) en passant par une limitation du téléphone portable ( diantre ! ) ou par la mise en place de séances d’évaluation publique ( re-diantre ! ), certains cadres des Bleus seraient sur le point de mener une fronde contre le nouveau sélectionneur, certains menaçant même de quitter l’équipe de France. « Ce sont des futilités », a annoncé sans panique apparente Raymond Domenech, sans doute surpris par l’ampleur pris par l’instauration de règles de vie après tout pas si différente que celles mises en place par ses prédécesseurs. »
Et le sélectionneur de devoir s’expliquer sur ce sujet de dissertations surprise : « On a eu à Rennes des discussions sur les règles de vie commune. Il y a des choses qui se mettent en place, mais il n’y a pas un acte de dictature de ma part de ce côté-là. Ca ne se discute même pas, les joueurs l’ont pris comme ça. » Ces règles, Raymond Domenech les appliquaient déjà en Espoirs. L’écrasante majorité des Bleus qui saluait son arrivée à la tête de sa sélection, est passée entre ses mains. Benoît Pedretti ne voit même pas de différences avec ce que Domenech avait l’habitude de faire chez les Bleuets, constatant même que la discussion est plus facile avec l’ex joueur de Bordeaux. Et le Marseillais d’indiquer : « Tout ça, ce sont des détails. Les protège-tibias… Il y a des règles, il faut s’y tenir. On a négocié, les discussions n’ont pas été contestées en interne. »
De l’avis général, il n’y a donc pas de fumée qui s’échappe de la maison bleue. « Certains sont allergiques aux protège tibia, d’autres ont le portable greffé à l’oreille, certains ne se lèvent pas pour manger avec leur club, mais ici c’est l’équipe de France et tout le monde doit aller dans le même sens, avec pour objectif, la Coupe du Monde 2006. »Si certains joueurs semblent remontés, ce serait plutôt contre la presse, puisque quelques cadres, fâchés de certains articles ne veulent plus répondre aux questions des reporters : les Henry, Pires, Barthez laissent ainsi le flanc libre aux rumeurs les plus folles au lieu de simplement les écarter comme l’a fait mardi après-midi Patrick Vieira : « On retrouve le Domenech des Espoirs. Certaines choses écrites et parues ce matin n’ont aucun sens : l’objectif, c’est la Coupe du Monde 2006. » En se murant dans un pesant silence, ces « anciens » risquent de plus de se couper des supporters qui doivent certainement bien rire en lisant qu’ils ourdiraient une révolution pour des « futilités » pareilles.