Mon test de PES3
Depuis de nombreuses années déjà, la série phare de Konami est considérée par des millions de joueurs comme la référence en matière de simulation de foot sur consoles. Mais en termes de vente, c’est bel et bien FIFA qui s’est toujours largement imposé, attirant le joueur lambda par des avalanches de pubs, et par une profusion de licences, garantissant un nombre d’équipes ahurissant.
Mais le phénomène tend à s’inverser. Le foot-spectacle de la série d’EA Sports perd des points chaque année, et les joueurs se mettent à rechercher des sensations nouvelles, ils ne veulent plus simplement être au cœur du stade…ils veulent être sur le terrain, jouer.
Après la perfection des derniers ISS Pro sur PSone, la transition vers le 128 bits ne s’est pas fait sans heurts. On a même pu parler d’un PES2 trop « arcade »… Un comble !
Pour ce troisième opus sur PlayStation 2, Konami a donc remanié sa formule. Nouveau moteur graphique, animations plus détaillées que jamais, IA des gardiens améliorée ( mais toujours pas parfaite ! )… Les améliorations sont légion.
Cependant, impossible de souligner l’absence d’une licence ultime… Certes, six clubs prestigieux tels que le Milan AC ou la Juve sont totalement licenciés, des vrais noms des joueurs aux maillots bourrés de pub, mais c’est bien insuffisant, surtout lorsqu’on voit que les sélections allemandes et hollandaises ont des noms tronqués… A ce propos, on remarque que le très stylé Edgar Davids –notamment- apparaît doublement, une fois avec son vrai nom sous la Juventus, et une autre fois sous le pseudo Darit, avec des stats différentes et un physique légèrement retouché. Etrange.
Et puisqu’on en est au chapitre des défauts récurrents de la série, soulignons la nullité des commentaires, assurés par Cyril Linette ( qui a tout de même bien progressé par rapport au second volet) assisté de Stéphane Guivarc’h, qui, lui, est aussi convaincant avec un micro qu’à la pointe de l’Equipe de France… Un petit conseil : activez les commentaires anglais, bien moins soporifiques.
Mais finalement, tout ça n’a pas vraiment d’importance… Un match suffit pour être plongé au cœur de l’action. L’IA des adversaires et des coéquipiers a été grandement améliorée, et un mot d’ordre règne tout le long d’un match : construire ! Passer toute une défense en revue avec un seul et même joueur n’est possible que s’il possède de très bonnes stats : bref, ce n’est pas la bonne solution.
Balle au pied, vous pouvez tout faire, ou presque. De la passe lobée au tir enroulé, en passant par les coups du sombrero et les crochets dévastateurs, vous êtes maîtres du jeu ! Attention cependant, le choix du joueur a une importance cruciale. Inutile d’essayer une frappe de 30m avec Llacer, celle-ci aurait toutes ses chances de se retrouver dans les tribunes, bien loin des cages… De même, certains joueurs ont leur spécialité, tels Mihajlovic au coup franc, Roberto Carlos aux accélérations meurtrières et à la frappe de mule… Pas grand chose à reprocher sur ce point. Si ce n’est peut-être la facilité qu’ont certains défenseurs de Pétahouchnok à rattraper un Thierry Henry qui file au but… Agaçant ! De même, les passes en profondeur ont tendance à filer droit vers les gardiens, qui ont d’ailleurs une IA bien supérieure au précédent opus, mais qui est encore loin d’être parfaite: les voir relâcher ou seulement détourner des ballons « faciles » est trop fréquent pour être vraiment crédible, et un bug leur fait garder la balle au pied pendant quelques longues secondes… Dangereux et la encore, franchement agaçant.
Autre défaut majeur, sans nulle doute LE plus important, l’arbitrage. On attendait beaucoup de l’apparition des « laisser-jouer », en guise d’avantage. Au final, ce mode est –9 fois sur 10- si mal géré qu’on en regrette son invention ! Vous avez la balle, vous êtes violemment taclé, mais un de vos coéquipiers est sur le point de reprendre la balle… l’arbitre ne dit donc rien. Au final il n’y aura ni carton pour le tacleur, ni coup franc, et votre coéquipier est devancé et perd la balle… Et que dire des fautes de mains, une véritable aberration ! Combien d’actions sont interrompues à cause d’un joueur géré par l’IA qui ne se replace pas à temps…
Bien sur, il existe différents arbitres, ayant tous leur caractère propre, mais ces problèmes reviennent souvent.
D’ailleurs cet arbitre, on aurait bien voulu le voir ailleurs que dans les mini cut-scènes. Tout comme des remplaçants sur les bancs de touche auraient été les bienvenus ! Les matches souffrent de ce manque de vie. Les supporters sont trop discrets et leurs chants répétitifs. Les seuls vrais points positifs sont les feux de Bengale, bien rendus, et l’intervention du speaker sur les remplacements. C’est bien maigre toutefois…
Côté mode de jeu, on retrouve outre les matches amicaux, les divers tournois et le mode entraînement très bien fichu ( mais aussi très ardu), la traditionnelle Ligue des Masters.
Décomposée en quatre championnats, et avec des compétitions plagiant allègrement Ligue des Champions et Coupe UEFA, elle assure une longue durée de vie au titre. Néanmoins, on finit par tourner en rond et composer une équipe remplie de stars finit par ne plus être amusant. Heureusement que l’acquisition des joueurs prometteurs permet d’ajouter un peu de piment à la compétition !
Le menu éditer est assez complet et permet de customiser joueurs et équipes comme bon vous semble. Enfin, on note l’apparition du magasin PES, dans lequel vous pourrez débloquer joueurs et équipes classiques, nouveaux stades, nouveaux entraînements… grâce aux points que vous récolterez au fil des matches.
Mais la grande force de PES réside dans son mode multijoueur, en effet exploser ses potes et apprendre de nouvelles techniques est franchement passionnant, et y passer des journées entières, voire des nuits, est un passage obligé !
Bref, Pro Evolution Soccer 3 est sans conteste ce qui se fait de mieux en matière de simulation de football à l’heure actuelle. Malgré quelques défauts handicapants, l’ensemble est tellement génial qu’on ne peut que lui pardonner. A l’heure où PES4 ne semble plus très loin de réunir une nouvelle fois les foules, PES3 reste une valeur sûre. Disponible en version Platinum à 30€, n’importe quel amoureux de ballon rond peut se laisser tenter. We are a football tribe !
Esthétique: 16 / 20
Menus relativement clairs, joueurs bien modélisés pour la plupart, et stades magnifiques ! Seul la modélisation du public laisse à désirer.
Son : 13 / 20
Commentaires pourris, musique des menus gentillettes, et ambiance dans les stades pas très bien rendue, et pas très variée.
Durée de vie : 19 / 20
Sans potes, on fait vite le tour des compétitions, mais on y revient fréquemment et sans se faire prier ! En multi, infinie… jusqu’à PES4 !
Maniabilité : 20 / 20
Intuitive, on prend ses marques facilement, et on se surprend même à oser des combinaisons farfelues, en bref, excellent !
¤ Qualités : La maniabilité, les sensations de jeu, l’impression « d’y être ».
¤ Défauts : Les commentaires, l’absence de licences, l’arbitrage contestable.