La peur du vide. Inexistant et impuissant quatre-vingt-dix minutes durant dans un Stade olympique de Munich glacial, Arsenal, distancé en Premier League et malmené en Cup, vacille à l´issue du premier acte d´un huitième de finale face au Bayern où Henry et les siens entrevoient le gouffre d´une saison sans trophée...
Face à ce Bayern façonné à la rigueur de Felix Magath, les Gunners vivaient une entame de match catastrophique. Dominés dans chaque secteur de jeu, abandonnant duel sur duel, les joueurs d´Arsène Wenger, contraint d´aligner une charnière Cygan-Touré sans grands repères en l´absence de la poutre Sol Campbell, se retrouvent réduits à un rôle de sparring-partner. Patrick Vieira, chef de file d´une colonie française forte de cinq, puis six éléments ( Henry, Pires, Clichy, Cygan, Flamini), ne peut alors que constater l´étendue des dégâts.
Le cauchemar de Lehmann
Concrétisés au tableau d´affichage par cet avantage pris par les Bavarois dès le coup d´envoi ou presque suite à ce long dégagement d´Oliver Kahn sur lequel Touré, d´une tête maladroite en retrait, lançait idéalement Claudio Pizarro. Le Péruvien se présentait seul face à Jens Lehmann à la hauteur de son défenseur central ivoirien ( 1-0, 3e). A l´autre extrémité du terrain, Oliver Kahn, l´ennemi intime de Lehmann, pouvait exulter...
La réaction d´Arsenal? Si le Bayern, plus solide que jamais, abandonnait la direction du jeu à son adversaire, les Gunners étalaient un monopole du jeu stérile sans jamais se montrer capable de solliciter Thierry Henry dans de bonnes conditions. Une frappe contrée sans danger pour Oliver Kahn, œuvre du jeune Gaël Clichy, résumait à elle seule la pression anglaise sur le but adverse. Tristes Gunners!
Et Kahn pouvait savourer la terrible soirée vécue par son rival de la National Mannschaft. Un quart d´heure à peine était passé en seconde période que Lehmann s´avouait une nouvelle fois vaincu sur ce coup-franc de Mehmet Scholl, qui, pour son premier ballon, trouvait la tête de Pizarro pour le doublé du Sud-Américain ( 2-0, 58e), pas mécontent pour un soir de voler la vedette à Makaay. Le cauchemar des Gunners s´amplifiait six minutes plus tard quand Pizarro décalait Frings dont le centre trouvait, non pas Lehmann bien trop court sur sa sortie, mais Salihamidzic dont la reprise faisait mouche au second poteau ( 3-0, 64e).
Décisif comme Vieira
Sous les yeux d´un Jurgen Klinsmann qui aura apprécié la performance de son gardien, le portier allemand sombrait en même temps que sa défense, à deux doigts de concéder un quatrième but sur une tentative de Torsten Frings ( 67e).Mardi, en Bavière, Arsenal, loin de sa récente splendeur et de cette série implacable de 49 matches sans défaite en Premier League, a touché le fond. Ou presque...
Un ultime raid rageur de Patrick Vieira, irréprochable, dont la tentative butait sur le poteau d´un Oliver Kahn battu, laissait l´occasion à Kolo Touré de réduire la marque et surtout de relancer totalement la face de ce huitième de finale.