Ligue 1/ Tensions sur le Rocher
Monaco - Rennes
Monaco DE NOTRE CORRESPONDANT
A MONACO, les temps sont durs. A 13 points de Lyon, les hommes de Didier Deschamps sont condamnés à vaincre Rennes ce soir.
Derrière un discours officiel policé suintent des tensions nouvellement déclarées.
Deschamps a beau éclipser le sujet, la façon dont il a hier abrégé sa conférence de presse - au moment où commençaient à être évoqués les problèmes actuels de sa formation - ne trompe pas.
Il est sous pression. « Mon message ? On verra demain s´il passe, lâche-t-il en tapant ses mains sur ses cuisses et en quittant sa place. J´espère qu´il passera. » « Je ne suis pas découragé, avait-il dit juste avant. Je suis là pour avoir des résultats et, quand je perds, la défaite m´emmerde toujours autant. »
Les objectifs revus à la baisse Avec 7 points pris en neuf matchs, des dents commencent d´ailleurs à grincer au sein de la direction.
Le passage du président Pastor au centre de la Turbie le 8 novembre dernier n´y a rien fait.
Pas plus que sa venue en compagnie du prince Albert quatre jours plus tard ou que sa promesse de doubler les primes de victoires.
Monaco va mal. Ce que le succès contre Liverpool cache en partie ( 1-0). Les objectifs ont récemment été revus à la baisse.
A la trêve, Monaco doit être qualifié en Ligue des champions et dans les quatre premiers en championnat.
Le groupe saura-t-il tenir ses engagements ? Car aujourd´hui remontent à la surface des faits oubliés depuis trois saisons, des signes annonciateurs d´une ambiance tendue.
D´abord, de nombreux joueurs blessés rechutent. Les pépins musculaires s´accumulent.
Ceux, chroniques, de Nonda, Plasil ou Bernardi intriguent.
Le staff médical commence à être pointé du doigt et certains consultent ailleurs.
Ensuite, des clans sont en train de se former. Si chacun avoue bien vivre avec ses coéquipiers, des tensions ont récemment vu le jour entre joueurs.
Quarante-huit heures avant le déplacement à Toulouse ( 0-0), Deschamps a même dû stopper l´entraînement après un incident entre deux Monégasques.
Il a ensuite convoqué dans son bureau l´un, puis l´autre, pour une mise au point.
L´euphorie de la saison dernière est retombée comme un soufflet. Les hommes influents, tels Roma, Rodriguez, Bernardi ou Nonda, sont blessés, donc moins présents. Certaines recrues, tel Kallon, semblent ailleurs.
D´autres comme Chevanton ou Saviola s´impliquent avec parcimonie. Restent quelques anciens, comme Givet, Squillaci ou Evra, pour garder la foi et booster tout un club. C´est bien peu devant l´importance de la rencontre de ce soir.
MONACO, LE 22 NOVEMBRE. Didier Deschamps se pose de nombreuses questions. ( AP/LIONEL CIRONNEAU.)
Christophe Belleudi
Le Parisien , vendredi 03 décembre 2004
monaco n´est plus ce qu´il etait