Monaco dans le rouge
14 septembre 2004 - Aurélien CANOT
Contre des Reds bien organisés et dominateurs, les Monégasques, dans un mauvais jour, ont vite subi le match. Après la sortie de Djibril Cissé, auteur du premier but, c’est son remplaçant Milan Baros qui est venu mettre définitivement KO l’ASM. A voir aussi, le film du match.
Dans les coulisses d’Anfield
- La dernière confrontation entre les Reds et une équipe française restait un mauvais souvenir pour le club de Liverpool. Opposés à l’Olympique de Marseille ( futur finaliste de l’épreuve) en huitièmes de finale, les Anglais avaient été tenus en échec 1-1 à Anfield, avant de se faire éliminer au retour sur la pelouse du Vélodrome sur le score de 2 buts à 1.
- Jamais Monaco ne s’était incliné de toute son histoire sur la pelouse d’un club anglais en Coupe d’Europe. La situation s’était produite à quatre reprises et l’ASM l’avait emporté à Leeds et Newcastle. De Manchester et Chelsea, les Monégasques étaient revenus avec deux matchs nuls.
- Cela fait maintenant 20 ans que les Reds de Liverpool, qui disputaient mercredi leur centième match dans cette épreuve, n’ont plus remporté cette C1. A l’époque, cette épreuve, aujourd’hui baptisée Ligue des Champions, se nommait la Coupe d’Europe des clubs champions et avait été remportée quatre fois ( 1977, 1978, 1981 et 1984) par le club où a longtemps évolué Kevin Keegan.
- Ce match entre Liverpool et Monaco constituait notamment l’occasion de retrouvailles entre Djibril Cissé et Gaël Givet, tous deux membres de l’équipe de France de Raymond Domenech. Les deux hommes se connaissent depuis leur plus petite enfance, à l’époque où ils portaient tous deux le maillot de l’AC Arles. Tous deux sont nés à Arles avant de voir par la suite leurs routes se séparer.
Les faits du match
23eme minute ( 1-0)
Magnifique combinaison à une touche de balle en triangle entre Luis Garcia, Gerrard et Djibril Cissé, servi parfaitement dans l’espace à la limite du hors jeu par son capitaine. Le Français ne se pose pas de questions et fusille Roma à bout portant d’une frappe surpuissante pour ouvrir le score.
45eme minute
Les Reds accélèrent le jeu. Gerrard, servi dans une position légèrement excentrée sur la droite du terrain à une trentaine de mètres du but de Roma, adresse une transversale au second poteau pour Luis Garcia. Après le rebond, l’Espagnol reprend le ballon de la tête. Le gardien monégasque dévie cette balle cadrée qui prenait la direction de son petit filet droit.
58eme minute
Une-deux subtilement joué entre Kewell et Luis Garcia, le long de la ligne de touche côté gauche. L’Australien lance Cissé dans le dos de la défense monégasque. Le buteur français tergiverse un peu et voit sa frappe détournée par Flavio Roma, bien sorti.
84eme minute ( 2-0)
Depuis sa propre moitié de terrain, Gerrard trouve Baros dans la surface, dos au but. Après un contrôle pas évident, le Tchèque se retourne accélère, mystifie Squillaci d’un crochet extérieur et, après une feinte de frappe, trompe Roma à bout portant dans un angle fermé.
Jeu et joueurs
Le jeu
Même si le soutien du public d’Anfield n’a pas été aussi impressionnant que l’on aurait pu s’y attendre, les joueurs de Liverpool ont pris les choses en main dès le coup d’envoi. Après une dizaine de minutes, les Reds faisaient même déjà le siège de la moitié de terrain de monégasque. Menés au score avant la demie-heure de jeu, après qu’un énième ballon dans l’espace pour Cissé a permis au Français d’ouvrir le score, les hommes de Deschamps, bien maladroits à la relance, ont rendu encore beaucoup trop de ballons aux Anglais pour espérer rapidement égaliser. Pire, les Monégasques ont encaissé le but du KO en fin de match. Incapable de faire le jeu, Monaco n’a que rarement fait les bons choix en contre. Heureusement que la défense de l’ASM a à peu près tenu bon sur l’ensemble de la partie, sinon l’avance des Reds aurait été supérieure au final.
Liverpool
Rafael Benitez ne doit pas regretter de miser essentiellement cette saison sur une ossature faisant la part belle aux joueurs espagnols. Preuve en a été donnée face à Monaco, où JOSEMI, qui n’a pas vraiment été mis en danger ni à contribution, a fait la loi sur son couloir droit. XABI ALONSO, très appliqué dans ses interventions, n’a pas non plus éprouvé vraiment de difficultés pour pouvoir imposer son talent en milieu de terrain. Et que dire, à la baguette, d’un LUIS GARCIA qui, même s’il a manqué l’immanquable en fin de match, apporte énormément aux Reds par son aisance technique et sa vista balle au pied. CISSE, le premier, doit apprécier la qualité des ballons que ses partenaires, à l’instar également de KEWELL ou de GERRARD ( le capitaine de Liverpool, auteur d’une passe décisive, joue simple et bien), cherchent très régulièrement à lui livrer dans l’espace. Très souvent signalé en position de hors-jeu mercredi, l’ancien Auxerrois, avant de céder sa place à l’heure de jeu à BAROS ( buteur lui aussi), aura donné beaucoup de fil à retordre à ses défenseurs et inscrit son premier but en Ligue des Champions sur l’une de ses très peu nombreuses frappes. Le Français a été accompagné d’une Standing Ovation lors de sa sortie.
Les Monégasques
La solidité de Monaco était essentiellement défensive mercredi. En début de match essentiellement, les trois défenseurs centraux de l’ASM SQUILLACI, GIVET et RODRIGUEZ se sont beaucoup dépensés pour contrer les nombreuses initiatives offensives des Reds. Un travail qui a fait faire beaucoup d’efforts aux trois joueurs, exténués en fin de match. Les trois axiaux monégasques, qui ont presque parfaitement joué la ligne pour prendre Cissé au piège du hors-jeu, ont tenté, à tour de rôle de museler leur compatriote, mais cela n’a pas empêché ce dernier de trouver la faille. Rapidement remplacé après une médiocre entame de match, pas forcément rachetée ensuite par de mauvais choix de relance et de mauvais placements, EVRA ne sera jamais vraiment entré dans sa rencontre. A droite, MAICON a réussi par moment à se frayer un passage dans la défense anglaise, mais, lui aussi, a beaucoup souffert sur son côté droit. Dans les buts, on notera la vigilance de ROMA et, devant, le courage d’ADEBAYOR, qui n’a pourtant jamais été servi dans de bonnes conditions par P.FARNERUD ( passé à côté de son match) et n’a pas pu non plus bénéficier du soutien en attaque de KALLON. Le Sierra-Léonais n’avait manifestement pas la tête à ce qu’il faisait.
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