Artcile de l´equipe :
Monaco,
le grand meccano
L’équipe de Didier Deschamps a beaucoup évolué à l’intersaison.
Sera-t-elle prête dès ce mois d’août capital ?
MONACO –
de notre envoyé spécial
AVANT LES VERTS, la mise au vert. Les Monégasques seront plongés cet après-midi dans le chaudron de Geoffroy-Guichard mais ils résident depuis jeudi dans la région. À l’abri de la supposée agitation extérieure, en s’entraînant à huis clos comme ils l’ont aussi fait mercredi à La Turbie, les joueurs de Didier Deschamps ont pu gagner quelques heures de vie commune. Chaque instant de complicité glané est une nécessité pour un groupe fortement renouvelé, et qui voit déjà débouler le tour préliminaire de la Ligue des champions, dès mercredi à Nova Gorica, en Slovénie.
« C’est le moment d’être ensemble, d’apprendre à se connaître avec les nouveaux, assure Patrice Evra. On ne s’entraîne pas à huis clos pour embêter le monde. » Deschamps confirme : « On est parti au vert avant le premier match les deux dernières saisons et on continue logiquement. J’ai encore beaucoup d’interrogations à cette période de la saison. J’aimerais évidemment avoir plus de temps, mais on n’en a pas. »
À l’intersaison, beaucoup de choses ont changé à Monaco. Le président, Michel Pastor, qui a succédé à Pierre Svara. L’entourage proche de l’équipe, avec un nouveau staff médical peu loquace et un nouvel intendant. Le centre d’entraînement de La Turbie, où d’importants travaux ont enfin commencé. Et l’effectif, évidemment. Ibarra, É. Cissé, Morientes, Giuly, Rothen et Prso sont partis. Ces pertes et surtout celle d’un quatuor offensif d’exception auraient laissé groggy plus d’un club. Pas Monaco, où les recettes des transferts et les efforts financiers ont notamment permis d’attirer Maicon, Perez, Chevanton et Kallon, en attendant un autre « renfort offensif indispensable », dixit Deschamps, qu’il s’appelle Anelka ou Saviola.
Ces internationaux ont, soit raté le gros de la préparation foncière ( Kallon, Chevanton), soit débarqué fourbus par la Copa América ( Perez, Maicon). Selon leur entraîneur, ils sont néanmoins tous opérationnels. « Les Sud-Américains ont l’habitude d’enchaîner. Physiquement, ils sont peut-être même plus affûtés. Ces recrues sont des joueurs de grand talent, ambitieux et volontaires. On tablera d’abord sur leurs qualités individuelles et leur état d’esprit pour compenser le manque d’automatismes », poursuit Deschamps, conscient que son nom a permis de chiper Chevanton au Calcio : « S’il est ici, c’est parce que je suis là ».
Reste à intégrer ces arrivants à ce puzzle princier. AS Monaco ou AS Meccano ? Son organisation tactique est chamboulée. Deschamps a testé le plus souvent un 3-4-1-2 ( *) : « On aura un autre visage et une animation différente en raison de la spécificité des renforts. On cherche un équilibre, mais c’est sûr, il n’y aura plus deux milieux excentrés ! »
Evra : « Un chantier ?
Totalement faux ! »
Appelé à jouer un rôle plus offensif dans le couloir gauche, Evra s’en réjouit. « On trouve peu à peu nos repères, mais si je reste à cette place, le coach sait que j’aurai le sourire jusqu’à la fin de la saison ! Evidemment, il ne veut pas que je fasse l’Indien jusqu’au poteau de corner… » Capitaine en l’absence de Rodriguez ( inflammation au genou) et Nonda ( déchirure à une cuisse), Gaël Givet aborde cette saison avec plus de responsabilités. « L’ossature défensive est la même, c’est une base intéressante mais comme de nombreux joueurs emblématiques sont partis, on nous demandera sans doute plus, à nous de tirer l’équipe vers le haut. Voir autant de changements à La Turbie, c’est sympa, ça ne me dérange pas. Les nouveaux s’intègrent bien, on les chambre, comme Chevanton, qui m’a l’air un peu fou fou… » Un rival pour Adebayor ?
En pleine restructuration administrative, en chantier à La Turbie, Monaco innove donc aussi sur le terrain, tout en se sachant très attendu. « C’est la rançon de la gloire, sourit Deschamps, détendu. Ce serait fabuleux de retrouver la Ligue des champions, nos ambitions sont toujours très hautes, mais pour l’instant nous ne sommes pas suffisamment armés offensivement et on cherche l’homogénéité sur le plan physique. Le club bout, mais de là à parler de chantier ou de reconstruction… Seules les équipes qui n’ont rien changé peuvent se dire prêtes. »
Evra referme lui aussi le dictionnaire des synonymes sur ces interrogations avec quelques formules tranchantes. « Un chantier ? C’est totalement faux ! Sur le papier, Monaco a de quoi faire peur, même sans Saviola ou Anelka. Kallon ? Il ne fait pas de bruit, mais attention à l’eau qui dort… Les nouveaux sont des guerriers, ils ont faim comme nous. Depuis deux saisons, on a redoré le blason du club. Maintenant, il faut écrire l’histoire ! » MC Patrice a parlé.