MONACO / JEROME ROTHEN :
« En France, je n’irai qu’à Paris »
30 mai 2004 - Aurélien CANOT
Retenu pour l’Euro, Jérôme Rothen aimerait être vite fixé sur son avenir. Le gaucher, que le PSG veut, rêve toujours autant de jouer à Paris, mais pense aussi à l’étranger. En tout cas, le Monégasque ne tiendra pas compte de la destinée de Didier Deschamps dans son choix.
Jérôme Rothen, la saison de Monaco s’est beaucoup moins bien terminée que prévu ?
C’est clair. Nous pouvions tout gagner, mais aussi tout perdre. A l’arrivée, nous avons tout perdu, mais ça n’efface en rien la saison exceptionnelle que nous avons faite en championnat et en Ligue des Champions. Avec l’effectif que nous avions, nous avons rivaliser au mieux dans les deux compétitions. C’est tout à notre honneur car nous avons tout donné, même si, nous avons eu un peu moins de réussite en championnat en fin de saison. Ce qui nous a coûté des points importants et le titre.
En Ligue des Champions, cette réussite, vous l’avez eue ?
Oui, contre le Real ou Chelsea, mais nous avons manqué de lucidité et de force mentale pour aller gagner la finale. Nous sommes tombés sur une grosse équipe de Porto. Vous ne pouvez pas tout miser sur une finale de Ligue des Champions, mais nous avons tous été tristes de perdre cette finale. Le bilan fait vraiment mal car nous n’avons pas inscrit de ligne à notre palmarès.
Cette finale a donné lieu à un scénario catastrophe pour Monaco ?
Nous n’avons pas fait le match que nous avions fait contre Chelsea ou le Real. Nous n’avons pas su nous libérer. Une finale se joue à peu de chose et nous avons eu du mal à gérer cette énorme pression. Il nous a manqué ce brin de folie que nous avions mis dans les tours précédents. Il ne faut pas non plus oublier la valeur de Porto. Ils ont su nous contrer au mieux. Le réalisme est la force des grandes équipes. De toute façon, sur le match que nous avons fait, nous ne méritions pas de gagner. C’est un échec, mais c’est déjà beau d’en être arrivé-là.
Etes-vous parvenu à vite digérer cette déception ?
Oui, car nous n’avons pas joué sur notre valeur. Même l’aspect technico-tactique a fait que nous étions moins bien dedans. Sur le coup, ça a été une grosse frustration, mais ça s’efface. D’autant que j’ai l’échéance de l’Euro derrière. La déception et la tristesse, je les laisse un peu de côté pour rebondir au mieux et, si nous avons la chance d’en jouer une autre, savoir nous libérer complètement. Ce que nous n’avons pas fait.
« Rien de tel que les grandes émotions dans une carrière »
En championnat, vous avez payé au prix fort ce parcours en Ligue des Champions ?
Les équipes qui réussissent ce genre de parcours sont de grosses équipes qui peuvent faire tourner plus facilement que nous cette année. Sur certains matchs, nous avons manqué de fraîcheur. Nous tenions la victoire et nous aurions dû la garder, comme contre Sochaux ou Nice, où nous avons fait des erreurs bêtes par manque de lucidité. C’était dû en grande partie aux matchs de Ligue des Champions que nous avions tous les quinze jours. Ca nous a coûté quelques points. Les trois quatre qui nous manquent pour être champion. Mais nous avons vécu de grosses sensations, de grandes émotions, et il n’y a rien de tel dans une carrière.
L’Euro va vous obligé à encore remettre le bleu de chauffe quelques semaines, avant de partir en vacances ?
Oui, mais c’était mon objectif personnel pour cette fin de saison. Je l’ai atteint. Maintenant, mon autre objectif est de participer aux rencontres, d’avoir un certain temps de jeu. Je mettrai tous les atouts de mon côté pour ça. Je vais tout donner pendant encore un bon mois et, ensuite, j’espère que j’aurai quinze jours de vacances mérités. Avec, j’espère, avant ça un titre de champion d’Europe que je n’ai pas eu avec mon club, mais que j’espère avoir avec ma sélection.
Comment vous sentez-vous sur le plan physique après cette saison éprouvante ?
J’ai fait un gros début de saison, avant d’avoir une période de moins bien en janvier février où j’ai eu du mal à récupérer et où j’ai accusé un peu le coup. Depuis mars, j’ai refait vraiment de gros matchs, ce qui m’a permis de gagner ma sélection pour l’Euro. Quand tout se passe bien sur le terrain, vous récupérez plus facilement. Je vais à l’Euro, je vais mettre tout ce qui me reste, car il m’en reste encore pas mal. Ensuite, je couperai une quinzaine de jours. Pour le mental et l’organisme, ce sera obligé.
On parle de vous à l’Inter Milan et, surtout, au PSG la saison prochaine. Que pouvez vous nous dire là dessus ?
Pas beaucoup plus. Il y a des pourparlers entre mes dirigeants, encore dans le flou quant à l’avenir de l’entraîneur, et les dirigeants d’autres clubs. J’espère que ça va se régler au plus vite. Si je suis fixé rapidement, notamment avant le début de l’Euro, ça sera mieux pour tout le monde. Si ça met un peu plus de temps que prévu, je ferai abstraction de tout ça pour me concentrer sur cette compétition si importante à vivre dans une carrière. Si mon transfert ou le fait que je reste à Monaco ne doit se faire que dans trois semaines un mois, je mettrai ça de côté et je me concentrerai sur l’équipe de France.
« Si Deschamps avait signé à la Juve, il n’aurait rien cherché à comprendre »
Le PSG est-il toujours un club qui vous fait autant rêver ?
Oui, ça reste un club qui me fait envie car c’est le club dont j’étais supporter quand j’étais gamin. Depuis plusieurs années, je suis toujours attentivement les résultats du PSG. C’est un club attirant. C’est clair que si je dois partir de Monaco pour aller dans un club français, je n’airai nulle part ailleurs qu’à Paris. Après, si, pour diverses raisons, ça doit être l’étranger, ça sera l’étranger. Si je dois rester à Monaco, où il me reste deux ans de contrat, je le ferai. Je vais réfléchir à tout ça, mais c’est clair que Paris, ça me fait quelque chose.
Surtout que le PSG disputera la Ligue des Champions la saison prochaine, sans passer par le tour préliminaire ?
De toute façon, quand vous avez goûté à la Ligue des Champions, vous avez envie de la rejouer chaque année. Quand vous êtes jeune footballeur, vous ne rêver que d’une chose : vivre des matchs comme ça. J’ai eu la chance de les vivre cette année et j’espère les revivre tous les ans jusqu’à la fin de ma carrière. Si je dois changer de club, ça sera forcément pour un club qui joue la Ligue des Champions. Car c’est là que vous prenez vraiment un gros kif. C’est merveilleux de vivre des ambiances comme ça. Dans des gros stades comme le Parc des Princes ou les stades étrangers, ça serait encore plus fantastique.
Seriez-vous tenté de poursuivre l’aventure avec Didier Deschamps si jamais il restait entraîneur de Monaco ?
Non, je ne me vois pas du tout comme ça. Mon avenir n’est pas lié à celui de Didier Deschamps. Même s’il devait partir et moi rester à Monaco ou l’inverse, ce n’est pas ça qui influera mon choix. Nous avons tous des avenirs différents, le coach aussi. S’il avait signé à la Juve, il n’aurait pas cherché à comprendre si untel partait ou restait. Ca ne me regarde pas. Il fait ce qu’il veut. Et, moi, je fais ce que je veux.
Rothen: PSG ou étranger! Pas de Lyon! Non, Jean-Michel, tu ne l´auras pas! Ludo Giuly? Oh, tu sais, après l´avoir dégager comme un mal-propre y´a 6 ans, et avoir ouvertement critiquer Monaco cette année, faut pas compter sur sa signature!!