Michel Pastor est ambitieux pour le club qu’il préside.
« On ne parlera que de foot. Mes affaires, ce sera une autre fois. »
Président de l’As Monaco depuis juillet dernier, Michel Pastor ne pratique pas le mélange des genres. Dans son bureau, il racontre son « ASM », ses « folles » ambitions et son immense fierté d’être le nouveau guide du navire monégasque.
Le début de saison est-il conforme à vos espérances ?
Ce n’est que du positif. On avait pourtant mal commencé avec tous ces blessés ( il les cite un par un). Mais aujourd’hui, je suis très heureux, les résultats sont au rendez-vous. On est sur la bonne voie.
Vous –même êtes parfois monté au créneau pour recadrer certaines choses…
( Il coupe) Je devais le faire. Je ne suis pas là pour subir. Mais en même temps je suis toujours resté confiant. Parce que je connais la qualité des joueurs et de l’entraîneur. Il fallait que la mayonnaise prenne. Nous sommes l’un des rares clubs à s’être qualifié deux fois de suite pour les 8ème de finale de la Ligue des Champions et nous sommes encore en lice sur quatre tableaux ( avant Caen).
Que pensez-vous de Didier Deschamps ?
Je suis ravi qu’il soit notre entraîneur et qu’il ait prolongé ( jusqu’en 2007). Nous nous entendons très bien. C’est un Monsieur du football.
Après Roma, Zikos, Bernardi, c’est au tour de Givet d’avoir prolongé à l’ASM. Un gage de l’avenir ?
Oui. De sérieux et de stabilité aussi. Parmi ces bons joueurs, certains viennent du centre de formation. Et plutôt que de les voir renforcer la concurrence, on a préféré les garder avec nous.
Pas l’ombre d’un regret pour le départ de Morientes à Liverpool ?
On ne voulait pas prendre un joueur non qualifié pour la C1. En plus, il était trop cher…
Quel type de président souhaitez-vous incarner ?
Quelqu’un d’impliquer, proche de ses joueurs et de son entraîneur. Je suis responsable de la partie sportive et administrative. Ma philosophie se résume à trois mots : rigueur, ambition et modération. Par exemple, à l’intersaison, on a su rester raisonnable en vendant pour 17 millions d’euros contre 21 d’achat.
Mais que pouvez-vous apporter à ce club ?
Déjà, je suis fier d’en être le président. Mais cela ne suffit pas. L’ambition doit venir du sommet donc de moi. On veut faire partie des plus grands clubs d’Europe. L’année dernière, on a été vice champion. Monaco doit encore aller plus haut. Si on passe les 8è de finale, tout sera possible. Et qui sait si on n’ira pas jusqu’au bout, cette fois.
Quelle est la situation exacte de l’ASM sur le plan financier ?
Elle est bonne. On tient notre budget, et on ne le dépassera plus. Les lendemains qui chantent dépendent surtout des résultats, je reste donc prudent. On verra en fin de saison si on doit prendre de nouvelles décisions.
Comme l’ouverture du capital de l’ASM à d’autres partenaires ?
( Ferme). Pour l’instant, il n’en est pas question. MFI détient 51% de l’ASM. Tout va bien. Aujourd’hui ce n’est pas une nouvelle page qui se tourne. On ne veut pas tout révolutionner, mais simplement avancer.
Qu’en est-il de l’expansion du club hors des frontières nationales ?
On est extrêmement sollicité, notamment par la Chine, pour plusieurs projets. L’idée d’une tournée estivale est intéressante, mais doit être compatible avec le calendrier et la santé des joueurs. On réfléchit également à d’autres partenariats ( le Bayern Munich) et à accroître notre savoir faire pour les boutiques, les supporters ou le merchandising. Il faut développer la marque ASM partout. On a un nouveau statut à défendre.
Avez-vous en tête des modèles ?
Arsenal, la Juventus et Manchester United m’inspirent. Mais on ne va pas les copier pour autant. Il faut garder notre personnalité.
Depuis votre arrivée à la tête du club, on n’évoque plus la fiscalité monégasque. Un hasard ?
Il y a une convention franco-monégasque qui s’applique. Je ne veux donc pas polémiquer avec certains à ce sujet. C’est un faux débat. Quand on est 15ème, on nous laisse tranquille. Mais dès qu’on est premier et qu’on titille l’ambition de quelques-uns, c’est une autre histoire.
Combien de temps comptez-vous rester à la tête du club ?
Quand on bâtit quelque chose, et je suis un bâtisseur, ce n’est pas pour prendre la poudre d’escampette à la moindre difficulté. Je ne suis pas près de partir. Je suis le capitaine du navire. Et en tant que tel, je ne vais pas laisser le bâtiment sombrer. Je l’amènerai à bon port. Et comme il n’y a pas de vent favorable à celui qui n’a pas de port…
Propos recueilli par René Zyserman [France-Soir]