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Coupe du monde 2.0.0.6
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Matchs prévus ce soir
1) ~~ Italie - Ukraine ~~
2) ~~ Argentine - Allemagne ~~
Présentation des matchs
Italie - Ukraine
Des affiches proposées en quarts de finale, Italie - Ukraine est à première vue la plus déséquilibrée entre le triple champion du monde (1934, 1938, 1982) et le nouveau venu en phase finale. Mais la Squadra Azzurra n´a pas flambé contre des équipes réputées plus faibles : accrochée par les Etats-Unis (1-1) et victorieuse sur le fil des Australiens en huitièmes (1-0), son parcours invite à la modestie face à des Ukrainiens qui apprennent vite. Malmenée d´entrée par l´Espagne (0-4), l´équipe de Blokhine n´a, en effet, plus concédé le moindre but dans ses trois matches suivants - Arabie Saoudite (4-0), Tunisie (1-0) et Suisse (0-0, 3 tab à 0). Les Italiens se souviendront aussi de la résistance ukrainienne en match de préparation, début juin, à Lausanne (0-0). Et les amateurs de spectacle prieront pour voir du jeu : entre le «cynisme» des Italiens (l´expression est du capitaine Fabio Cannavaro) et la prudence des Ukrainiens (voir le triste spectacle contre la Suisse), le match risque fort d´être verrouillé. Mais sait-on jamais ?
Une chose est sûre, ce deuxième quart mettra Andreï Chevtchenko face à des Transalpins qu´il connaît (et qui le connaissent) par coeur. Après sept saisons et 173 buts au Milan AC, le capitaine ukrainien retrouvera au moins trois joueurs du club lombard (Pirlo, Gattuso, Gilardino) qu´il vient de quitter. Mais le Ballon d´or 2004 est bien décidé à ne pas faire de sentiment : «J´ai passé sept merveilleuses années en Italie, mais maintenant je dois jouer le match le plus important de l´histoire de l´Ukraine» explique «Cheva» en espérant «créer la surprise», malgré l´absence à ses côtés de son habituel compère d´attaque Andreï Voronin (cuisse). Forfait lui aussi, Alessandro Nesta (adducteur) a prévenu son remplaçant en défense centrale, le palermitain Andrea Barzagli : «Pour arrêter Chevtchenko, il faut être à cent pour cent et être attentif pendant 90 minutes». Voire davantage en cas de prolongation, une hypothèse à laquelle les Ukrainiens se préparent : «On se tient prêt à jouer pendant cent vingt minutes» assure le défenseur Vladislav Vachtchouk. Et s´il y a tirs au but, l´excellent gardien Oleksandr Chovkovsky a l´expérience d´une première séance réussie face aux Suisses (deux arrêts décisifs).
Le drame de Gianluca Pessotto peut-il peser ?
Irrité par les critiques qui ont suivi la qualification laborieuse des Azzurri face à l´Australie (équipe défensive, vieux jeu et chanceuse), Marcello Lipi a contre-attaqué en louant l´«enthousiasme» des siens malgré «des millions de problèmes» dont la blessure de Totti, décisif sur penalty lundi et sans doute titulaire vendredi. Si le scandale des matches truqués (voir ci-contre) a été mis entre parenthèses dans le groupe, le drame de Gianluca Pessotto (voir ci-contre également) sera peut-être plus délicat à évacuer par certains. «Difficile de penser au football» reconnaissait Gianluigi Buffon, le gardien de la Nazionale. Gagner serait aussi une belle façon de rendre hommage à l´ancien joueur de la Juventus Turin.
Argentine - Allemagne
Des rires de Diego Maradona un soir de juin 1986 aux larmes du «Pibe de oro» en 1990, les matches entre l´Allemagne et l´Argentine ont, de tout temps, déchaîné les passions. L´image de Maradona pleurant sur le terrain, médaille du finaliste accrochée autour du cou, restera gravée dans les mémoires. La Mannschaft de Matthäus, Brehme, Völler, Klinsmann emmenée par Beckenbauer et auréolée d´une troisième étoile a longtemps servi d´exemple à la relève allemande. Ce n´est donc pas étonnant si pour beaucoup, le vainqueur d´Allemagne-Argentine en haut de tableau et de France-Brésil en bas a de forte chance de livrer le nom des futurs finalistes de cette dix-huitième Coupe du monde. C´est même d´ores et déjà une finale avant la lettre que ce duel entre le pays hôte, de plus en plus favori au regard de ses prestations depuis le début du tournoi, et une formation Albiceleste capable, sans faire offense au Brésil, d´offrir le plus beau football du Monde.
«Ganar, Gustar y Golear» (gagner, prendre du plaisir et marquer), telle est la devise des «Peker Boys». A en croire l´attaquant Javier Saviola, affronter la Mannschaft ne les fera pas déroger à leur dogme : L´attaque à tout va. «C´est notre meilleure arme. Nous sommes faits pour attaquer et pratiquer un jeu au sol. La plus grosse erreur que nous pourrions commettre, c´est de calculer». Les derniers matches ont effectivement donné raison à l´ancien joueur de Monaco et du FC Barcelone. Lorsque l´Argentine a oeuvré pour un «football total» face à la Serbie-et-Monténégro, le tableau d´affichage s´est emballé (6-0). En revanche, une Argentine plus attentiste a tremblé face au Mexique. Un but somptueux de Maxi Rodriguez dans la prolongation (2-1 a.p) lui a sauvé la mise et ouvert la porte des quarts. C´est aussi comme cela, en utilisant toutes ses options offensives, que l´Argentine trouvera son salut. Elle devra également éviter le combat physique et miser davantage sur la vivacité de ses petits gabarits, tout en conservant son jeu collectif. En cela, le premier quart d´heure promet une âpre lutte entre deux équipes habituées à ouvrir la marque très rapidement pour faire courir leurs adversaires après le score.
Une Allemagne sûre d´elle
«Engagement, agressivité et enthousiasme», tel est le credo de Jürgen Klinsmann et d´une équipe d´Allemagne dont Michael Ballack, Miroslav Klose et l´état d´esprit incarnent, selon un groupe d´étude technique de la FIFA chargé d´analyser les rencontres, les trois facteurs de réussite de l´équipe. Capable d´inscrire 40 % de ses buts dans le premier quart d´heure, elle n´en a encaissé que deux depuis son premier match face au Costa Rica (4-2). Une performance non négligeable pour une défense considérée comme son point faible. La ferveur populaire qui porte actuellement les 23 de Jürgen Klinsmann et les quatre-vingt deux millions d´Allemands qui auront les yeux braqués sur Ballack et consorts pourraient aussi faire pencher la balance. Mais pas forcément du côté que l´on croît. Car si le pays attend énormément de son équipe, la pression sera également sur ses épaules. Toujours est-il que l´Allemagne, qui n´a affronté que des équipes de moindre renommée jusqu´à maintenant, pourra enfin savoir ce qu´elle vaut et si elle peut être championne du monde pour la quatrième fois de son histoire. Lors de leurs dernières confrontations, Allemands et Argentins n´ont su se départager (2-2, match amical en février 2005, 2-2 lors de la Coupe des Confédérations en juin 2005). La dernière victoire allemande remonte à 1990. D´une manière générale, l´Allemagne ne s´est plus imposée face à une «grande nation» depuis octobre 2000 et un succès contre l´Angleterre (1-0). Pourtant, Franz Beckenbauer, qui a rendu visite aux siens en milieu de semaine, a «senti une ambiance propice à l´éclosion d´un champion du monde». La tendance serait-elle sur le point de s´inverser ?