- Fédération de Russie. Moscou. Salle de réunion*
Nemerov poussa un juron : Le liquide brunâtre et chaud, qui était sensé être son café, se répandit sur la table sans rencontrer d’obstacle. Par réflexe, il réussit à sauver ses dossiers, mais ne put s’écarter à temps de la table. Deux taches brunâtres ornaient désormais son pantalon à dix mille roubles.
« - .. Humph .. Il revenait juste du pressing .. » grommela le président russe
Le sourire aux lèvres, son ministre de la défense et ami, Ivan Andreyev, lui tendit un mouchoir avec lequel il s’empressa d’essuya la tâche et la table :
« - C’est votre femme qui va être contente. »
« - Elle sera déjà entrain de dormir quand je serais rentré.. » Pesta-t-il. « Pouvez -vous me rappeler pourquoi je me suis représenté à ce fichu poste ?» demanda Nemerov.
« - Peut être parce que vous adorez ça. » Suggéra Sergueï Berezovski, le ministre de l’intérieur russe.
« - Peut être aussi que vous avez accès ici à la meilleure vodka de russie. » renchérit Andreyev, moitié hilare.
« - Peut être bien. » Répondit le président russe, calmé. « Bon, reprenons : Sergueï ? »
« - A l’heure actuelle, nous ignorons toujours ce que sous entendent les dirigeants d’Isalmiyah par ses menaces envers Israël, mais nous les prenons très aux sérieux : Nous avons des agents du FSB sur place mais ils ne sont pas assez proches des centres du pouvoir pour nous informer efficacement : Nous sommes bien loin de l’efficacité de la CIA .. Et tenter le diable ne ferait que signer leur arrêt de mort. » crut bon de préciser le ministre de l’intérieur.
« - Bon, que nos agents continuent leur travail sans prendre de risques inconsidérés.. Revenons à la Ligue Arabe : Ivan, Des nouvelles de notre camarade Mikhaïl ? »
« - Et bien, aussi étrange que cela puisse paraître, il semblerait que les relations entre les EAU et l’Oman se soient à nouveau dégradés, surtout depuis que l’Oman s’est remise sous tutelle britannique. Un acte bien étrange de la part du sultan Ibn Saïd Boos par ailleurs.. Quoi qu’il en soit, les photos satellites montrent que les armées des deux pays ont eut un regain d’activités inquiétant et surtout au niveau de leur frontière commune .. »
« - Un conflit est-il possible ? » Demanda Sergueî.
« - C’est probable. Mais les EAU, bien que plus puissant militairement que son voisin, auraient beaucoup à y perdre car l‘Oman aurait le soutien des Britanniques et de la France. D‘ailleurs des bâtiments français croisent dans l‘océan indien et pourraient intervenir très vite.»
Nemerov se plongea dans ses réflexions, les mains croisés au-dessus de la table de réunion : La situation échappait à tout contrôle. Si ce conflit éclatait, il risquait d’embraser toute la région, surtout si d’autres pays prenaient position. De plus, les intentions de l’Oman étaient troubles : D’abord ils demandaient avec les EAU le soutien de la Russie, et maintenant l‘Oman s‘était remis sous tutelle britannique. Tout cela était absurde et en désaccord avec le rapport que son ministre des affaires étrangères avaient fait sur les dirigeants des EAU et de L’Oman.
Le président Némerov reprit la parole :
« - Sergueï, contactez Drianovitch et demandez lui de revenir en Russie le plutôt possible. Ivan, intensifiez l’entraînement de notre Armée, augmentez la fréquence des exercices à munitions réelles et prévoyez de nouvelles manœuvres à grande échelle. Il faut également augmenter notre présence dans l’Océan Indien : Contactez l’Amiral Kabalevsky pour qu’il envoie des unités navales en renfort et qu‘il me donne son avis sur la situation, contactez également le général Gurlukovitch de façon à ce que les forces de Grozny Grad soient prêtes à tout moment… Ce sera tout pour l‘instant.. »
Nemerov fit mine de se lever mais Sergueï lui demanda :
« - Vous n’oubliez pas quelque chose, Monsieur le président. ?»
Le président Russe s’interrompit et arqua un sourcil :
« - Quoi donc ? »
Le ministre de l’intérieur pointa du doigt le pantalon de Nemerov :
« - Le pressing, monsieur le président, le pressing.. »
Nemerov, bougon, marmonna quelque chose sur les ministres fusillés par Staline tout en se levant tandis que le ministre de la défense dissimulait son hilarité en buvant un verre.