¤ République Islamique d´Arabie, qui a aussi pour nom : Islamiyah ¤
La salle était remplie d´hommes, tous barbus, qui bavardaient bruyamment par petits groupes en attendant l´ouverture de la séance. Au milieu de la salle trônait une grande table ovale, munie de micros devant chaque place. Le président de la République d´Islamiyah, Safar Al-Hawali, s´apprêtait à prendre place pour présider la séance.
Une sonnerie électronique retentit. << Au nom de Dieu, le Miséricordieux, le Compatissant... >>, entonna le Cheikh Al-Hawali au micro. La prière se prolongea durant plusieurs minutes, en incluant trois extraits du Coran. Sitôt que Safar eut terminé et se fut assis, un homme à sa droite entama la lecture d´un document. Safar déduisit au bout d´un certain temps que le sujet en était la proposition de l´Oman à ce que l´Islamiyah rejoingne la Ligue Arabe.
<< ...Nous devons refuser, tout le monde est-il d´accord là dessus ? >> murmura au micro l´homme assis à la droite du Cheikh Al-Hawali.
Yassin Al-Hassan ( celui qui avait participé à la rencontre avec les congolais de Kabila ), connu pour ses positions un peut moins virulentes que celles de la plupart des Chefs de l´islamyah, se pencha pour presser un bouton sous son micro, provoquant l´allumage d´une lampe verte devant lui. << Nous serons problablement bientôt en guerre contre Israël, tout ceux qui sont ici le savent. >> Silence approbateur dans la salle, Yassin poursuivit :
<< Nous devons donc accepter la propostion des Omanis, nous avons besoin d´alliers, pas d´ennemis supplémentaires. >>
Concert de protestations dans la pièce. Couvrant le vacarme, Yassin poursuivit : << Nous ne devons pas surestimer notre puissance, ni sous-estimer celle des Juifs ! Nous savons tous ce qui arrive à ceux qui le font >>, conclut-il, avant de presser de nouveau sur le bouton du micro pour le fermer.
Le concert de protestations s´amplifia encore. Assis de l´autre côté de la table, un homme en tenue de religieux martela frénétiquement le bouton de son micro. << L´Islamiyah préconise une alliance, une solidarité, entre TOUT les musulmans du monde, quelque soit leur race. Une solidérité islamique qui est donc contraire au projet d´alliance Arabe proposé par le sultanat d´Oman. Nous voyons loin, et une alliance uniquement entre Arabes, qui ne repré-
sentent qu´un quart des musulmans à travers le monde, est contraire à notre doctrine ! >>
Yassin se raidit sur son siège et se pencha lentement pour ouvrir à nouveau son micro.
<< Oui, mais cepandant, vu que nous prônons une solidarité inter-musulmane, est que les Omanis et les Émiratis sont musulmans, alors l´Islamiyah peut accepter cette alliance. >>
Tempête dans la salle. Safar Al-Hawali pressa le bouton de son micro et prit la parole :
<< Frère Yassin. Pourquoi crois-tu que nous nous sommes battus pour cette révolution ? Pour laisser se perpétuer les pratiques décadentes auxquelles se livraient les princes Saoud ? Pour s´allier avec tout ceux qui se disent musulmans ? Pour leur permettre de prôner un islam déviant ? Tu affirmes que les Omanis sont musulmans mais tu sais pertinemment que ce n´est pas très vrai. Tu le sais et tu continues de te mentir à toi-même. Ils ne sont pas purs. >> Safar voulait dire par là que la forme de l´islam - ni sunnite, ni chiite ( l´ibadisme ) - pratiquée par une majorité d´Omanis est aux antipodes du fanatisme wahhabites. Puis il continua :
<< Notre mission est de mettre un terme à l´ignorance. Nous voulons depuis toujours participer activement à la campagne mondiale de purification des musulmans et, pour se faire, nous devons notamment renverser toutes les monarchies du Golfe, pas nous allier avec elles ! Nous prônons l’excommunication de tout ces dirigeants infidèles, même s’ils sont convertis à l’islam en apparence, et croyons à la nécessaire guerre sainte qu’il faut leur mener. Aurais tu oublié tout cela ? Avec qui es tu Yassin ?! >>
Yassin prit son temps avant de répondre au Cheikh Al-Hawali : << Je suis avec vous mes frères, mais nous n´avons plus le temps de renverser ces marionnettes du gouvernement Émirati et Omani, le temps nous manque ! S´ils désirent se raprocher de nous, pourquoi refuser ? >> Regain de cris scandalisés dans la salle. Après une heure de débat passionné et fort agité, Safar al-Hawali leva la séance sans avoir pris la moindre décision.