¤ Bureau du Chef suprême de l´Islamiyah, Hamoud Ben Okbaal-Chouaïbi ¤
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C´était tout de même magnifique ! Qui pouvait bien être ce Pato pour avoir fait une chose pareille ? Hamoud était jaloux, aujourd´hui ; c´était lui, l´un des hommes les plus détestés de l´Occident, qui aurait dû orchestrer une telle action, et pas un quelconque amateur. Car ce gars-là, général Pato de mon cul, n´était rien d´autre. L´ironie de la chose était saisissante. Hamoud Chouaïbi se consacrait à la théorie et à la pratique de la violence politique depuis sa jeunesse. Il l´avait apprise, pensée, planifiée. Puis il était passé à l´acte, d´abord en tant que simple exécutant, et ensuite comme chef. Et maintenant, quoi ? Un vulgaire infidèle dénommé Pato les avait surpassés, lui et ses moudjahidine ?!
Son esprit entraîné fit le tour de toutes les éventualités, et la conclusion s´imposa d´emblée. Le général Pato avait surment des talents particuliers, dont celui d´orateur, et disposait d´un matériel très sophistiqué qui lui avait permis d´avoir les codes de lancement de missiles nuclaires. Mais cet amateur avait échouer à la vraie difficulté de ce travail : trouver les gens qui convenaient... des gens en qui il pouvait avoir confiance... qui ne se vanteraient pas... ne se confieraient pas à d´autres... qui avaient la même discipline que lui et ne craignaient pas pour leur vie, des gens qui ne le trahiraient jamais. C´était d´ailleurs l´un des principaux problèmes d´Hamoud, depuis toujours... Il grogna.
De plus, si impressionnant fût-il, cet événement ne servait aucun dessein politique. Un tel acte ne pouvait être considéré comme une réussite que s´il menait à autre chose. Et manifestement, ce n´était pas le cas. Dommage, car ce n´était pas si souvent que... Mais non ! Hamoud sirota un instant son thé. Pas si souvent ? Ce n´était jamais arrivé ! Mettre la main sur l´arsenal nucléaire d´un pays aussi arrogant que la Colombie ! Certains de ses hommes n´hésiteraient d´ailleurs pas à qualifier la chose de fantastique, mais en réalité elle était plutôt tragique. On avait gaspillé une belle-occasion. Si seulement il avait été au courant ! Si seulement ce général Pato avait parlé à un islamiyen de ce qu´il avait décidé de faire... Non, ce mécréant n´avait rien fait de tel et cet événement n´avait servi aucun dessein politique !
A moins que..., soudain une phrase - prononcée par le général Juan Jose Pato quelques minutes plus tôt à la télévision - qui avait totalement échapée à Hamoud lui revint lentement à la mémoire : << Les pays musulmans seront épargnés. >>