( Rappel : le Président saoudien était à Djeddah où il a prononcé un discours )
¤ République Islamique d´Arabie. ¤
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L´avion présidentiel attérrit sans problème à l´aéroport de Sakaka - situé au nord du pays - après moins d´une heure de vol depuis Djeddah. On n´ouvrit aucunes portes. Au lieu de quoi, des camions-citernes se garèrent le long de l´appareil et leurs chauffeurs fixèrent leurs manches aux valves des réservoirs des longues ailes blanches de cette version améliorée de l´Airbus A340. Quelques minutes plutard, les camions-citernes s´éloignèrent et les turbo-
réacteurs redémarrèrent. L´avion roula jusqu´à la piste principale, en tressautant sur les dalles de béton mises à mal par l´épouvantable chaleur du désert, le jour, et la fraîcheur des nuits. L´Airbus commenca son roulage et décolla vers le nord avant de rentrer ses trains.
A bord de l´avion, le Président d´Arabie, Safar Al-Hawali, s´efforçait de ne pas penser à son entretien avec le Président russe dans quelques heures. Il haïssait les Russes - presque - autant que les Américains et les Juifs. Il les detestait essentiellement pour l´entrée des troupes soviétiques en Afghanistan, autrement dit : l´agression d´une idéologie athée contre un peuple musulman ! Beaucoups de ses amis étaient partis se battre en Afghanistan contre les Russes, et très peut étaient revenus... Safar n´oubliait pas non plus le soutien politique de la Russie aux Serbes de Bosnie et surtout la guerre en Tchétchénie. Mais son maître, le Chef suprême de l´Islamiyah, lui avait sans cesse rabaché d´avoir une vision à long therme, au-délà de ses émotions. Alors, Safar se montrerait agréable avec son homologue russe. Après tout, d´autres croyants avant lui avaient, eux aussi, dû traiter avec des infidèles.
Après plusieurs heures de vol où le président Safar Al-Hawali empêcha à tout le monde de dormir à cause de ses ronflements, l´avion présidentiel se posa à Moscou à l´heure prévue. La porte s´ouvrit, le Président d´Arabie suivit de conseillers et de gardes du corps descendi-
rent, et on les reçut avec une courtoisie de pure forme, que les saoudiens retournèrent avec la même hypocrisie. Aussitôt, un petit convoi de Mercedes les conduisit au Kremlin de Moscou.