- Le général Jedemba pénètre dans la salle de réunion de l´armée.
Tous les généraux sont présents.
Jedemba s´installe à la place du président, ce qui ne manque pas de provoquer quelques chuchotements dans la petite assemblée. Il pose un gros dossier devant lui, et en sort une dizaine de pochettes cartonnées, puis prit la parole.*
- Messieurs, madame, je suis ici sur ordre direct de notre adoré président Joseph Kabila. Vous connaissez tous la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons depuis hier, mais cela ne saurait durer.
- Général Jedemba, que voulez vous dire ?
- Général Odoma, notre allié anglais, le glorieux Adenoid Watler, va d´ici deux heures lancer une attaque nucléaire contre l´Allemagne et l´Afrique du Sud, afin de réduire à néant ces deux nations perfides.
- soupirs de soulagement, de joie.*
- Le président Kabila compte profiter de cette aide inattendue pour lancer une offensive sur nos voisins alors que le chaos règnera sur la scène internationale. Ces chemises, une par personne, sont vos affectations pour les fronts que notre glorieux président va ouvrir. Général Matomé, le Rwanda ...
- Il donne une pochette à chacun. Plusieurs généraux montrent des signes évidents de peur. En effet, ceux-ci n´ont jamais vu un champ de bataille de près ou de loin, et ne sont à leur poste que par le fait du prince.
Les pochettes contiennent des ordres et des plans très détaillés, le tout accompagné d´un cachet présidentiel plus vrai que nature.*
- Quand à moi, je resterai à Kinshasa aux côtés du président pour organiser l´offensive sur Brazzaville. Un hélicoptère vous attend sur le toit pour vous emmener à l´aéroport Ndolo, d´où vous rejoindrez vos affectations.
- Jedemba se lève et accompagne les généraux sur le toit. Les 8 hommes et la femme montent dans un hélicoptère italien Agusta. Le général Jedemba leur serre la main, et tous chantent le premier couplet de l´hymne national.
Le véhicule décolle et s´éloigne vers l´aéroport. Non loin de là, le fleuve Congo continue de couler comme si de rien n´était. Le building de la Banque du Congo continue de brûler, et les sirènes résonnent dans toute la ville. Une autre explosion retentit de l´autre côté du fleuve, au Congo-Brazzaville ; surement une erreur d´aiguillage.*