¤ Paraguay, Département de Boquerón, ville de Filadelfia ¤
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Après plus de quatre cents kilomètres de voiture, l´arrivée n´avait rien eu de spectaculaire.
Non loin du centre ville, les espions du Mukhabarat Saoudien trouvèrent un Hotel qui semblait parfaitement convenir, d´autant qu´il y avait un restaurant moins de cent mètres plus haut. L´agent Adel entra dans l´hotel et prit deux chambres communicantes, qu´il régla à l´avance avec sa carte Visa d´une banque établie en Suisse.
Pour l´heure, seul le sommeil était au programme. Il gara la voiture près des chambres - au même niveau - qu´il avait louées, puis coupa le moteur. Les autres Arabis déverrouillèrent les portes des chambres puis revinrent à la Dodge ouvrir le coffre. Ils sortirent leurs quelques bagages qu´ils mirent dans les chambres, les pistolets-mitrailleurs planqués dessous, enveloppés dans leurs épaisses couvertures bon marché.
<< Nous y voilà, camarades >>, annonça Adel en entrant dans la chambre. C´était un hôtel tout à fait banal, rien de comparable avec les établissements plus luxueux auxquels ils avaient fini par s´habituer. Chaque chambre disposait d´une salle de bains et d´une petite télé. La porte de communication était ouverte. Adel se laissa choir sur le lit, un double, mais pour lui tout seul. Il restait toutefois encore deux ou trois choses à régler :
<< Mes frères, les armes devront toujours rester planquées, les rideaux toujours tirés. Nous ne sommes pas venus de si loin poùr prendre des risques, les prévint-il. Cette ville a des forces de police, et n´allez pas vous imaginer que ce sont des imbéciles. >> Sur quoi il se rassit et ôta ses souliers. Il envisagea de prendre une douche, mais il était trop crevé.
<< C´est de quel côté La Mecque ? >> demanda Khaled. Adel dut réfléchir une seconde pour trouver la direction de la capitale de l´Islam et de son centre, la Kaaba, la pierre sacrée, vers laquelle ils adressaient le Salat, la prière du Coran, qu´on devait réciter prosterné cinq fois par jour. << Par là >>, dit-il en indiquant l´Est grâce à sa montre d´agent-secret, qui faisait aussi boussole. Khaled déplia son tapis de prière et s´agenouilla. Il était en retard mais il n´oubliait pas ses devoirs religieux. Pour sa part, Adel se contenta de marmonner, en espérant qu´Allah lui pardonnerait, compte tenu de son présent état d´épuisement. Dieu n´était-il pas infiniment pardonneur ? Adel ôta ses chaussettes et se rallongea sur le lit, où le sommeil vint le trouver en moins d´une minute.
Le lendemain matin, ne pouvant pas rester toute la journée dans leur chambre sans que les gens s´interrogent. Quatres des cinqs saoudiens sortirent, après avoir pris un repas léger, pour aller faire un tour. À trois rues de l´hôtel ils trouvèrent un musée. L´entrée était libre et une fois à l´intérieur ils comprirent pourquoi. C´était un musée d´art moderne et, peintures et sculptures dépassaient de loin leur compréhension. Ils y déambulèrent pendant environ deux heures et tous quatres parvinrent à la conclusion que le pot de peinture ne coûtait pas cher au Paraguay. Quoi qu´il en soit, cela leur permit de parfaire leur couverture, tandis qu´ils faisaient mine d´apprécier les choses immondes accrochés aux murs.
Plutard ils regagnèrent tranquillement leur hôtel. Le seul point agréable était la météo. Chaud pour les citadins d´origine allemande - il y en avait beaucoup dans cette région du Paraguay, le temps était plutôt agréable pour les visiteurs arabes. Ce n´est que le soir, après avoir passer la journée à faire les touristes, que la tension s’installa parmi les saoudiens.
Une question se mire à planer dans l’air : << Comment vais-je réagir sous le feu lorsque le moment sera venu ? >> Ils auraient beau passer pour des fanatiques aux yeux de leurs ennemis, ils n´en restaient pas moins humains.