¤ Paraguay, Département de Présidentes Hayes ¤
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<< Si tout les flics de ce pays sont aussi con... Nous ne risquons pas grand chose >>, observa Khaled, assis côté passager. Cette déclaration fut acceuillie par des éclats de rire, effacant la tension extrême régnante dans le véhicule lors du contrôle de Police. Cela fit naître chez Adel l´ombre d´un sourire pendant qu´il regardait dans son rétroviseur le policier paraguayen s´éloigner, jusqu´a ce qu´il disparaisse au loin, tandis que l´agent Adel conduisait tranquillement ses camarades vers les régions de l´ouest du pays.
<< Cela n´était pas accidentel, ajouta enfin Adel, chef du commando.
C´est une preuve qu´Allah nous a envoyé pour que nous sachions que Lui même considère notre plan avec bienveillance. Nous devons cepandant continuer à rester vigilant afin d´accomplir admirablement Son oeuvre >> reprit-il avant de constater que la jauge d´escence était presque à zéro. Il avait été stupide de la laisser descendre si bas, mais il n´y avait pas de quoi s´alarmer pour autant. La carte posée sur ses genoux indiquait la présence d´une station service non loin.
<< Là, dit le chaffeur en indiquant un petit panneau. On va pouvoir se ravitailler en essence et en nourriture. >> Ils s´arrêtèrent devant les pompes. Frappées de la marque Texaco, elles étaient automatiques. Adel sortit son portefeuille et introduisit sa carte Visa dans la fente,
puis fit le plein du réservoir de la Dodge de location. Dans le même temps, les quatres autres étaient allés faire un tour aux toilettes pour hommes avant d´examiner le choix de nourriture.
Dix minutes après s´être arrêtés sur l´aire de service, ils avaient repris la route, direction Boquerón. D´ici une vingtaine de minutes, ils entreraient enfin dans ce département.
À l´arrière du véhicule, les autres espions bavardaient entre eux et, tout en conduisant,
Adel les écoutait sans se joindre à la conversation. Le paysage était un peut montagneux, analogue par sa topographie à la region natale d´Adel, le Hedjaz, quoique bien plus verdoyant
Le soleil était à présent au-dessus de l´horizon et lui brûla les yeux jusqu´à ce qu´il se souvienne de la présence des lunettes noires dans sa poche de chemise.
Adel nota quelle était sa présente disposition d´esprit. Il trouvait la conduite reposante,
le paysage agréable à contempler et le travail jusqu´ici très facile. Toutes les heures à peu près, il voyait une voiture de police, qui le dépassait en général à vive allure, bien trop vite pour que le flic à l´intérieur les remarque, lui et ses amis. Le conseil de conduire en respectant les limitations de vitesse avait été judicieux. Mise à part le vieux enquiquineur à moto.
Ils progressaient gentiment mais se faisaient régulièrement doubler, même par des camions. Ne pas enfreindre la loi suffisait à les rendre invisibles à la police dont le principal souci était de traquer les usagers trop pressés, songea Adel. Il avait désormais confiance dans la sécurité de leur mission. Un avantage supplémentaire d´une conduite à une vitesse raison-
nable était que quiconque les suivrait serait aussitôt repéré. Il suffisait de regarder de temps en temps dans le rétro. Pour le moment personne ne s´attardait trop longtemps derrière eux.
Un poursuivant de la police serait un homme entre la vingtaine et la trentaine. Peut-être deux hommes, un au volant, un pour regarder. Les hommes seraient d´allure athlétique, avec une coupe de cheveux classique, réfléchit Adel. Il était aux aguets et aucune voiture n´était apparue plus d´une fois. Pour le moment, la route était dégagée et les chipas - des petits pains au fromage achetés à la station service - tout simplement excellents. C´était une belle fin de journée qui s´annonçait. Filadelfia cent kilométres, proclamait une grande pancarte verte.