¤ Royaume d´Arabie Saoudite ¤
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Critiqués en Europe et aux États-Unis pour la complaisance dont ils feraient preuve à l’endroit du terrorisme islamique, les dirigeants saoudiens se voient au contraire reprocher par une large partie de leur opinion la trop grande complaisante dont ils fairaient preuve à l’égard des États Unis et de l´Occident en général. Le gouvernement saoudien fait aujourd´hui l’objet de nombreuses critiques pour sa corruption et les pratiques violentes de la Garde Nationale, notament dans la manifestation du 30 Novembre qui s´est terminée en bain de sang, ce qui provoque des protestations en Arabie Saoudite et suscite la condeamnation de nombreux membres de la communauté internationale.
Il y a quelques jours, les dirigeants Saoudiens ont ordonnés la levée du boycott sur les produits colombiens, donnant ainsi l’impression de déférer à la requête des États Unis.
Rien n’indique que se changement de decision serait intervenue aussi vite en l’absence de pressions extérieures. Toujours est-il qu’en se pliant à l’injonction américaine,la famille régnante a perdu la face aux yeux du monde et de ses propres sujets.
Passé le choc initial, le Gouvernement Saoudien s’est ressaisie. D’abord en critiquant sur un ton indigné, la campagne de presse dirigée contre le royaume depuis certains pays, qui lui reprochait la violence de la Garde Nationale contre des manifestants pacifique le 30 Novembre à Riad. Le Gouvernement Saoudien à ensuite, acheté les services d’agences de conseil en communication chargées de redorer l’image de la Maison des Saoud. Leur action, pour l’essentiel, a consisté à acheter des pages dans les journaux afin de vanter le bonheur d’être sujet Saoudien sous le règne de la dynastie des Saoud.
Plus sérieuse est en revanche l’initiative inédite prise par le Roi Abdallah de s’exprimer publiquement à la télévision et dans les journaux sur les relations Colombo-saoudiennes. Dévoilant le contenu d’une communication téléphonique avec le gouvernement Colombien,
il affirme que ce dernier lui a présenté ses excuses pour les critiques du président Colombien contre la nation Saoudienne et qu’il s’est engagé à sanctionner de pareille déclaration si elles vennaient à se reproduire.
Dans le même temps, la popularité dont jouit Oussama Ben Laden en Arabie Saoudite devient toujours plus incontestable. L’un des meilleurs spécialistes du Moyen Orient, indique que le ministère de l’Intérieur Saoudien avait relevé que 20 000 jeunes Saoudiens, à un moment ou à un autre, s’étaient rendus en Afghanistan pour y subir un entraînement de nature militaire avant de regagner leur pays. D’autres sources vont jusqu’à évoquer le chiffre de
40 000. Mais en réalité, les véritables partisans d’Al Qaïda et de son leader ne représentent qu’une infime minorité de Saoudiens.
On trouve cepandant un grand nombre de sympathisants déclarés, appartenant à toutes les couches de la société, qui n’ont certainement aucune intention de rejoindre les rangs de combattants d’Oussama Ben Laden, mais qui partagent son opposition à la présence américaine et ses critiques à l’encontre de la famille régnante. La hiérarchie religieuse du royaume saoudien, semble elle, plus que quiconque, partager les mêmes valeurs essentielles que le fondateur d’Al Qaïda, qui les aurait simplement traduites en actes.
Le pays doit de plus faire face à la multiplication de fatwas -avis juridique ayant une force d´orientation légale, sans être une loi-, prononcées par des imams importants, qui condamnent toutes l´ONU, la Colombie, les États Unis et leurs alliés, ainsi que la position des gouvernements musulmans qui ne s´opposent pas ouvertement à Washington. C´est à l´évidence le cas de l´Arabie Saoudite. La contestation la plus virulente est venue d’un imam septuagénaire et aveugle, un des leaders de l´opposition grandissante des chefs religieux, Hamoud Ben Okbaal-Chouaïbi, qui a rendu une fatwa condamnant de fait les dirigeants saoudiens pour leur soutien aux Américains et leur refus de se retirer de l´ONU. Lorsque les membres de la famille royale voulurent obtenir une rétractation publique, le vieux chef religieu réitéra son opinion : <<celui qui soutient les infidèles contre ses frères musulmans doit être considéré comme un infidèle, c’est un devoir de mener le Djihad contre celui qui soutient les infidèles, que ce soit de sa main, de sa parole ou avec son argent.>>
Au même moment un autre leader religieux, Dr Safar Al-Hawali, s´est illustré en adressant une lettre ouverte à l´ONU, empreinte de références islamiques et bibliques, et se terminant par une exhortation à mettre fin au statut Colombien de membre permanent au Conseil de Sécurité de l´ONU, sous peine de provoquer l’Armageddon. Contrairement à ce qui pouvait se produire auparavant, les autorités Saoudiennes n’ont pas arrêté le meneur. Oussama Ben Laden à lui proclamé que le règne des Saoud est une tyrannie. Jamais donc la menace de renversement du pouvoir n’a été aussi forte en Arabie Saoudite. La contestation islamique trouve un terrain de plus en plus fertile au sein d’une population très jeune, sans emploi ni perspectives, et appauvrit par la forte croissance démographique.
A cause de la sanglante repression du 30 Novembre, le régime saoudien craint plus que jamais de voir desormais régulièrement des manifestations d´envugure. Le 30 Novembre semble avoir définitivement contribué à encore faire disparaître le soutien à la famille règnante au sein du reste de la population saoudienne; ainsi que de ses alliés à l´étranger. La crainte des autorités est renforcée quand quelques semaines après le massacre du 30 Novembre, des groupes composés d´étudiants et des meneurs religieux, marchent dans nombre de villes en honneur aux morts, et en profitent pour manifester contre le régime actuel.
La Garde Nationale est une fois de plus envoyée, dispersant les manifestants et tuant plusieurs étudiants. Ce qui ne fait qu´augmenter le ressentiment de la population et entrainent de nouvelles marches pacifiques. Cette fois-ci la violence de la Garde Nationale sévit à Djeddah, et plus de cinq cent manifestants sont tués. Les groupes d´opposants, en augmentation constante, opèrent depuis l´extérieur de l´Arabie Saoudite, principalement depuis Londres, Paris et Berlin. Les discours des leaders de ces groupes sont introduits clandestinement en Arabie Saoudite afin d´être diffusés à la population.
Face à une révolution, le pouvoir saoudien cherche donc de l´aide auprès des pays à partir desquels ces groupes agissent.