( Partie 1/2 )
¤ Asie centrale ¤
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Le jeune homme était assis là à contempler le lever du soleil comme chaque matin depuis qu’il avait 12 ans. Le ciel devenait d’abord rose orangé avant de prendre une teinte plus rougeâtre, puis on voyait apparaître les premiers rayons du soleil derrière les collines arides de son pays natal : l’Afghanistan. Le soleil arrivait ensuite dans toute sa splendeur, il s’élevait petit à petit au-dessus des collines jusqu’à ce que Malik puisse le distinguer complètement : une boule de feu rougeâtre qui allait bientôt réchauffer la totalité du camp où il se trouvait.
Ce camp d´entraînement c’était celui là même qui l´avait acceuilli, lui et son grand frère, lorsqu´ils avaient perdu leurs parents, celui là même où il avait grandit en compagnie de son frère aîné, et ce serait aussi celui qui verrait sa mort lorsque le moment arriverait. Malik était un moudjahid tout comme son père et son grand frère avant lui, on ne lui avait pas laissé le choix, c’était dans l’ordre des choses, il devait, comme son frère et toutes les autres personnes présentes ici, se battre pour la Cause .
Malik fut tiré de ses pensées par la cloche du matin qui annonçait le début de l’entraînement.
Il se leva et retourna à l’intérieur de la petite cabane qu’il habitait avec son frère et des amis. Son frère était installé à la petite table, il avait l’air songeur. Il ne daigna même pas lever les yeux sur Malik, encore sur le seuil de la porte. Ce n’est que lorsque Malik lui demanda s’il allait bien qu’il le regarda enfin. « Oui je vais bien » répondit-il sans oser croiser le regard de son petit frère. La discussion s’arrêta là, en effet trois camarades moudjahiddin sortirent de l’unique pièce qui leur servait de chambre, déjà fin prêt à commencer l’entraînement, Malik les suivit donc comme chaque matin depuis qu’il était en âge de se battre avec les autres.
Ils sortirent dehors sous le soleil qui semblait ne même pas prêter attention à tous ces hommes déjà debout pour commencer leur entraînement qui ne s’achèverait qu’à la nuit tombée. Malik et ses camarades se dirigèrent vers les autres combattants et s’alignèrent avec eux. Et comme tous les matins, ils commencèrent par des étirements avant de se lancer dans un jogging d’une quinzaine de kilomètres autour du camp. Ils s’étaient tous levés à l’aube pour la prière matinale avant de partir dans leurs cabanes respectives pour se mettre en tenue de combat : en l’occurrence des pantalons de toiles vert kaki qui avaient été volés aux Soviétiques lors de leur retrait d’Afghanistan, avec des hauts assortis livrés par les Américains à l’époque où ceux-ci leur vendaient encore des armes.
Les hommes couraient à vitesse constante sans parler entre eux, ils couraient avec force et volonté jusqu’à ce que la cloche leur annonce la fin du jogging. Malik courait avec les autres au milieu du peloton, ne prêtant pas attention à ses camarades, il courait ainsi par habitude depuis déjà cinq ans. Il ne s’était jamais posé de questions, il ne devait pas s’en poser. Son père était devenu un guerrier pour la Cause lors de la guerre qui opposa son pays à l’URSS, il s’était battu avec bravoure, reconnu de tous comme étant un grand héros, son grand frère avait lui combattu vaillamment l´Alliance du nord et en était revenu sain et sauf. Alors Malik devait faire de même, il en était ainsi, ça ne lui était même jamais venu à l’esprit de faire autrement. Il s’entraînait avec force et courage en espérant pouvoir faire un jour preuve de son dévouement à la Cause. La course dura encore dix longues minutes, puis la cloche sonna à nouveau, annonçant avec elle le petit déjeuner de riz sauté et de mouton que les hommes attendaient avec impatience.
Puis, la journée se déroula comme à son habitude : prières, entraînement aux armes, combats rapprochés, prières, repas, prières et enfin le sommeil réparateur tant attendu.
Malik était allongé sur son lit et ses camarades dormaient déjà. Mais lui n’arrivait pas à trouver le sommeil, il avait comme une sorte d’intuition : aujourd’hui son grand frère avait eu une longue discussion avec les chefs du camp. Il n’y avait pas eu de dispute mais Malik avait bien vu que son frère n’était pas d’accord avec la décision qui avait été prise. Malik pressentait un danger, il ne savait pas lequel, mais il le sentait. C’était absurde bien sûr ; comment pouvait-il se sentir en danger dans ce camp d’entraînement où il passa pret de la moitié de sa vie? Mais cette impression ne le quitta plus, toute la journée durant et encore maintenant alors qu’il ne trouvait pas le sommeil, elle s’était installée bien confortablement en lui et il avait la très nette impression qu’elle ne partirait pas avant un long moment...