Hotel de Police, Bureau du Chef de la Police d´Asunçion, 22h30
Le chef de la police du district d´Asunçion passait en revue les effectifs de la police sur ses registres, et ses dossiers empilés sur la table. Epuisé, il posa son stylo, et appela son aide de camp :
"- Caporal Salvador!"
Un bruit de pas precipités se fit dans le couloir, et la porte s´ouvrit a la volée, revelant un homme grand et fort, vétu de ses plus beaux habits d´apparat de police. Le torse bombé, les épaules rentrés, l´homme claqua des talons.
"- Caporal Salvador monsieur."
"- Caporal Salvador, soyiez gentil, allez me chercher un café je vous prie. Je suis epuisé..."
"- Bien monsieur."
Le caporal fit demi-tour, et referma la porte derriere lui. Le chef de la police, Carillas, se replongea dans ses dossiers, tournant et retournant dans sa tete, des calculs compliqués. Quelques minutes plus tard, le caporal Salvador réapparut, un café a la main. Il le posa sur le bureau de Carillas.
"- Votre café monsieur."
"- Merci mon bon Salvador."
"- J´espere qu´il est bien chaud. Il est toujours meilleurs, tres chaud..."
"- C´est vrai Salvador."
"- C´est comme une cible monsieur Carillas. Il ne faut en faire trop, ni en faire trop peu... Comme une cible monsieur Carillas... Oui, comme une cible."
Carillas ne releva pas l´allusion, et se replongea dans ses dossiers. Soudain, il entendit un leger cliquetis, releva la tete, et vis le canon d´un silencieux juste devant ses yeux.
"- Non..." murmura Carillas.
Il vit un bref flash.
Le corps de Carillas, s´ecroula de tout son long sur la chaise, bras ballants, tete pendante. Un mince filet de sang suinta de sa bouche, et vint tacher le parquet ciré du bureau. Le temps s´etait arreté. Tout n´etait plus que silence. Le caporal Salvador, essuya le canon de son silencieux, et prit congé.
A ce moment la, le Colonel Salazar, espion Colombien, venait d´assasiner le Chef de la Police du district d´Asunçion, le Commandant Zapaterra.