¤ Amazonas de l´Ouest, San Fernando ¤
¤ Bombardements Colombiens ¤
<<..Un ciel sans nuage. Des ombres profondes contrastant avec les reflets du soleil sur les facades des habitations.. Voilà ce que je contemplais en plein temps de guerre, ce jour-là, tôt dans la matinée.
Je marche avec mon tickets d´approvisionnement en main, que je dois rapidement fournir aux autorités pour que ma famille est de quoi manger cette semaine. Soudain, il y a un éclair, puis un autre à l´horizon suivit d´explosions en plein ciel, telment puissantes que le sol se met à trembler. Instinctivement je me mets à courir, puis les systèmes d´alertes antiaériennes se font entendrent, confirmant mes craintes.
J´apperçois au loin un autre point lumineux, c´est encore missile ennemi. Mon regard se pose imédiatement sur un de nos systemes defensif anti-air camouflé sur un toît plat, que notre gouvernement avait fait parvenir récement.
Avec horreur je constate que nos combatants sont encore entrain de le ravitailler en munitions! Il ne sera jamais pret à tant pour contrer le point lumineux qui grossit après chaque seconde ! << Feu! >> hurle soudainement un des combatants en se bouchant les oreilles, avant que les missiles ne s´élèvent à une vertigineuse vitesse dans les airs.
Un trop court instant après, ombres et reflets , tout a disparu. Il n´y a plus qu´une gigantesque explosion, au dessus de ma tête, qui se rapproche de moi. Les poteaux d´électricité prennent une inclinaison bizarre, les toîts s´arrachent des maisons et je ressens enfin moi aussi, le souffle de l´explosion qui me fait voler sur une dizaines de metres sans que ne puisse rien faire. La bourrasque est si violente que je me sens aussi leger qu´une plume, mon vol plané et stoppé net lorsque je m´écrasse lamentablement contre un mur.
Je suis vivant, et me relève, ou du moins j´essaie. Inutilement. J´ai grand-peine à me relever. Et là tout à coup, je me sens extraordinairement faible. Je prends appui contre le mur pour reprendre des forces. C´est là que je m´aperçois que je suis complètement nu ! Où sont donc passé mon pantalon et mon haut ? Je comprends peut après que l´onde de choc de l´explosion avait été si forte que mes vêtements n´ont pas tenus le coup.
Je regarde mon côté gauche: il est tout ensanglanté ; j´ai également une blessure à la cuisse. L´éclat de bois qui l´a produite y est resté fiché. Quelque chose de chaud coule dans ma bouche: ma joue est déchirée, mais je ne ressens aucunes douleurs.
Oh mon dieu ! Pensais-je, comme un monothéiste, en voyant deux autres points lumineux au loin! Je trouve aussitôt la force de me relever et crie ma peur. Quelque choses semble étrange. Je saisi finalement que je ne perçois plus aucuns sons, l´onde de choc de l´explosion m´a ôtée toute ouïe, en même temps quelle me déshabillait. Mon sang continue à jaillir de mon cou, est-ce que je vais saigner à mort, comme un porc qu´on égorge ? De plus en plus effrayé je ne remarque même pas qu´un missile ennemi vient de faire un trou béant sur le flanc Est du plus haut bâtiment de la ville...
Le dernier missile ennemi s´abat comme la foudre sur un autre imposant bâtiment de la ville.
L´explosion pourtant produite à des centaines de mètres de là, refait voler à tour de rôle des toîts, des poutres, et me propulse cruellement en l´air. Je vois toute ma vie défiler, les bons moments comme les mauvais. Je revois la naissance de mes enfants, mon mariage au temple et mon départ de Colombie pour m´installer en Amazonas... Je suis en paix avec moi-même.Je mets ma vie entre les mains des Dieux. Une chose me trotte dans la tête : que vont devenir mes enfants quand je ne serai plus là ? Je m´endors paisiblement >>.