- Aux larges des côtes israéliennes. Flotte de soutien. Navire amiral *
Une alarme résonna sur la passerelle du croiseur nucléaire amiral Kirov. Un opérateur radar cria :
«- Alerte vampires ! Mer-Mer et Air-Mer. 48 échos radars, portée 12 miles, cap 1-0-2, et en rapprochement rapide ! »
L’amiral Kabalevsky réagit aussitôt mais avec sang froid
« - Alerte aérienne rouge. Armes libres. Relèvement menace 1-0-2. A tous bâtiments, manœuvres de dispersion »
Des alarmes résonnèrent dans tous les navires restés en arrière du champ de mines et tous les bâtiments lance-missiles armèrent leurs SAM. Quand les missiles anti-navires arrivèrent à portée, 8 navires de guerre ouvrirent le feu : Un tir groupé de soixante SAM partit en direction des missiles israéliens puis les deux volées de missiles se croisèrent… Des explosions secouèrent le ciel quand des missiles adverses se rencontrèrent : 26 missiles anti-navires furent abattus, 22 continuèrent leurs routes. Les navires russes lâchèrent une nouvelle salve et cette fois, 14 furent détruit, il en restait donc 8 et ils n’étaient plus qu’à trois miles…
De puissants brouilleurs se mirent en route et les navires russes entamèrent une suite de manœuvres pour tenter d’éviter les derniers missiles. Enfin, alors que les missiles n’étaient plus qu’à deux milles de la flotte, les canons de DCA automatique des navires russes ouvrirent simultanément le feu, arrosant leur pont de douilles et créant ainsi un véritable mur d’obus : deux missiles explosèrent à deux milles des navires, un troisième à un milles et l’amiral vit une colonne d’eau s’élevait à cent mètres de hauteur au loin tandis que 5 traînées de fumées se dirigeaient encore vers eux …
Le premier missile passa au-dessus du Kirov, dérouté par les brouilleurs et explosa à deux cent mètres : les explosifs surpuissants secouèrent violemment le bâtiment et de nombreux marins tombèrent sur le sol. L’amiral s’accrocha à une console de commande et vit un missile exploser à moins de cinquante mètres d’une corvette Grisha V, trop près : une boule de feu et des éclats incandescents frappèrent le navire qui gîta fortement et commença à prendre feu. Il vit un autre missile passait à bâbord et entendit un bruit sourd mais son attention se reporta sur deux autres traînées de fusées..
« - Nom de dieu ! »
Les deux missiles frappèrent un navire qui disparut dans une immense explosion. Tous sur la passerelle se protégèrent les yeux, et quand ils les rouvrirent, ils ne virent que quelques débris et une nappe de fioul enflammée là où deux minutes auparavant se tenait un destroyer Sovremennyy
(Mon dieu, il y avait trois cent vingt membres d’équipages à bord...)
« - Au rapport ! »
« - Amiral, un Kuznetsov a été touché : le missile a frappé le hangar n°3 mais ils ont réussis à maîtriser l’incendie »
« - Envoyez un navire au secours de la corvette Grisha V. »
« - Un Udaloy va l’accoster, évacué les membres d’équipages et tentez d’éteindre l’incendie. Nous devrions envoyer un navire vers le dernier emplacement du .. du Tanska.. amiral. »
« - Négatif. Il n’y a aucune chance qui ait des survivants. »
« - Mais .. amiral .. si jamais »
Kabalevsky le fit taire d’un geste puis dit
« - Envoyez une frégate Kashin sur les lieux de l’explosion. »
« - Bien amiral !»
Un grand silence suivit ce dernier ordre avant que l’amiral ne prenne sa radio et ne la règle, à la grande stupeur des hommes présents, de sorte que tous les navires, israéliens et russes l’entendent. Il parla en anglais, d’une voix forte et avec un fort accent russe :
« - A l’intention de tous les navires israéliens présents dans ces eaux. Ici l’amiral Kabalevsky, commandant suprême de la flotte de la glorieuse fédération de Russie. Aucun soldat russe ne se laissera intimider par vos tirs et continuera sa lutte contre la tyrannie et l’extermination d’un peuple. »
L’amiral Kabalevsky reposa la radio et sut, aux regards déterminés des hommes de la passerelle, que son message avait fait son petit effet. Il ajouta :
« - Coulez moi ces salopards. »
« - A vos ordres ! »
*Aux larges des côtes israéliennes. Flotte de soutien. Chasse embarquée *
Quarante chasseurs Su-33 Flanker tombèrent sur les chasseurs bombardiers israéliens qui avaient fait demi-tour après avoir tiré leurs missiles. En quelques instants le ciel se remplit de traînées de fumées et plusieurs avions tombèrent en mer. Les chasseurs russes engagèrent férocement les avions israéliens en combat tournoyant, profitant au maximum de la grande manoeuvrabilité de leurs appareils, les obligeant ainsi à combattre au-dessus de la mer.
Plus au Sud six chasseurs larguèrent douze missiles anti-navires en direction des trois navires israéliens venant du canal de Suez, s’ajoutant à vingt autres missiles tirés par la flotte russe.
- Aux larges des côtes israéliennes. Flotte de soutien. Sous-marins *
Encore restés inaperçus, les sous-marins russes se partagèrent leurs proies. Les deux sous-marins israéliens, postés au niveau du canal de Suez, avaient dévoilés leur position lors de leurs tirs de missiles et trois Akulas II en avaient profités pour s’approcher, préciser leur cible sur leurs écrans, puis tirer chacun deux torpilles dans leur direction avant de changer de direction et de s’éloigner à faible vitesse pour rester invisible
Plus à l’ouest, un Oscar II, sachant que des navires israéliens venaient de l’est mais ne connaissant pas leurs positions précises, tenta un coup audacieux : Il émit soudainement en sonar actif, dévoilant ainsi sa position, mais éclairant celle de ses cibles. En moins de deux minutes, les officiers du bord entrèrent les solutions dans l’ordinateur de tir, passèrent en immersion périscopique et ouvrirent le feu : l’Oscar II étant conçut pour pouvoir attaquer seuls un groupe d´action navale. ( destroyer, frégate et porte-avions… ), il transporte 24 missiles anti-navires et le commandant bord n’hésita pas une seconde à tous les lancer d’un coup …
Couvert par un puissant brouillage radar, 60 bombardiers Backfire russes passèrent la frontière israélienne à très haute altitude. Ils ne rencontrèrent aucun chasseur ennemi car tous avaient été envoyés pour intercepter le premier faux raid à 150 km au nord, et ils n’avaient pas eu le temps de revenir pour attaquer le vrai raid.
Mais la DCA était alerté et, même si les canonniers israéliens ne pouvaient tirés de missiles à guidages radars à cause du puissant brouillage, ils armèrent leurs canons manuels et leurs missiles infrarouges puis visèrent les points brillants qui les survolaient : En quelques minutes, le ciel se remplit de tirs de DCA et de fumerolles de missiles…
Quatre bombardiers ne portant aucun armement en soutes étaient spécialement dédiés à la lutte anti-SAM : Dès les premiers tirs de missiles, ils commencèrent à larguer à intervalles réguliers des leurres infrarouges et brouillèrent les communications israéliennes pour désorganiser leurs défense tandis que les autres bombardiers entamèrent des changements d’altitudes et de cap pour éviter de rester statique. Il fallait qu’ils tiennent quinze minutes jusqu’à la zone de largage.
Des explosions commencèrent à encadrer les bombardiers, secouant les équipages dans leur cockpit qui voyaient le compte à rebours avant le lancement s’écoulait lentement, très lentement..
Une explosion plus forte, des débris qui volent dans les airs, c’est un Backfire dont l’aile vient d’être arraché par un tir d’obus : Le pilote tente de maintenir le cap tandis que les membres d’équipage sautent en parachute puis il se jeta à son tour et le bombardier plonge .. Des traînées de missiles, un qui se verrouille sur un appareil russe et voilà un Backfire qui explose dans une boule de feu incandescente : Aucun survivant. Un troisième, puis un quatrième Backfire sont descendus par la DCA israélienne. Un cinquième, un moteur en moins fait demi-tour…
Enfin, le point de largage : Les hommes d’équipage entre les dernières coordonnées obtenues par le satellite espion dans le programme de leurs missiles de croisière puis c’est le largage : Chaque bombardiers larguent quatre missiles de croisière ce qui fait au total 220 missiles qui, par vol de dix, ont tous un objectif précis : aérodrome militaire, dépôt de carburant, centre radar, bunkers côtiers, convois militaires .. A peine larguer, les missiles mettent en marche leurs fusées et plongent avant de redresser à quinze mètres du sol, fonçant sur leurs objectifs.
Les bombardiers survivants font aussi demi-tour et foncent à mach 1.9 pour échapper aux F-16 israéliens qui arrivent enfin sur eux : Avant de passer la frontière avec la Syrie, trois autres bombardiers furent abattus et deux endommagés.