«Lyon n´a fait que réagir»
Pour notre consultant, Angel Marcos, Lyon doit son élimination à sa mauvaise maîtrise des événements après son ouverture du score. Il lui aurait fallu insister et presser dans le camp néerlandais, mais l´OL n´a pas eu le courage de le faire.
«Lyon a été éliminé de la Ligue des champions après s´être trouvé en situation favorable, et c´est à se demander si le but de l´OL n´est pas venu trop tôt. Car après le but de Wiltord, Lyon a surtout défendu et couru après le ballon. Ce ballon, Lyon l´a perdu facilement. C´est rare, mais ce fut le résultat logique d´un jeu trop direct, de son absence de volonté de prendre le match à son compte et de dire " On va faire courir le PSV". C´était flagrant contre une équipe qui, elle, a attaqué et pris des risques, même menée. Si Lyon marquait un deuxième but, c´était fini pour le PSV. Or, on ne peut pas dire que les Néerlandais se soient tous mis derrière pour casser le jeu. Il fallait du courage pour continuer à jouer et à multiplier les passes. C´est le PSV qui a décidé de jouer et qui a mené son idée au bout. Lyon n´a fait que réagir. Il y avait une sorte de refus du jeu. C´est une insuffisance énorme à ce niveau. L´équipe qui a maîtrisé le match l´a emporté, une fois de plus, et c´est justice.
C´est regrettable car paradoxalement, cette physionomie de match a donné à Lyon plus de situations favorables qu´à l´aller, de mon point de vue. Même s´il n´y avait pas d´occasions énormes, il y avait des espaces, et une défense néerlandaise très fébrile. Cependant, il est impossible de jouer l´épreuve de force contre le PSV en lui laissant le ballon pendant une heure et demie. En fin de deuxième mi-temps, quatre ou cinq passes suffisaient pour créer le danger. Mais ce n´est jamais allé au bout car il fallait courir 80 mètres pour être devant le but. On a vu trop souvent Wiltord défendre au niveau du rond central. Ensuite, le PSV a explosé durant la prolongation et s´est contenté de faire ce qu´il a pu. Quand ses trois milieux ont été fatigués, il n´a plus pu aligner trois passes. Dans ce contexte, Lyon est parvenu, par moments, à faire la différence, mais vu la façon dont l´équipe avait défendu, Wiltord ou Govou n´avaient pas la lucidité nécessaire pour aller au bout. Eux dans leur état normal, jamais le PSV ne serait allé jusqu´aux tirs au but.
Lyon a perdu la fameuse bataille du milieu, très largement, dès qu´il a eu mené au score. Dans cette zone, Van Bommel a été impressionnant. Sur les 210 minutes des deux rencontres, il a été le meilleur, le joueur-clef, absolument déterminant. Il récupère énormément de ballons, empêche l´adversaire de jouer en allant le presser très haut, il s´impose physiquement avec beaucoup de courage, on peut même dire qu´il est malin et tricheur. Et quand son équipe a le ballon, elle le trouve comme s´il était dans un désert, grâce à son seul mérite. Il sait faire jouer l´équipe et a une frappe phénoménale. Van Bommel, c´est trois Micoud.»