07/03/2005
Foot - C1 : Le Guen :«Ne pas seulement défendre»
L´entraîneur de l´Olympique Lyonnais espère profiter de l´avance de trois buts dont dipose son équipe avant son huitième de finale retour de Ligue des champions face au Werder Brême, mardi soir à Gerland. S´il avoue nourrir une véritable méfiance pour la capacité de réaction de l´équipe allemande, il donne l´impression de savoir où il va, alors que les statistiques lui donnent 100% de chances de passer. Parmi les décisions sur lequelles il a levé le voile, il ne fera pas de turnover et ne demandera pas à son équipe de tenir le résultat en jouant contre-nature.
« Paul Le Guen, abordez-vous ce huitième de finale retour avec méfiance ?
Bien sûr, car nous avons en tête le souvenoir du match aller. Nous savons ce que le Werder Brême a fait depuis plus d´un an et demi et nous restons très conscients de la valeur de l´équipe adverse. Le résultat de l´aller n´a pas entamé leur dynamique positive. Le football nous rappelle souvent à l´humilité. Tout est réuni pour que nous soyions méfiants et concentrés. Ce n´est pas une posture, c´est un sentiment réel.
Les défaites à Clermont et à Caen y sont pour quelque chose ?
Moins que la valeur de l´équipe adverse. Les deux défaites, on a tenté de les digérer. On regarde devant nous et on voit qu´il y a encore de belles choses à faire. Ces deux derniers résultats ne comprommettent pas les objectifs prioritaires du club. Maintenant, il faut répondre aux attentes placées en nous.
Statistiquement, vous avez 100% de chances de vous qualifier. Comment préparer ce type de match alors que l´essentiel semble fait ?
En se disant et en répétant que ne voulons pas être les premiers à subir un triste scénario. Le 3-0 du match aller ne ressemble pas à d´autres 3-0 qui remplissent les statistiques dont vous parlez. Mais ce résultat compte. Prétendre que ce score ne change rien à notre préparation serait une erreur. Evidemment que nous n´allons pas nous comporter comme si nous étions menés 3-1. Mais il ne faut pas n´avoir que ça en tête et se servir de ce score comme d´un refuge. Il faut jouer, défendre et attaquer, faire les deux, comme à chaque fois. On ne peut pas se sortir de la tête qu´on a gagné 3-0 à l´aller mais il ne faut pas se regrouper et seulement défendre.
Votre équipe retrouve par ailleurs Gerland, où elle n´a plus perdu depuis mai dernier. Cela peut-il avoir un impact sur son comportement ?
Il faut poursuivre et conforter cette série, car nous en avons besoin pour rester en course. C´est une différence importante, effectivement. Je suis persuadé que ça peut et doit nous aider. Tout le club et le public avec lui doivent se rendre compte que c´est loin d´être gagné. Le public doit jouer son rôle mardi, comme il le fait depuis plusieurs saisons. A ce niveau, c´est capital, essentiel. Le Werder avait toujours son public derrière lui à l´aller, même à 2-0 ou à 3-0. Nous traversons actuellement un passage difficile. C´est dans ces moments difficiles qu´il faut unir nos forces.
Vous n´envisagez pas d´avoir affaire à un adversaire résigné ?
Non, c´est la Ligue des champions, il y a la possibilité d´être en quart de finale. Nos adversaires ont aussi le scénario du match aller en tête. C´est une équipe qui joue le jeu partout où elle va, à domicile ou à l´extérieur. On les a vus gagner 4-1 à Hanovre. Eliminer cette équipe-là me rendrait vraiment très fier. Nous l´avons supervisée comme d´habitude, en allant la voir jouer à Munich, ce week-end. C´était un match de très haut niveau. Pas spectaculaire, il y avait peu d´envolées, mais j´ai relevé beaucoup de densité, de duels, et j´ai trouvé le Werder très costaud. Même s´ils ont perdu ( 1-0), ils ont eu souvent la conduite du jeu. Ils l´ont souvent finalement.
Pensez-vous qu´ils joueront aussi franchement qu´au match aller ?
Oui, on les a vus jouer chez eux et à l´extérieur : ils ont un comporetement similaire. De toute façon, leur retard leur donne obligation de se livrer.
Vous venez de disputer six matches en dix-huit jours avec votre onze-type. Avez-vous la tentation de faire tourner pour affronter Brême ?
Je n´ai pas du tout cette tentation-là. Nous avons eu quatre jours de récupation depuis notre dernier match. C´est plus que d´habitude, et ça compte énormément. Pour atteindre les quarts de finale, on met la meilleure équipe.
Est-ce plus facile de vous plonger dans ce huitième de finale alors que vos rivaux en Championnat n´ont pas profité de votre défaite à Caen ?
Nous ne sommes pas fâchés. C´est sans doute un peu plus facile, oui. Maintenant, il ne faut pas passer sur les défaites sous le prétexte que nous avons conservé notre avance. Il faut y réfléchir et se poser les bonnes questions, comme on le fait après les victoires. »