Paris retrouve la victoire et la joie de vivre
Menés 1-0 à la mi-temps, les Parisiens ont ensuite livré un match remarquable de combativité et de détermination et ont fini par dominer les Girondins. L´effet Fournier a fonctionné.
EN NOMMANT Laurent Fournier à la tête du PSG, Francis Graille ne lui avait pas demandé de miracle. L´ancien joueur parisien en a pourtant réussi un, prouvant une fois de plus que le choc psychologique d´un changement d´entraîneur n´est pas un fantasme. Sachant profiter de sa supériorité numérique pendant plus d´une heure, le PSG s´est qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe de France et garde l´espoir de sauver sa saison en conservant un trophée remporté l´an dernier.
La route vers le Stade de France ( où la finale aura lieu le 4 juin) s´annonce néanmoins aussi longue que périlleuse. Neuf clubs de L 1 sont encore en lice ( dont Lyon, Monaco et Lille...) et, en huitième de finale, le 1 e r ou le 2 mars, les Parisiens auront le désavantage de se déplacer à Auxerre. Bref, cette édition de la Coupe de France, et le ticket européen offert avec, sera beaucoup plus difficile à remporter que la précédente. Pour l´heure, l´essentiel est ailleurs.
Doublé de Pauleta
En remportant son premier match de l´année 2005 face à une équipe professionnelle, Paris a retrouvé des couleurs et s´est réconcilié avec une large partie de ses supporters. Vu le contexte, c´est tout sauf anecdotique, Francis Graille en sait quelque chose. Au niveau du jeu, ce match a ressemblé aux précédents, avec un PSG volontaire mais sans repère et désespérément brouillon à l´approche de la surface adverse. Officiellement, les supporters des deux kops étaient toujours en grève mais dès les premiers instants du match, on les sent prêts à soutenir leur équipe si celle-ci leur en donne l´occasion. Le Parc est vite refroidi par une belle frappe de Francia qu´Alonzo regarde s´écraser sur le poteau sans esquisser le moindre geste. Après une demi-heure de jeu, Laslandes, victime un peu plus tôt d´un méchant tacle de Mendy, cède prématurément sa place à Chamakh qui, en dix minutes, va devenir l´homme du match. Rapidement averti pour un tacle par-derrière sur Armand, l´attaquant marocain profite des largesses ( le mot est faible) de la défense parisienne pour ouvrir le score de la tête ( 42 e ) .
Tout à sa joie, il file vers ses supporters et enlève son maillot, ce qui est interdit. L´arbitre applique le règlement et lui attribue un deuxième carton jaune, synonyme d´expulsion. Pour les Girondins, l´infériorité numérique va vite devenir très difficile à gérer face à des Parisiens revanchards et qui se décident enfin à prendre leur destin en main. Leader de la révolte, Pauleta pousse ses partenaires à intensifier leur pression sur le but de Ramé. L´international portugais, toujours très motivé face à son ancien club, adresse un centre tendu vers Semak, seul au deuxième poteau, qui rate le cadre. Avec Moscou, en Ligue des champions, le Russe avait inscrit trois buts beaucoup plus compliqués. A croire que le maillot du PSG rend mauvais. Fournier prend sa première grande décision en le sortant dans la foulée pour faire entrer Benachour, banni sous l´ère Halilhodzic. L´influence du petit meneur de jeu tunisien va se révéler déterminante. Paris domine, Pauleta se crée trois grosses occasions. Bordeaux souffre mais ne cède pas. A cinq minutes de la fin, alors que les Parisiens semblent baisser les bras, Yepes, bien lancé en profondeur par Benachour, égalise d´une frappe rageuse du gauche. Le Parc explose de joie et pousse ensuite un soupir de désolation quand Reinaldo rate le ballon du 2-1 à l´ultime seconde. Il faut donc jouer la prolongation. Au bout de cinq minutes, Pauleta inscrit de près le but de la victoire, sur un centre de Reinaldo. Le miracle a eu lieu. Paris revit.