MARSEILLE / Habib BAMOGO : « C´est dur de jouer dans de telles conditions »
dim 22 mai, 17h40
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Battu par Lyon samedi soir sur la pelouse du stade Vélodrome, l´Olympique de Marseille n´a désormais plus les cartes en mains pour accrocher une place en Coupe de l´UEFA. Une grosse déception pour Habib Bamogo, qui se tourne déjà vers la saison prochaine tout en regrettant le contexte délicat dans lequel l´OM a évolué.
Habib Bamogo, l´Olympique de Marseille n´a plus son destin entre les mains après la défaite face à Lyon…
Oui, cela va être difficile. A l´image de cette saison qui l´a été tant sur le terrain qu´en dehors. Surtout en dehors car beaucoup de joueurs n´étaient pas très bien dans leur tête. Maintenant, il reste un dernier match. Nous allons tout faire pour le gagner et essayer d´accrocher une place en UEFA. Sur le papier, il y avait de quoi faire nettement mieux mais ce n´est plus le papier qui parle. Il y a aussi l´entente des joueurs. Or chez nous, l´équipe a pratiquement été remodelée à cent pour cent.
On a tendance à dire que les joueurs savent faire abstraction des différentes affaires extra-sportives. Est-ce le cas à Marseille ?
Nous n´allons pas tout mettre sur ces affaires car cela serait trop facile. Mais c´est vrai que cela perturbe beaucoup. Nous avons nous aussi notre part de responsabilité mais c´est difficile malgré tout. Nous sommes là et nous jouons mais derrière, rien n´est clair. Beaucoup de joueurs se posent des questions sur leur avenir et c´est dur de jouer dans de telles conditions.
Ces dernières semaines, on a entendu beaucoup de joueurs critiquer leurs propres coéquipiers…
C´est l´ambiance générale du club. Intérieurement, ce n´est pas malsain mais collectivement, nous aurions pu mieux faire. Sur le terrain, cela se ressent. Samedi, nous avons joué contre Lyon. On sent tout de suite qu´il y a chez eux une grosse entente. Tout le monde soutient tout le monde et on voit le résultat.
« Je suis en train de manger mon pain noir »
C´est à cette ambiance que vous aspiriez en quittant Montpellier pour un grand club français ?
De toute façon, à Marseille, vous apprenez énormément de choses. Après, vous pouvez aller n´importe où. C´est déjà une bonne chose. Personnellement, j´ai passé une saison difficile. Il y a eu six bons mois mais ensuite, pas grand-chose. Quand vous n´êtes pas bien dans votre tête, que vous vous blessez, cela devient difficile de jouer. Cette année, je me suis vraiment rendu compte que la qualité d´un joueur est d´abord le mental. Sans cela, quelles que soient vos qualités, vous n´êtes rien.
Auriez-vous pu péter les plombs ?
Après l´arrivée de Troussier, c´est vrai que je n´ai connu que des galères et je n´ai pas beaucoup joué. Cela a été difficile. Vous venez dans un groupe pour avancer mais vous n´avancez pas trop. D´un autre côté, je me dis que je suis en train de manger mon pain noir. Cela aurait été trop beau que j´arrive de Montpellier avec seize buts et que j´en mette vingt à l´OM.
En contrepartie, cet échec vous a-t-il permis de franchir un pallier mentalement ?
Oui, j´ai appris énormément de choses. J´ai gagné en maturité et je sais que cela va me servir pour la suite. Il faut toujours positiver. J´ai connu une saison difficile mais je sais ce que j´ai dans la tête. Je vais surtout penser à bien me reposer, repartir de zéro et faire mal la saison prochaine.
« Seul le terrain parle »
Vos progrès au niveau du mental constituent-ils la seule chose positive de cette première saison à Marseille ?
Attention, je ne regrette absolument pas d´avoir signé ici. Je ne le regretterai jamais. En plus, cela n´a pas été une saison chaotique puisque j´ai été l´une des recrues qui s´est la mieux adaptée. Si je n´avais pas connu tous ces problèmes physiques, j´aurais pu espérer encore mieux. Maintenant que j´ai beaucoup gagné en maturité et dans la tête, à moi de parler sur le terrain.
On ne vous sent pas quitter Marseille sans avoir vraiment montré ce que vous valez sur toute une saison ?
C´est clair. En plus, vu que je connais l´environnement, cela sera plus simple. Quand vous ne jouez pas, vous avez le temps de bien réfléchir, d´analyser les choses et de voir comment cela se passe. C´est ce que j´ai fait. Je me suis montré discret au niveau de la presse, même quand cela allait bien. Cela n´est pas plus mal car il n´y a que le terrain qui parle.
A l´OM, vous êtes l´un des seuls à ne pas vous être vraiment épanché médiatiquement cette saison ?
Oui mais moi, je ne suis pas comme cela. Je pars du principe que nous sommes tous des grands garçons et que nous savons ce que nous avons à faire. Après, s´il y a quelque chose à dire, j´estime qu´il vaut mieux le faire en interne que dans la presse.
Pensez-vous toujours aux Bleus ?
Non, je n´y pense pas. Je pense d´abord à me donner à fond, à bien me reposer pendant les vacances et à oublier tout cela. Je me dis : « Libères-toi, oublies tout cela. Il y a des choses, des erreurs que tu as faites et que tu ne referas plus l´année prochaine. Et cela sera bénéfique pour toi. » Il faut d´abord être à cent pour cent dans son club et les choses viennent naturellement.
Aurélien CANOT